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Apologie du clown triste

Ecrit par Eric Eymard le 25 novembre 2011. dans La une, Ecrits

Apologie du clown triste


C’est son rôle, il fait rire.

Sourire, le plus souvent.

Il exploite les situations anodines, les contextes mous, les histoires de tous les jours, pour construire ses récits amusants, pour échafauder ses histoires rigolotes. Il visualise la scène, la décompose image après image, chronologiquement, puis la recompose. Il cherche le décalage impromptu, la rupture drolatique.

C’est difficile d’amuser les Hommes.

Les êtres humains sont si graves.

Ils aiment le malheur, chérissent les environnements glauques, adorent les complaintes métaphysiques, les esprits torturés qui se racontent ; ils y voient la réplique de leur propre désespoir et une occasion d’admirer leurs tourments. Ils vouent une admiration sans limite à l’exposition impudique de l’âme humaine, comme s’il s’agissait d’une manifestation d’intelligence et de sensibilité extraordinaire.

DSK hors-jeu. Mais alors qui d'autre ?

Ecrit par Eric Eymard le 26 août 2011. dans France, La une, Politique

DSK hors-jeu. Mais alors qui d'autre ?

Il faisait beau. Un soleil rasant et matinal avait envahi la surface de l'île arctique de ses rayons tièdes et aveuglants. Ce jour-là, j'en profitais pour regarder paisiblement la rue déserte qui borde le jardin de notre maison Islandaise en sirotant mon café. Deux chats s'observaient silencieusement, tels deux amants dénudés espérant que l'autre se déclare enfin. Deux corps souples et poilus enfouis dans les hautes herbes et miaulant de désir. "Il va me falloir le tondre ce gazon !" m'étais-je dit en attendant que l'une des bestioles se décidât à grimper sur son congénère. Loin du monde, de ses turbulences et de ses clameurs, je laissais quelques vagues et érotiques pensées vagabonder à travers les volutes caféinées, tout en scrutant oisivement le spectacle des matous hésitants.

Lorsque soudain, la sonnerie du téléphone me fit sursauter. Tandis que les deux félins entamaient leurs ébats, l'arpège lancinant me rappelait à la réalité.

Un proche nous apprenait la triste et surprenante nouvelle : Dangerous Sexual Killer (tel qu'il eut pu être surnommé par la presse américaine, qui n'a cessé d'en rajouter) venait d'être appréhendé par la police de New-York. Diantre ! Murmurai-je l'esprit alerte et le verbe à-propos.

Massage à la tronçonneuse

Ecrit par Eric Eymard le 08 novembre 2010. dans La une, Humour, Voyages

Massage à la tronçonneuse

« Masser : pétrir différentes parties du corps ».

Il y a quelques mois, une dame pétrit les différentes parties de mon corps, avec l’application d’un boulanger qui prépare son pain.

Je fus massé au SPA de l’hôtel Hilton-Nordica de Reykjavik. C’était le cadeau d’anniversaire d’Olivier et Thorunn.

En arrivant, un peignoir et une serviette me furent remis. Je devais prendre une douche et me savonner avant d’être relaxé. N’ayant aucune expérience significative des us et coutumes du massage islandais, ni d’ailleurs du massage en général, je me douchai avec mon maillot de bain. Si bien qu’en arrivant dans la petite pièce où se trouvait la table de torture, dissimulée sous l’apparence d’un lit confortable avec draps et couverture, j’étais encore fortement humide. Un détail.

J’avais souhaité être manipulé par une femme.

Vocation

Ecrit par Eric Eymard le 25 octobre 2010. dans La une, Souvenirs, Musique

Vocation

À 5 ans, j’avais pour curieuse habitude de m’intéresser aux disques en vinyle de mon père.

Je pénétrais dans l’immense bureau, m’asseyais devant les colonnes cubiques disposées un peu partout sur le sol et sortais les galettes noires de leurs emballages colorées. Libérant ainsi Frédéric Chopin ou Jean Sébastien Bach de l’étreinte pesante d’un Fats Waller ou d'un Big Sid Catlett.

Je me contentais de reconstituer les piles en disposant les disques nus les uns sur les autres, soucieux, peut-être, de retrouver la ronde apparence qui sied à toute colonne digne de ce nom.

L’exercice s’arrêtait là.

Les enfants de 5 ans ont parfois d’étranges lubies.

Le Naulleau Nouveau est arrivé !

Ecrit par Eric Eymard le 08 octobre 2010. dans La une, Média/Web

Le Naulleau Nouveau est arrivé !

 

Samedi soir dernier "je n'étais pas couché" et je m'en félicite.

Les joyeux drilles de l'émission presque éponyme nous avaient offert un grand moment de télévision. De ceux qui devraient tourner en boucle sur le Net pendant quelques semaines et donner lieu à de croustillants commentaires.

La cause de ce probable intérêt médiatique à venir ? Le dépit des deux magistrats autoproclamés de la littérature et du spectacle, privés de leur réquisitoire enflammé faute d'avoir pu discipliner deux accusés rebelles : Daniel Auteuil et Isabelle Mergault.

Et quand je dis "dépit", j'euphémise.