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Psychanalyse

Ecrit par Colette Bonnet-Seigue le 13 février 2016. dans La une, Ecrits

Psychanalyse

Rendre visite à son Moi, s’il le veut bien…! Avec lui, on ne sait jamais, tout dépend de son humeur du moment !

Le mien est si imprévisible ! Il suffit d’une volte-face et le piège se referme sur le Moi que je n’aime plus, parce que ce n’est pas moi tout simplement et que je n’ai rien à voir avec lui !

De nombreux psychanalystes ont voulu chercher le Moi en chacun. Descartes, Kant dans la Conscience, Freud et son Œdipe dans la mère, Lacan, contre toutes les guerrières. Moi, je recherche le Mien dans son triptyque : ça et Moi Pauvre deux Moi ! Et en plus, le Surmoi ! Il court devant, je trébuche, rougis, bégaye ! Il est à la traîne, je piaffe, je l’injurie, le dévalorise ! J’ai envie, tout de suite ! Le ça me dit d’exulter ma gourmandise, le Moi y va tout droit et le Surmoi l’interdit ! Avec tout ce remue-ménage de méninges, bon voyage en vol intérieur !

Alors, face à cette complexe introspection, je lui demande des comptes, mais, il ne sait pas me répondre. « En chacun sa réponse » me dit mon psy ! Parbleu ! Vous avez pu vous, discuter avec un Moi pareil ? Il n’a aucune conversation, or, les rares fois où il se manifeste, où il vous fait des promesses qu’il ne peut pas tenir, là vous prenez un « moellon » en plein cœur !

Il n’a pas d’état d’âme. Tenez, pas plus tard qu’y hier, mon Moi a babillé comme un jeune chat en mal de mère, même que d’émoi, il m’a fait pleurer. Pour la première fois, j’ai perçu sa tendresse. J’entendais ronronner à l’intérieur : moi-re… Areu… Areu… vrai, qu’à cet instant, je l’ai trouvé craquant. Le Surmoi ayant dû fumer la moquette neuronale, subitement il m’a donné l’envie de me vautrer dans ce drap de moi moelleux et lumineux. Comme ça, j’aurais voulu le garder toujours, parce qu’il me ressemble. La douceur et moi, c’est une question d’amour.

C’est bien une de ces seules fois où on s’est embrassé.

Mais, comme il n’est jamais constant, il a recommencé, un matin il m’a doublée quand j’ai voulu décrocher le téléphone qui sonnait, il a été bien plus rapide que moi bien-sûr ! Il a fait jouer le Surmoi qui a répondu « Je n’suis pas là ! » et a décanillé le ça qui disait le contraire ! Il n’a pas été de main morte le malotru ! A coup de moi-gnons intempestifs : « Et Moi, Moi, Moi et Moi, Moi, Moi !! » Le problème au bout du fil c’était Arthur, ma moitié, mon double, vexé, il a raccroché !

Je soupçonne mon Moi de régler ses comptes avec Arthur. J’ai compris qu’il n’aimait pas celui de mon chéri, un peu trop jaloux sans doute ou concurrent. Il n’a pas tout à fait tort, le Moi d’Arthur a un Ego compliqué. Il m’oublie ou il ne sait pas toujours ce qu’il veut avec ses pirouettes de son Surmoi directeur !

C’est bien la seule qualité que je reconnais de mon Moi : Sa franchise !

Mais, hélas ! La plupart du temps, il est si envahissant (mon psy lui, trouverait des excuses en le qualifiant d’incompris) que j’ai voulu m’en séparer. J’ai rédigé cette petite annonce : « Echangerais Moi débordant contre un Moi-sonneur pour fleurir ma vie ».

Un Moi-sac venu du Tarn y a répondu ! Un Moi plein de tendres et fines prouesses en besace. Un Moi magicien, enfin, qui me ressemble.

Aujourd’hui, il me surprend, nous nous sommes apprivoisés dans la Moite heure du temps présent.

Sacré hiver !

Ecrit par Colette Bonnet-Seigue le 19 décembre 2015. dans La une, Ecrits

Sacré hiver !

C’est la valse des parapluies pas celle de Cherbourg mais une danse de Saint Sens ininterrompue d’un crachin du bout du bout du NOOOOOORD ! Sauf que vous êtes dans le Sud !

