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SOCIAL - Comment croire encore au Père Noël ?

Ecrit par Christelle Angano le 17 décembre 2016. dans La une, Société

SOCIAL - Comment croire encore au Père Noël ?

Croire encore au Père Noël dans un monde, qui, hélas,

Ne fait plus de cadeau ?

Le froid revient, blanc et menaçant…

Couleur de fête et de Noces,

Couleur de deuil, Paradis blanc.

Un clown meurt à Alep, ami des enfants blessés,

Orphelins,

Apeurés.

Nos arbres de Noël se couvrent d’écharpes

Offertes aux plus démunis.

Une petite fille aux allumettes quelque part dans le monde se réchauffe les doigts.

La coccinelle

Pleure son Marcel.

Quelque part en Bretagne, entre Fougères et Rennes, une famille tremble d’être expulsée.

Retour en Albanie.

Balade au fil de l'eau

Ecrit par Christelle Angano le 16 juillet 2016. dans La une, Ecrits

Balade au fil de l'eau

Mais qui sont tous ces gens qui marchent dans l’eau

Visages rayonnants, éprouvant la nature,

Se laissant envelopper par ses vagues caressantes

Se laissant caresser par une onde enveloppante

Grandeur des paysages, mousse de l’écume

Le sel sur leur peau, ils désertent le bitume

Embrasser l’infini  fait de gris azuré

Regarder, avancer, s’éblouir, respirer.

Retrouver dans la mer qui l’on était, enfant

Jouer dans l’azur, plonger, s’étourdir

Sauter, s’ébrouer, retrouver ce sourire

Qui réside en chacun, petit Peter Pan.

Amoureux des embruns, d’une étoile et du vent

L’appel de l’océan et l’âme de fond

Ils sont la nature

En pleine communion

Caresse d’arc en ciel,

S’il te plaît Catherine, raconte-nous l’Histoire…

Ecrit par Christelle Angano le 14 mai 2016. dans La une, Littérature

S’il te plaît Catherine, raconte-nous l’Histoire…

Ce que j’ai aimé à la lecture de l’ouvrage de Catherine Laboubée, Le Prisonnier de la tour, c’est cette sensation diffuse que l’auteure était là, pas très loin, et qu’elle me racontait, non pas une histoire, mais l’Histoire ; celle d’une famille qui ne peut que me toucher, moi, la Normande, à savoir la famille de Guillaume Le Conquérant. Alors oui, quelle bonne idée que la parution de cette biographie écrite comme un roman, alors que nous célébrons cette année les 950 ans de la bataille d’Hastings.

Le prisonnier de la tour, c’est Robert Courte Heuse, le fils aîné de Guillaume et Mathilde. Pas simple d’être fils de Guillaume ; en effet ce dernier n’aimait pas déléguer. Ne pas perdre le contrôle, et encore moins le pouvoir semblait être l’idée fixe du Conquérant. Et pourtant… Ce n’est pas Guillaume qui fera emprisonner son fils mais un de ses frères, Henri Ier, Roi d’Angleterre, et ce, trente années durant. Politique et vie de famille ne font décidément pas bon ménage !

Ce que j’aime donc dans cet ouvrage, c’est qu’il se lit comme un roman. Point besoin d’être une historienne avertie pour s’emparer de ce texte. Non, bien au contraire. Et j’ai aimé cela. D’autant plus que Catherine Laboubée, l’historienne médiéviste, n’est jamais très loin et elle distille çà et là des informations, des commentaires qui éclairent son texte. Elle sait donner vie à ces personnages hauts en couleurs, et pour notre bonheur, mêle savamment ouvrage romanesque et Histoire.

Enfin, j’ai aimé la place laissée à la Reine Mathilde, à laquelle l’auteure donne une vraie dimension, de femme, de reine, de mère aussi.

Enfin, en tant que Douvraise, je suis heureuse de vous annoncer la venue de Catherine Laboubée à Douvres-la-Délivrande pour présenter ses ouvrages et ce, à La Baronnie (cela n’est pas anodin) le samedi 17 septembre 2016.

Auteure-éditrice, Catherine Laboubée publie aux Éditions de La Belle Saison.

