Articles taggés avec: Alain Jugnon

Homorectus catholicus contre Muray

Ecrit par Alain Jugnon le 18 novembre 2011. dans Philosophie, La une, Religions

Homorectus catholicus contre Muray


Dans Les enfants humiliés, son journal des années de guerre, Georges Bernanos, l’écrivain catholique, veut en finir avec l’humanisme des imbéciles, les mauvais soldats et les vrais pharisiens ; il préfère l’enfant humilié au monstre conscient et post-humain : « Bref, c’est par les saints et les héros que je suis, les saints et les héros m’ont jadis rassasié de rêves et préservé des illusions. Je n’ai jamais pris, par exemple, les bigots pour des chrétiens, les militaires pour des soldats, les grandes personnes pour autre chose que des enfants monstrueux, couverts de poil. A qui servent-ils ? me demandai-je. Au fond je me le demande encore. Le fait est qu’ils ne m’ont servi à rien » (1).

On rêvera, dans les années soixante-dix, une fin de l’homme avec beaucoup moins de nerfs, de sang dans les yeux et de grandeur dans la foi. Pour la modernité, Bernanos apparaît un peu comme notre Père humiliant, un peu comme un autre Claudel revenu des enfers et mitraillant les âmes, fuyant tout mais armé évangéliquement.

Maxence Caron, dans un livre qui vient de paraître, jouit de cette humiliation là et en profite pour descendre un ami.

Le Christ en personne est un idiot

Ecrit par Alain Jugnon le 23 septembre 2011. dans Philosophie, La une, Religions

Le Christ en personne est un idiot

« Les ravissements que Nietzsche a décrits, l’allégement riant, les moments de liberté folle, ces humeurs de guignol inhérentes aux “états les plus élevés”… : cette immanence impie serait-elle un présent de la souffrance ? Combien, par sa légèreté, ce déni de la transcendance, de ses commandements redoutable, est beau » (1). Georges Bataille.


L’église, toujours, jouit des formes qu’elle donne au rien. L’église fait nécessairement face à l’idiotie de son objet, ce qui a eu lieu, ce qui s’est manifesté, ce qui est advenu sont, en tout et pour tout, ce rien qu’il s’agit de faire mousser, de monter comme une sauce sacerdotale et religieuse.

On trouve ici la définition vraie du religieux : faire tenir ce qui se défait sans cela. La religion est toute dans cette émulsion. La religion, soyons radical, est l’émulsion d’un vide. Il est vrai : l’important réside dans le choix et la détermination du vide qui, faisant défaut, fera ce qu’il faut, c’est-à-dire, cette chose qui prend, une émulsion stabilisée comme émulsion. Le christ est pour le christianisme (comme sauce), cette chose qui a pris.

L'école contre la "civilisation"

Ecrit par Alain Jugnon le 02 septembre 2011. dans La une, Education, Société

L'école contre la

Nous vivons en ce moment-même une catastrophe sociale et politique dans le monde de l’éducation dite nationale : nous assistons de fait à la destruction de l’école. L’école est au sens propre le loisir consacré à l’étude, le mot vient du latin schola qui signifie la corporation ou la compagnie en tant que lieu de l’étude, schola qui vient lui-même du grec skholé qui signifie le loisir, ou encore le libre jeu des facultés humaines, spirituelles et naturelles, comme le dira Marx dans Le Capital.

Or l’Etat français aujourd’hui détruit peu à peu les conditions de possibilité de l’école, et ce au nom d’une conception privée et privative de l’éducation en général : il ne s’agit plus pour l’Etat de rendre possible une école publique mais bien de diriger des ressources humaines comme on gère un stock de marchandises.

Pourtant la seule identité qui vaille humainement pour un citoyen français est d’avoir été éduqué par la nation, c’est-à-dire mis à l’école de la nation, c’est-à-dire de la société civile des fonctionnaires organisés en service public d’enseignement et d’éducation : il y a donc aujourd’hui au pouvoir un Etat qui n’éduque plus sa jeunesse, un Etat qui détruit la nation elle-même en ne donnant plus les moyens techniques et donc politiques d’une bonne gouvernance de l’éducation de la jeunesse.

Plus chrétien, homme

Ecrit par Alain Jugnon le 19 août 2011. dans La une, Religions, Société

Plus chrétien, homme

Le christianisme ne prêche que servitude et dépendance. Son esprit est trop favorable à la tyrannie pour qu'elle n'en profite pas toujours. Les vrais chrétiens sont faits pour être esclaves, ils le savent et s'en émeuvent guère; cette courte vie a trop peu de prix à leurs yeux.

Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social


Tout le monde aujourd'hui est gentiment chrétien. Tout le monde aime les JMJ, la jeunesse de centre ville et les chants avec guitare.

Tout le monde trouve que le christianisme est une belle et bonne chose, comme une évidence, au grand jamais une question. Certains, un peu scouts, se souviennent que les adultes dans le passé parlaient du scandale de Jésus, etc.

Quelle horreur, mettre en cause la chrétienté du christianisme, du christ et de ses enfants ! Autant dire : scier la branche sur laquelle on est bien calmement assis, bien joliment perché, bien planté là, fruits ou légumes, on a le choix, mais végétant de toute façon.