Voilà un calendrier de décembre bien arrosé. Vous vous levez avec un œil de marmotte embuée. Un rai timide et familier de la fenêtre qui a du mal à percer le noir incite à la grass’mat’. Alors, vous replongez béatement sous la couette ! Cependant, il faut se lever, du pied gauche sans doute, à cause du syndrome tristounet-quotidien-du-volet-ouvert-sous-la-pluie ! Et de vous dire à l’intérieur : « Encore un jour gris pareil à tous les autres et ça, depuis des lustres ! » Ras le bol de cette dégoulinade qui ne fait pas ami-ami avec le cœur inondé ! Vous petit déjeunez sans soleil au ventre. Après ablutions, garde-robe oblige, vous choisissez l’anorak flashy, celui qui va rayonner plein pot et, devant le frigo en pénurie, mettez le nez dehors, pour l’épopée des courses. Il faut bien se sustenter !

Le parcours du combattant démarre avec celui de la voiture. A peine garée, il vous faut sortir du véhicule parapluie ouvert d’une main, sac à main et celui à provisions de l’autre, se diriger vers le parc à caddies cherchant à la dernière seconde le jeton libérateur du vôtre, quand tout à coup, l’indocile vous glisse des doigts mouillés pour finir sa course sous la voiture voisine. Là, vous devez ouvrir le sac à main chercher l’euro remplaçant dans le porte-monnaie que vous ne trouvez pas sur le champ, pour cela, une méthode efficace : caler le manche du parapluie sous le menton afin de libérer une main. Et là, le cou rentré dans les épaules, l’engin sur les yeux, vous entendez « aïe ! » à cause d’un rentré de baleine dans la joue de la voisine dont la situation ressemble trait pour trait à la vôtre ! Enfin vous avez le caddie mais, par-dessus le marché, une tornade soudaine retourne en un clin d’œil le parapluie et l’averse se faisant intempestive et vous aussi, vous vous dites encore « Pu… ! J’aurais mieux fait de rester au lit » ! Tandis que vous jetez avec dépit le sac à provisions dans le caddie et courez à toute allure vers la porte d’entrée principale fermée à cause des intempéries, il vous faut suivre la flèche pour entrer enfin comme zombi dans le Super-Market !

Là, brushing raplapla, cheveux plaqués dégoulinants, dépitée, vous foncez tête basse, caddie en avant pour passer inaperçue. Mais c’est raté, à l’angle droit du rayon à confiture vous vous trouvez subrepticement nez à nez avec Marie-Caroline une relation au look dernier cri qui vous interpelle : « Oh ! Ma chère ! Dans quel état vous êtes ! Quelle avalanche ! » Vous répondez du bout des lèvres que c’est la faute de ce temps de chien et vous pensez en finir avec cette journée de mer…!!!

Mourir aux urgences

Ecrit par Colette Bonnet-Seigue le 14 novembre 2015. dans La une, Ecrits

Mourir aux urgences

J’ai pleuré des larmes de vie

pour laver le sang de mon âme.

Gouttes d’amour, averse pourpre

sur pétales de cœur noyé.

 

Ouvrir les paupières

à l’aube caressante

d’un champ de vie.

Se brûler d’amour

au feu de l’âtre

qui chante

sa plus belle sonate printanière

 

Vivre pour ne pas oublier le goût du bonheur…

Aujourd’hui réunion importante à l’école. Je peste à la pluie qui m’empêche d’avancer. « Allo ! Le secrétariat ? Je serai légèrement en retard, veuillez m’excuser auprès de la directrice ! »

Ça y est je suis arrivée, mais pas tout à fait, pas de place pour me garer ! Enfin, après un double tour rapide de pâté de maisons, je me place sur le trottoir en priant mon ange gardien d’éloigner le papillon du flic le cas échéant. Je sors, mon sac à main tombe dans le caniveau, son foutoir s’éparpille sur la chaussée. Je remballe le tout exaspérée, car, en plus, un éléphant 4X4 surexcité me frôle en m’éclaboussant copieusement d’une vague boueuse. Enfin, trenchcoat crotté, sacoche et sac ragaillardi d’une main, de l’autre en plus, le parapluie au clic indocile qui se referme sur ma tête, je sonne au portail de l’école, on m’ouvre illico. L’après-midi s’annonce mal !

Si on changeait de rôle

Ecrit par Colette Bonnet-Seigue le 26 septembre 2015. dans La une, KI-C-KI

Si on changeait de rôle

Se lever bon matin

Après une nuit brève

Un marmot en chagrin

Et la journée sans trêve

Je troquerai demain

Lessives et marmites

Pour un soyeux coussin

Au canapé-orbite

 

J’en ai plein le melon

Sous le fardeau des jours

Attention les mignons

Je vais battre tambour

Noir sur blanc

Ecrit par Colette Bonnet-Seigue le 05 septembre 2015. dans La une, Ecrits

Noir sur blanc

Nuit blanche

Aux noires peurs

Dans le blanc de tes yeux

De la neige

En flocons

A noire nuée

 

J’ai fait chou blanc

Dans des draps noirs

Solitude

Bête noire

Des blancs désirs

 

Noire la nuit

Pour un blanc-seing

Sans signature

Point noir d’un rêve

De suie

D’orage.

