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A TOI Enfances

Ecrit par Christelle Angano le 06 juillet 2013. dans La une, Ecrits

A TOI Enfances

à ton regard profond qui cherche mon regard,

à tes doigts si parfaits qui enserrent ma main,

à ta bouche goulue qui dévore mon sein.

À toi

 

à ton rire joyeux, carillon dans mon cœur,

à tes pleurs quelquefois quand je ne suis pas là,

à mes larmes aujourd’hui, perdue dans notre nuit.

À toi

 

Aux châteaux de sable que nous ne ferons pas,

Aux plongeons dans la mer, à la vague à l’écume,

à la glace à la fraise et aux barbapapas.

À toi

Nuit éthiopienne

Ecrit par Christelle Angano le 29 juin 2013. dans Ecrits, La une, Voyages

Nuit éthiopienne

La journée avait été longue au cœur de la brousse éthiopienne.

Les enfants s’étaient émerveillés devant les zèbres, avaient ri des grimaces des babouins.

A moitié rassurés, ivres de bonheur et de liberté, ils avaient guetté le lion, tremblé devant les crocodiles nonchalants au bord de la rivière Awash.

Le plus jeune avait pleuré de fatigue, incommodé par les mouches, les odeurs, choqué par la violence de la brousse. Les restes d’un impala…

Au matin, la lionne avait frappé.

Enfin, il avait fallu rentrer au camp.

Bientôt, la nuit serait tombée.

Pendant que les parents avaient pris leur douche, la petite fille était partie jouer avec Shoayé, son amie de la brousse.

Elles avaient échangé quelques mots dans cette langue universelle qu’est celle des enfants et de l’amitié et s’étaient fait le serment de ne jamais s’oublier.

Amies au-delà des frontières, pour l’éternité.

Enfin, dans la caravane, les enfants s’étaient endormis, harassés de fatigue.

Ils souriaient dans leur sommeil. Leur peau était brunie par le soleil, leurs cheveux avaient l’odeur de l’herbe sèche.

Certainement étaient-ils en train de courir la savane, de courser les gazelles.

L’homme de Marmara, Olivier Bass

Ecrit par Christelle Angano le 14 juin 2013. dans La une, Littérature

éditions La Découvrance, septembre 2012

L’homme de Marmara, Olivier Bass

Je voudrais aujourd’hui vous parler d’un roman et de son auteur.

J’ai rencontré Olivier Bass au Salon du Livre d’Alençon. Nous étions l’un et l’autre conviés pour présenter nos romans (c’est lui qui a gagné !).

Outre le fait qu’Olivier est un auteur comme je les aime, à savoir humble et passionné, son roman est un vrai bijou.

Une histoire de bateaux, normal me direz-vous, Olivier est marin. Une intrigue vraiment bien menée, un mystère comme je les aime. Qui est cet homme, rescapé, repêché devrais-je dire ?

Et le dépaysement, toujours.

Enfin, l’univers des bateaux qui m’appelle depuis toujours. On entend les machines, les bruits des pas sur le pont, les rires des marins, leurs gueulantes aussi.

Des marins loin des leurs. Loin de leur terre, loin de leur mère.

Merci Olivier pour ce voyage.

Je vous livre la quatrième de couverture :

18 ans, suite…

Ecrit par Christelle Angano le 18 mai 2013. dans Ecrits, La une, Société

18 ans, suite…

Vous avez été nombreux à m’envoyer des messages suite à mon article. Des messages pleins de gentillesse et aussi de compassion. Je vous en remercie, ils m’ont touchée.

Certains aussi ont été mal à l’aise.

Pourquoi nous faire lire une lettre écrite pour sa fille ? C’est intime, tellement intime…

J’ai donc décidé de revenir sur certains points ; le premier étant que cette lettre n’était évidemment pas destinée à ma fille mais bel et bien à vous, lecteurs de Reflets du Temps.

Alors pourquoi, me direz-vous ?