Dieu degré zéro

Ecrit par Alain Jugnon le 08 août 2011. dans Philosophie, La une, Société

Dieu degré zéro

Il faut, pour commencer à penser, le savoir : chez les hommes, on ne touche pas au corps, on ne joue pas avec la chose, on ne moque pas l’être là où il est. Car ce qui est là, ce qui vit et ce qui gît, c’est le même, c’est la personne humaine, celle qui ne demande rien à personne, ne demande rien à un dieu, ne veut rien avoir à faire avec un dieu. Sachant qu’il n’est pas d’autre monde ni d’outre monde que ce monde, il n’est qu’un ici et un maintenant pour être, pour y être. C’est beaucoup, c’est suffisant et nécessaire pour un homme. On aura, alors, beau dire, beau faire, baver et hurler, faire l’ange et faire le loup, on n’aura pas l’air malin, on cherchera entre ses propres jambes à cacher la petite chose, petite mort, que l’on prend pour une épée, un sabre même, ou pire une croix. Ou un mort, un jésus, un crucifié. Depuis deux mille ans au moins, les hommes se trompent de jésus : le vrai crucifié, mis au clou, c’est Artaud, sain Arto, pas un autre.

Le philosophe en tant que poète n’a pas mieux à dire et à faire, il doit ridiculiser le théologien en évoquant et glorifiant le corps du pesteux, le corps du poète Arto. Le théologien et son christ sonnent creux depuis l’heure même où au cours de leur nuit noire, ils ont cru se rencontrer comme des hommes alors qu’ils jouaient encore au papa, à la maman et à la poupée.

Con (élection, piège à)

Ecrit par Alain Jugnon le 04 août 2011. dans France, La une, Politique, Société

Con (élection, piège à)

 

"Casse-toi, pauvre con !"

Nicolas Sarkozy


"La matière peut démentir les prévisions et ruiner les efforts, elle n'en demeure pas moins inerte, faite pour être conçue et maniée du dehors; mais on ne peut jamais ni la pénétrer ni manier du dehors la pensée humaine. Dans la mesure où le sort d'un homme dépend d'autres hommes, sa propre vie échappe non seulement à ses mains, mais aussi à son intelligence; le jugement et la résolution n'ont plus rien à quoi s'appliquer; au lieu de combiner et d'agir, il faut s'abaisser à supplier ou à menacer; et l'âme tombe dans des gouffres sans fond de désir et de crainte, car il n'y a pas de limites aux satisfactions et aux souffrances qu'un homme peut recevoir des autres hommes."

Simone Weil

Le christianisme est une idée de droite

Ecrit par Alain Jugnon le 15 juillet 2011. dans Economie, Philosophie, La une, Religions

Le christianisme est une idée de droite

 

Chers amis, la vie n’est pas réglée par le hasard, elle n’est pas accidentelle. Votre existence personnelle a été voulue par Dieu, bénie par Lui et il lui a été donné un but ! La vie n’est pas une simple succession de faits et d’expériences, même si de tels événements peuvent être utiles. Elle est une recherche de ce qui est vrai, bien et beau. C’est précisément en vue de tels objectifs que nous accomplissons nos choix, que nous exerçons notre liberté et en cela, c’est-à-dire en ce qui est vrai, bien et beau, nous trouvons le bonheur et la joie. Ne vous laissez pas tromper par ceux qui voient en vous de simples consommateurs sur un marché offrant de multiples possibilités, où le choix en lui-même devient le bien, la nouveauté se fait passer pour beauté, l’expérience subjective remplace la vérité.

Beaucoup prétendent aujourd’hui que Dieu doit être laissé de côté et que la religion et la foi, acceptables sur le plan individuel, doivent être, ou exclues de la vie publique, ou utilisées uniquement pour poursuivre des objectifs pragmatiques limités. Cette vision sécularisée tente d’expliquer la vie humaine et de modeler la société en se référant peu ou sans se référer du tout au Créateur.

Alain Finkielkraut contre la philosophie

Ecrit par Alain Jugnon le 04 avril 2011. dans Philosophie, La une, Média/Web

Alain Finkielkraut contre la philosophie

... Ou la destruction française de la philosophie européenne


Il est une catastrophe actuelle, non-naturelle et rendue visible dans la philosophie : Alain Finkielkraut, le philosophe français, a enfin réussi à dire, médiatiquement et publiquement, ce que c’est que le concept qu’il fabrique depuis quelques années et qu’il nomme l’anti-antiracisme. L’anti-antiracisme est le contraire de la philosophie. L’anti-antiracisme est contre la philosophie européenne, celle de Husserl, Sartre, Derrida, Deleuze, Foucault et Alain Badiou. Alain Finkielkraut a maintenant fait ce qu’il faut, il a tué le philosophe en lui.
Puisque, selon l’ex-philosophe et nouveau clerc, les joueurs noirs d’une « équipe de France » (appellation de droite pour « La France ») lui font ressentir une présence anti-française comparable à celle qui sévit parmi les jeunes immigrés des banlieues insurrectionnelles, ils ne sont pas représentatifs de la « civilisation française ». Aussi, pour Finkielkraut, y a-t-il partout des antiracistes qui vont en profiter pour défendre le droit des joueurs et des jeunes en général à être respectés comme prolétaires, comme exploités et comme travailleurs.