Couleur café

Ecrit par Colette Bonnet-Seigue le 24 août 2015. dans La une, Ecrits

Couleur café

Arabica pur velouté ou corsé, ce nectar magique a la robe or-brun ensorceleuse des plaisirs conviviaux de notre palais gourmet. Petit digestif d’après bombance, le café a toute la complaisance du rond de cuir, de l’homme et femme d’affaires pressés, de l’étudiant, de la bonne ménagère. Toutes ces sollicitations gourmandes de la pause-café décélèrent le rythme du quotidien trop absorbant, parfois déshumanisé.

Le petit noir-croissant-chaud sur le zinc du bistrot du coin pour travailleur matinal a le rituel en poupe des habitués  de « Chez Marcel » ou de « La Mère Angèle ».

Noir désir dans le tourbillon mousseux et suave d’une blanche-tasse-à-café-temple-de l’arôme-sensuel, jailli d’une capsule « Roma », « What else ? » comme dirait Georges le tombeur de ces dames-pause-café-sur- écran-plat !

Drogue nocturne et clope généreuse du surmené du chef insomniaque qui déambule devant la cafetière à automatique pression.

Café des rencontres à la sauvette, sur tables rondes urbaines ou tréteaux de guinguettes dominicales. Celui des poètes à la terrasse privilégiée pour voyeuses inspirations.

Trublion ésotérique de Madame Irma aux yeux figés au sombre marc à images d’avenir noir ou arc-en-ciel.

Tourbillonnez robes noires festonnées d’or, cafés aux couleurs de nos fêtes pour le plus grand abandon au nectar de feu !

La porte grince encore

Ecrit par Colette Bonnet-Seigue le 13 juin 2015. dans La une, Ecrits

La porte grince encore

La porte grince encore

J’ai rangé mes cris

Et froissé mes jeux

Dans mon oreiller

Où l’herbe poussait

Parmi les oiseaux

Quand c’était l’été.

 

La porte grince encore

Comme chaque noir

Où la feuille tremble

Pour ne pas mourir

Où ma poupée grise

A trempé ses yeux

Dans le lac gelé.

 

La porte grince encore

Le plancher grimace

Sous tes pieds rapaces

Mes larmes de sel

Sèchent mon corps grêle

Et le tien brûlant

Sur mon oreiller

A fané la fleur

Que j’avais laissé.

Clic Clac

Ecrit par Colette Bonnet-Seigue le 16 mai 2015. dans La une, Ecrits

Clic Clac

Faire sa valise, y enfermer le toit perdu que l’on quitte par soir d’orage. Y mettre un peu, beaucoup, rien, presque rien, un petit bout de lui, le meilleur, un bout de rien du tout, juste pour le cœur en panne. Son regard sur ma robe à fleurs, le cachemire de sa peau à mailles douces.

De moi, à l’intérieur, une mise à nu, pas de superflu, seulement un trou de souris, un vide, la place d’un nouveau départ. Mais, plus de ces encombrants entassés là sur piles rangées, trop bien rangées pour embroussailler les mélis mélos d’un bonheur voilé.

Et puis, les indispensables mouchoirs aux roulis des yeux les jours de haute mer. Les talons sans aiguilles pour la sobriété du pas à l’envolée des invisibles monts à parcourir.

Valise à cases vierges libératrices, coffret ambulant vers des bémols sans arpège, pelisse de soi, sans artifices !

Faire sa valise comme on largue sa vie, sans amarres. Ne pas oublier le spi pour le vertige des vagues engrossées de regrets, de larges enivrants.

Pas de poids superflu qui leste les matins peureux. Seulement le musc de sa peau accroché au bastingage d’un pyjama. Y mettre tout en vrac, tout le léger des sourires, des espoirs, des souvenirs pas trop perdus. Dans le profond de son abîme, y déposer avec respect les premiers baisers, les premiers bras ouverts, les premiers regards.

Valise des quais perdus, pour d’impossibles voyages au bout de l’autre, au fond de soi. Bagages express à fil de rail sans retour confié à nos racines.

Clic clac du dernier tracé à clé de ciel ouvragé d’opale, de désinvoltes arabesques, de pieds de nez rauques et sourds.

Valise encore trop lourde d’enfance hirsute, aux jeunes poupées ridées de brume, de rêves salvateurs.

Valise, mon sédentaire toit aux errantes mouvances des étés voyageurs. Dans ton creux, un petit bout de lui, le meilleur, un petit bout de rien du tout, juste à entrebâiller, à caresser pour le vertige de ses murs…