Une lectrice me demande si mon objectif est de me « plaindre » ; certes non. Ce n’est pas dans mes habitudes. De culpabiliser les parents d’enfants « normaux » ? bien sûr que non.

On me demande également si je cherche à susciter votre admiration : pour quoi faire ?

Non, non, non, ni admiration, ni pitié, ni même de la compassion. D’ailleurs, je ne suis pas à plaindre. Ce que je veux, c’est vous faire découvrir un monde, que vous ne connaissez pas. Pourquoi, me direz-vous ? Mais parce que nous sommes tous concernés. Et que même si c’est certainement pire ailleurs, cela peut encore s’améliorer ici.

Avant donc de vous quitter, je me permets de vous « offrir » ces quelques extraits du très beau livre Où on va, Papa, de Jean-Louis Fournier (éditions Stock).

Ma Chérie.

Ecrit par Christelle Angano le 11 mai 2013. dans Ecrits, La une, Société

Ma Chérie.

Aujourd’hui, tu as 18 ans. Je me retrouve plongée dans un abîme d’incertitude.

18 ans… l’âge des premières vacances entre potes, du BAC pour certains, du permis de conduire, pour d’autres… Boîte de nuit ? Droit de vote ?

Oui, mais pas toi.

J’écoute d’une oreille distraite les parents autour de moi, leurs envies, leurs craintes, leurs ambitions pour leur chère progéniture. Certains se plaignent, « il a encore raté son bac », « il a rayé ma voiture en rentrant de boîte de nuit », « elle ne m’a pas écrit alors qu’elle est partie depuis deux mois »… Et je reste là, et je voudrais leur dire…

Et toi ?

Que te dire, ma chérie, sans trop te blesser ? Comment t’expliquer que, même si un jour tu réussis à lire suffisamment bien, tu n’auras pas le droit de conduire ? Que je ne peux pas te laisser sortir seule avec ton copain Arnaud ou ton amie Lou ? Et que cela n’a rien à voir avec la confiance, ou l’absence de confiance que j’ai en toi.

Qu’a priori, l’on ne passe pas de l’IME à la FAC ?

Toi qui veux voter, comment t’accompagner dans cette démarche ô combien citoyenne, puisque je ne pourrai pas t’accompagner dans l’isoloir ?

À 18 ans, tu resteras encore une petite fille, MA petite fille… Ma petite GRANDE fille, mon bébé.

Jeune femme, la vie va te saisir, t’emporter. Je voudrais tellement qu’elle te soit douce, avec Moi à tes côtés… aussi longtemps que je le pourrai.

Et c’est là que tu prends conscience de ton handicap, toi qui vas apprendre bientôt, l’année prochaine, à prendre le bus toute seule.

Et c’est là que je réalise peut-être encore un peu plus…

Cher Père Noël,

Ecrit par Christelle Angano le 05 janvier 2013. dans France, La une, Education

Cher Père Noël,

Ceci est ma lettre. Je ne sais pas si j’ai toujours été sage, mais bon, j’ai fait de mon mieux !

Alors, tu as peut-être remarqué : je ne suis plus vraiment une gamine. Et alors ? On peut toujours rêver…

Et puis d’abord, toi et moi, on a un point commun (non, pas la barbe) : les gamins. Sauf que toi, tu bosses une fois par an. Le reste du temps, ce sont les lutins qui se tapent tout le boulot. Au Pays des Nuages, Rue des Merveilles, tout est bonbons, joujoux (x ou s ?? ah… la réforme de l’orthographe…), guimauve…

Chez moi, ce n’est pas vraiment pareil.

Pourtant, ce boulot, moi, j’y croyais. Un peu comme une mission, une « vocation ». J’avais envie de travailler avec des enfants, les aider à grandir, à devenir « citoyen ». Les amener à s’interroger, à s’émerveiller, à se révolter quelques fois, mais de manière efficace. Leur faire découvrir le bonheur de la lecture et de l’écriture aussi. Peut-être les aider à trouver en eux un jeune écrivain qui s’ignore, ou un futur lecteur passionné.