Les enfants Dépakine

Ecrit par Christelle Angano le 12 mars 2016. dans La une, Santé, Société

Les enfants Dépakine

Ils s’appellent Mélina, Juluan, Tony, Lisa, Clara…

Ils ne se connaissent pas, n’ont pas le même âge, et pourtant…

Mélina, Juluan, Tony, Lisa et Clara ont un point commun : ce sont des « enfants-dépakine ». D’ailleurs, ils se ressemblent un peu. Nez un peu large, lèvres fines, yeux un peu écartés. Certains souffrent de malformations cardiaques, de spinabifida, de retard intellectuel, psychomoteur, d’autisme…

Parfois, certains meurent.

Les enfants-dépakine… Mais qu’est-ce donc ?

Il y a fort à parier que vous en entendiez parler de plus en plus.

La dépakine (comme tous les traitements à base de valproate de sodium, le principe actif) est un anti-épileptique. On le prescrit également aux personnes atteintes de troubles bipolaires. La dépakine… Très efficace. Peut-être un des traitements les plus efficaces. Sur « le marché » depuis la fin des années 60, il a la faveur des neurologues. Une victoire, se félicite t-on.

Et alors, me direz-vous ?

Ils s’appellent Mélina, Juluan, Tony, Lisa, Clara…

Leurs mamans sont épileptiques. Et au début de leurs grossesses, on ne leur a pas dit…

On leur a peut-être vaguement parlé d’un risque éventuel mais tellement minime de malformation, fente palatale, ou très rarement, malformation cardiaque. Mais on les a rassurées : grâce à un apport en acide folique, le risque est quasi inexistant. Ou en tout cas minime par rapport au risque de faire une crise d’épilepsie qui mettrait leur bébé en danger… Et puis, les médecins savent et s’il y avait un risque avéré, vous vous doutez bien que…

Quelques années plus tard…

2016

Mélina a 20 ans. Scolarisée en IME (Institut médico-éducatif, pour les non initiés), elle se destine au métier de cuisinière. Opérée plusieurs fois du cœur, son enfance a été compliquée. Aujourd’hui, elle va bien, malgré quelques troubles du comportement. Les médecins ont décidé de lui prescrire… de la dépakine ! (cela ne s’invente pas !). Elle essaie d’apprendre à lire et à écrire. Il va bien falloir qu’elle réussisse si elle veut apprendre à prendre le bus toute seule pour pouvoir faire ses stages et accéder à l’autonomie. La MDPH lui a attribué un généreux 80% de handicap.

Vous ne savez pas quoi lire ? Quoi offrir ?

Ecrit par Christelle Angano le 09 janvier 2016. dans La une, Littérature

Vous ne savez pas quoi lire ? Quoi offrir ?

Je connaissais les chansons de Pierre Tisserand (je vous conseille d’ailleurs de découvrir, entre autre, son album Les Mammifères…) et particulièrement L’Homme fossile, reprise par Serge Reggiani.

Puis, forcément, je me suis penchée sur ses romans. D’abord La Péniche à cinq pattes, puis l’Arbre au pendu et enfin La vierge et l’ivrogne.

Je n’essaierai même pas de vous faire un petit résumé de ce roman, ni quoi que ce soit du genre. J’ai essayé et j’avoue, j’en suis incapable. Totalement ! Et c’est ça qui est bien.

Ce dont je peux vous parler, c’est de la plume de Pierre (enfin si je puis dire). Riche, parfois gouleyante, d’autres fois plus âpre. Pierre joue avec les mots pour notre plus grand bonheur. Drôle, juste ce qu’il faut d’irrévérence, hilarant mais pas seulement, ce texte est également plein de poésie. Humour tendre et grinçant à la fois. Les néologismes nous percutent pour notre plus grand bonheur, jeux de mots à la pointe (comme les aimait tant Boby) de la plume.

Bref, du grand bonheur ! Il faut plonger, corps et âme et ne pas avoir peur d’être un peu déboussolé.

N’hésitez pas à être curieux et à aller visiter le site de l’auteur :

www.pierretisserand.com.

Et bien sûr, bonne année à vous tous !

L’Oiseau-Lire

Ecrit par Christelle Angano le 04 janvier 2016. dans La une, Ecrits

L’Oiseau-Lire

Je Le reconnus.

