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Pourquoi les femmes (nouvelle)

Ecrit par Daniel Leduc le 14 mars 2011. dans Ecrits, La une, Société

Pourquoi les femmes (nouvelle)

Peut-être parce qu’elles sont de l’eau et de la terre. Qu’elles étanchent la soif. Qu’elles nous font tenir droit. Que leur nom ressemble à une flamme.

— C’est en lisant Colette que j’ai mieux compris les femmes. En entendant sa voix rouler les r. Sa liberté de ton, d’amour et d’autre chose. Son regard sur le jour qui pointe, sur la nuit qui descend… Elle fait partie de toutes les époques. C’est comme une vague, Colette. Une vague.

Frédéric se parlait à lui-même tout en feuilletant son journal.


20 décembre 1974

L’événement est d’importance. C’est aujourd’hui que l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi relatif à l’interruption de grossesse. L’avortement n’est plus illégal en France.  Tant de honte, de souffrances vont s’estomper, sinon disparaître. Je me sens solidaire de toutes ces femmes que la société, trop souvent juge, au lieu d’épauler… En ce jour, c’est une belle victoire ; la liberté chemine…

Etranger ?

Ecrit par Daniel Leduc le 11 mars 2011. dans La une, Ecrits

Etranger ?


 

 

La main tendue l’œil aux aguets il marche

mais serait-ce une marche immobile

une traversée d’un fleuve sans fin

la recherche de ce qui ne dévoile pas


serait-ce une autre face du dé qui roule

dans le cerveau de ceux qui partent

de ceux qui n’en reviennent pas

qu’on appelle étrangers alors qu’ils

Rupture

Ecrit par Daniel Leduc le 21 février 2011. dans Ecrits, La une, Société

Rupture

Le vent siffle à mes oreilles ; une branche me griffe dans le cou ; du feuillage me gifle. Je cours je cours droit devant moi, dans la nuit qui m’aspire ; je cours me réfugier, droit devant moi. Les ombres, tout autour, me rassurent : elles sont ma protection contre lui. Je sais qu’il n’est pas loin, là, derrière ; et je cours dans la forêt qui tressaille…

Je me souviens de lui, de la première rencontre : grand, mince, droit (comme un arbre élancé vers le ciel), je me souviens de son sourire, de la moiteur sur mon front, des picotements dans mon ventre. Je m’étais dit : c’est lui. L’amour souvent vous prend par surprise. J’étais amoureuse, violemment.

Je me souviens de lui comme d’un homme captivant ; il avait capté mon regard, mon esprit mon corps mes sens. J’étais tombée sous l’emprise de son charme – sortilège jeté par quelle sorcière ? Sous son charme… telle une ombre sous un arbre superbe.

Mais le superbe, la vie, insipide et quotidienne, l’use jusqu’à la trame. Apparaissent les défauts de l’étoffe. Des déchirures se font jour. Des égratignures s’exposent.

Au Peuple Egyptien ...

Ecrit par Daniel Leduc le 11 février 2011. dans Monde, La une, Ecrits

Au Peuple Egyptien ...



 

 

… Et à tous les peuples opprimés


Toujours la surdité des tyrans l’arrogance

des autocrates la veulerie des despotes.

Toujours l’instant et la fierté du peuple

face à l’obscurantisme des pouvoirs césariens.

Chant de la Terre

Ecrit par Daniel Leduc le 10 novembre 2010. dans La une, Ecrits

Chant de la Terre

 

 

 

Dans la transparence du regard le ciel s’accouple avec la terre ;

les nuages sont des sources, les feuillages, des étoiles.

Depuis longtemps l’Homme s’interroge sur le fluide et sur l’opaque ;

sur ce qui coule, ce qui voile ; ce qui prodigue ; ce qui recèle.

Le sang provient-il des océans ; et la peau, de la glaise ?

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