"- Alors ça fait quoi d'être publiée ?"

Ecrit par Christelle Angano le 20 octobre 2012. dans Ecrits, La une, Actualité, Culture

Oui, c’est une bonne question. Au fait, ça fait quoi ?

Plein de sensations qui se bousculent, joie, fierté, trouille aussi, apaisement, certainement.

C’est « impressionnant ». On a réussi à franchir une étape. Comme un rêve qui se concrétise.

De la fierté, un peu quand même aussi. Quelque part, un éditeur a décidé de vous faire confiance et de vous accompagner. Ce n’est pas rien. Parce que, il faut bien le dire, avant qu’il y en ait un qui dise oui, il y en a quelques uns qui ont dit non. Et pas toujours en des termes très respectueux. Mais ça, c’est une autre affaire.

Pour celui-là, qui vous a quand même un peu blessée, c’est un peu comme une revanche. Même si, d’accord, l’esprit revanchard…

Bon, mais quand même !

La tête qui tourne un peu, tant qu’elle ne grossit pas… Il faut bien savourer son plaisir.

La hâte de voir son livre en librairie. L’envie même, un peu saugrenue, de le commander soi-même, à la FNAC ou ailleurs « juste pour voir ». Ben quoi, on peut bien se faire plaisir non !

Interview "miroir"

Ecrit par Christelle Angano le 01 septembre 2012. dans La une, Ecrits

Interview

Quand Christelle Mafille présente Christelle Angano

 

Christelle mafille

 

C Mafille : Cet exercice est bien un des plus étranges que j’aie jamais eu à faire… Je vous demanderai donc, chère Christelle Angano, de ne pas m’en vouloir si je me révèle « maladroite ». Pas toujours évident de s’auto-interviewer…

C Angano : Ce n’est pas faux. Et puis, regardez, la reine dans Blanche Neige, à force d’interroger le miroir, elle s’est entendu dire qu’il y avait mieux qu’elle…

C Mafille : Bon, ça va hein… On la commence cette interview ? D’abord, et avant tout, pourquoi un pseudo, et pourquoi, celui-là ?

C Angano : Ça évidemment, il fallait s’en douter ! La question piège… Pourquoi un pseudo ? Comme nous le savons toutes les deux (!), j’écris pour les autres (Mémoire de Babouchka, co-écrit avec Madame Nina Michel, et Tu devrais écrire un livre, co-écrit Frère Daniel), c’est pour cela que j’ai décidé de choisir un pseudo que j’utiliserai pour mes productions personnelles.

Une vie de Ch'ti de Lille à Tataouine, Paul Dechaume

Ecrit par Christelle Angano le 23 juin 2012. dans La une, Littérature

Une vie de Ch'ti de Lille à Tataouine, Paul Dechaume

Quand on referme Une vie de Ch’ti de Lille à Tataouine, on a comme un goût de sable dans la bouche, le sable Tunisien de Médénine.

On est un peu étourdi aussi par les événements. Pas de pause, tout s’enchaîne dans une course effrénée.

P’tit Paul, son enfance, au creux de l’amour de ses « Vieux » comme il aime à les appeler. Ses Vieux, ce sont ses grands-parents, papa et maman de cœur, remplis d’amour et de bienveillance. ça sent bon le café chaud et la chicorée, que l’on aime tant partager dans Ch’Nord. Je ne peux m’empêcher, en lisant ces pages, de penser à Daniel Guichard.

P’tit Paul et son enfance sous l’occupation, petit résistant qui n’hésite pas à faire « les camions » pour aider sa famille et les autres.

P’tit Paul, adolescent, les premières conneries. Le jeu, les filles…

Et puis plus tard, Paul, adulte, qui se retrouve, en représailles, à Médénine, en Tunisie, à La Section Disciplinaire des Bataillons d’Afrique. Paul qui, malgré les brimades, les tortures physiques et morales, refuse encore et toujours de se soumettre. C’est qu’il a la tête dure le Ch’ti. D’ailleurs, il est réputé pour ça.

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