L’Oiseau-Lire hantait déjà mes rêves d’enfant. Je lui offris un sourire timide, il me tendit un livre. Merveilleux.

Je m’en emparai, frissonnante de bonheur. Son cuir rouge sombre embrasa mon âme. Lui, fit le dos rond. Doucement, au fil de ses pages, l’effeuillage put commencer, subtil et sensuel. Face à Lui, je me dénudai. Il m’envoûtait, je me donnai. Une main se tendit vers moi, s’empara de la mienne.

Je suis Peter Pan et je m’envole. Ils sont tous là. Le Petit Prince et sa rose, le renard apprivoisé ; Madame Bovary, Colin et Cloé. Cyrano dans les étoiles, Roxane endeuillée. Les lignes s’offrent à moi, comme autant de lignes d’horizon, s’entrelaçant, lignes de vie tant de fois lues et déchiffrées.

Mais soudain, l’ouvrage se referma, emportant avec lui mes amis de papier. L’Oiseau-Lire me regarda tendrement.

Une plume de lumière vint alors se poser sur ma main.

Et je compris.

Ce livre à la couverture rouge sombre, c’était celui qu’un jour j’écrirais.

Sonnet pour celle qui ne voulait pas vieillir…

Ecrit par Christelle Angano le 19 décembre 2015. dans La une, Ecrits

Sonnet pour celle qui ne voulait pas vieillir…

N’aie pas peur mon amie de l’Automne qui vient.

Laisse le vent t’enlever dans sa course folle,

La forêt t’habiller du parfum des girolles,

L’automne est toujours un Printemps qui se souvient.

 

Ne crains pas les rides creusant ton cher visage

Cette course du temps ne peut pas être vaine.

Elle offre à ton âme la sagesse du chêne

L’automne t’embellit et n’est pas un naufrage.

 

Les feuilles s’impatientent, et prennent leur envol.

En amie la forêt cueille leur farandole.

Ne pleure pas l’Eté si facile à aimer,

 

Et surtout mon amie n’aie pas peur de l’Hiver

L’arbre n’est jamais seul au cœur de la forêt

Quand les feuilles reposent sur leur tapis de terre.

Je me suis donc retrouvée ce matin face à mes collégiens

Ecrit par Christelle Mafille, Christelle Angano le 21 novembre 2015. dans La une, Education, Actualité

Je me suis donc retrouvée ce matin face à mes collégiens

Que dire et comment le dire, aussi ? Comment leur dire qu’il ne faut pas avoir peur, alors que moi… j’ai peur ?

D’ailleurs, pourquoi n’aurions-nous pas le droit d’avoir peur ? Du moment que nous ne devenons pas « frileux ».

Alors oui, j’ai fait de mon mieux.

Consciente de la gravité du moment et émue face aux visages graves de nos enfants.

Peur… peur aussi de ne pas être à la hauteur, de répondre de travers. Et le poids de l’attente des parents. Oui, on comptait sur nous pour dire l’indicible.

– On est en guerre madame ?

– On va mourir ?

– Mon père et mon frère vont partir se battre

– Hein que ce ne sont pas des musulmans comme moi ?

Tant de questions, tant d’inquiétude, tant de sagesse aussi auxquelles j’ai essayé, je dis bien, essayé de répondre.

Alors nous avons décidé d’un commun accord que notre façon de résister serait de nous tourner vers des esprits lumineux, cette lumière qu’ils détestent tant. Nous avons fait appel à Molière, avons joué des extraits du Malade imaginaire.

Le théâtre, comme un symbole de la Liberté ; Molière, fleuron de notre impertinence. Un caricaturiste en sorte…

Je pense que mes élèves alors ont compris un des enjeux de la littérature, et de l’art en général. Écrire, jouer, rire pour vivre, pour exister, pour résister aussi. Jouer, lire, pour dire non ; envers et contre tout, et contre tous, aussi.

L’esprit de Molière était parmi nous, j’en suis convaincue et je dois dire que je me suis sentie à ma place, entourée de ces ados qui n’ont qu’une envie : croire et espérer et aussi, être rassurés, enfin.

Enfin, ne pas oublier que comme l’écrivait Pablo Neruda :

« Ils pourront couper toutes les fleurs,

Ils n’empêcheront pas la venue du printemps ».

Difret

Ecrit par Christelle Angano le 26 septembre 2015. dans La une, Cinéma

: En Ethiopie, le combat d’une femme contre les traditions, réalisateur Zeresenay Berhane Mehari, film sorti le 8 juillet 2015, durée 1h39min

Difret

Difret se déroule en plein cœur d’un village éthiopien, assez loin de la capitale. Nous sommes en 1996. Après quarante ans de règne du Négus Hailé Sélassié et seize ans d’une dictature militaire sans pitié, le pays se reconstruit économiquement. Il tente également, petit à petit, d’accéder à la démocratie. Ainsi, cette société patriarcale va voir naître des associations féministes bien décidées à défendre les droits des femmes et des filles, en leur donnant, en tentant de leur donner une place plus importante dans la société.

Le film Difret met en scène un événement extraordinaire qui a secoué la société éthiopienne.

Avant tout, vous dire que « difret » est polysémique. Ce terme signifie « le viol », mais aussi « le courage ». Aucun autre titre n’aurait pu mieux convenir à ce film.

On découvre Hirut, une jeune adolescente de 14 ans, fille de fermiers. Sa famille vit dans un village éloigné de la capitale, Addis-Abeba. Alors qu’elle rentre de l’école, Hirut est kidnappée par un groupe de jeunes hommes à cheval. L’un d’entre eux l’a choisie comme future épouse, et comme la tradition le veut ou en tout cas l’autorise, il choisit de l’enlever, de la séquestrer et de la violer. Mais Hirut refuse ce qui semble inévitable. Le lendemain, alors qu’elle a été battue et violée, elle réussit à s’échapper en volant l’arme de son agresseur. Poursuivie, la petite fille va se servir de l’arme et tuer son violeur.

Pour la justice locale, il n’y a pas l’ombre d’un doute, Hirut est coupable. Il y a mort d’homme (et l’expression prend ici tout son sens : c’est un homme qui meurt, pas une femme). Hirut mérite la mort. Le sang pour le sang.

Heureusement pour la petite fille, Maez Ashenafi, une avocate spécialisée en droit des femmes, à l’origine d’une de ces associations mentionnées plus haut, va la prendre sous sa protection et va mener une vraie bataille pour lui éviter la peine capitale.

Alors oui, le film se finit bien : Hirut a la vie sauve. Et puis aussi, depuis l’histoire de Hirut, les enlèvements sont interdits par la loi et passibles d’emprisonnement. Enfin, avec Hirut, la justice éthiopienne accepte la notion de légitime défense, une belle avancée. Cependant, il est évident que si Hirut a la vie sauve, cela ne l’empêche pas d’être très inquiète pour sa petite sœur de douze ans, elle aussi en danger. D’ailleurs, au moment du procès, les parents de Hirut on décidé de ne plus scolariser sa petite sœur, de peur qu’elle aussi se fasse enlever. Il faut du temps pour que les traditions, ancestrales, ne s’effacent.

Ce qui est intéressant à noter, c’est que Difret est un film 100% éthiopien. Tourné en Éthiopie, avec des acteurs éthiopiens. Les dialogues sont en amharique. Et le fait qu’un pays laisse un tel film se tourner chez lui est déjà une formidable preuve que quelque chose est bien en train de se produire (par exemple, le tournage du film Timbuktu a dû être déplacé. C’était trop dangereux. Au lieu d’être tourné à Tombouctou, a été en fait tourné à la frontière malienne, à l’extrême-Est de la Mauritanie).

Je connais l’Ethiopie, et je l’ai reconnue. Ce film est « authentique ». C’est d’ailleurs la remarque que m’a faite l’amie éthiopienne qui m’accompagnait. Un film plus proche du documentaire que du mélodrame. C’est, à mon avis, ce qui fait sa force.

Naufrage

Ecrit par Christelle Angano le 25 avril 2015. dans Ecrits, La une, Actualité

Naufrage

La mer

Je sombre

L’amer

J’étouffe

Ta main

Et La Mort

Mes larmes

Un cri

Le sel

Me brûle

J’étouffe

Tu coules

Nos corps

Dérivent

Une côte

Des rives

Je meurs

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