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S’égarer pas à pas au bas de la pente

Ecrit par Gérard Leyzieux le 02 juin 2018. dans La une, Ecrits

S’égarer pas à pas au bas de la pente

S’égarer pas à pas au bas de la pente

Marche alternée d’arrêts où hésiter

Respiration haletante sans raison

De jour ou de nuit les atermoiements de l’attente

Piétiner à la croisée du temps

Il circule, avance, te prend et t’emporte

Dans ses directions multiples et imprécises

Séjourner seul, départs et arrivées imprévus

Tourner, contourner ces absences de quiétude

Pour éviter les pièges invisibles du vide

Pied à pied passer et repasser sa route

Où s’est perdue la brise des unions émues

Pas des pieds y fouler les méprises qui t’ont toujours hanté

Battent les ailes du cri

Ecrit par Gérard Leyzieux le 28 avril 2018. dans La une, Ecrits

Battent les ailes du cri

Battent les ailes du cri en fuite sur la forêt

Dans le bruissement de la brume à l’entour des arbres

Écho lointain d’un ruisseau glissant sur le granit de la montagne

Et silence du regard fermé aux accidents du paysage

Balancement du corps à l’écoute éprouvante

Voyage au circuit empli d’incertitudes

Le parcours le long des circonvolutions inexplorées inquiète

Tourmente aussi face à la voie à suivre, prendre, choisir

S’insurgent les sensations malmenées des bruyants vides

Avancer, progresser, se déplacer vers où, quand, comment, qui…

Tout en affichant la solidité du visage souriant

Dans le brouhaha d’une foule inconnue et toujours plus tempétueuse

Se sentir meurtri(e) puis emprisonné(e) dans ses propres absences

Circonscrit(e), enveloppé(e), entraîné(e) vers l’intense troublement qui reste implacablement sans réponse

Et ces mots essaimés au haut des monts

Ecrit par Gérard Leyzieux le 17 mars 2018. dans La une, Ecrits

Et ces mots essaimés au haut des monts

Et ces mots essaimés au haut des monts

Ils s’immobilisent au fil dithyrambique des amours

Jusqu’au mutisme ils défi(l)ent en invocation des sons

Syllabe erre sur terre à la recherche de son partenaire

Forme solitaire émerge du désert. Un appel à plaire

Pendent alors aimés mots de tous ces jours assommés

Cri soudain d’oiseaux sur l’émotion de l’attente

Rien ne se voit sinon l’arrondi du dit si beau

Son œil enregistre la trace de la colline démontée en vallée

Pendant que le geste ex/imprime lettres en guirlandes

Encore une farandole de mots semés de long en large

Ils sont émis informes et gondolent leur apparence sous l’expression de la pensée

Mots essaimés puis malmenés jusqu’au débouché du rejet

Où langues s’emmêlent en une respiration commune à tout échange

Pas à pas les palabres

Ecrit par Gérard Leyzieux le 27 janvier 2018. dans La une, Ecrits

Pas à pas les palabres

Pas à pas les palabres s’emballent

Sous les palmiers des plages de sable étal

Le rôle des vents de printemps sur le silence

Passent de blancs goélands impassibles

Ils chantent par-dessus les mots envolés

Paroles retrouvées au retour des années émiettées

Sur la bouche des sensations ailées

Pendant que sous la pluie des regards ébahis

Apparaissent les égarements d’outre-vies

Et que phrase à phrase s’entrechoquent des vagues d’impressions

Dans la polyphonie des voix aux sonorités sublimées

Tu regardes au fond du flou

Ecrit par Gérard Leyzieux le 04 novembre 2017. dans La une, Ecrits

Tu regardes au fond du flou

Tu regardes au fond du flou

du mur

du jardin

du vide

Tu examines cet évanouissement de tes sens

Dans l’absence de couleur

de chaleur

de frayeur tout autant

Ton œil n’est plus qu’image

reflet

projection de ce qui te reste de vie

Tout mouvement est suspendu, geste figé

Ta parole aussi est sur arrêt

Tu regardes ces sentiments disparus, jamais atteints

Tu scrutes les événements attendus qui te sont inconnus

Ton regard t’emporte à la découverte de l’oubli

À la recherche de l’au-delà des images

des objets

des échos du temps

Lentement et tes souvenirs s’immobilisent

Pendant que tes yeux se ferment à la vision extérieure

Haïkus

Ecrit par Gérard Leyzieux le 30 août 2017. dans La une, Ecrits

Haïkus

-1-

Les reflets du temps

Brillent sur l’onde d’argent

Flux amer et lent

 

-2-

Au jardin de juin

Sous le regard du pinson

Le silence des murs

 

-3-

Oreille t’enivre

Sous le regard clair du vent

Tourbillon des sons

 

Bagage de voyage

Ecrit par Gérard Leyzieux le 15 juillet 2017. dans La une, Ecrits

Bagage de voyage

Bagage de plage pour le voyage

Bagages de bagues en cage

Cabas en gage, fuir la cage

Sales et fatigués du voyage

Dégagent les bagages en rage

Je nage dans les voyages

Et les bagages aux cabas rient

Bague d’âge carnage

Ramage du voyage sur ton doigt

Les bagues déballent leur âge

T’as qu’à t’éclater à ton âge

Bagage de voyage, une blague, une lacune

Bac à bague, le doigt calé qu’elle a lui permet de faire son bagage de voyage

Plaque !

Goutte à goutte

Ecrit par Gérard Leyzieux le 17 juin 2017. dans La une, Ecrits

Goutte à goutte

Goutte à goutte laisser couler

S’écoulent les gouttes d’eau de la glace

Sous les coups s’écrouler à terre

Branches du cerisier, feuilles du pommier

Du blanc, du rose, du sang rouge

Et des gouttes qui maculent le temps passé

Battent les cœurs, bruissent les feuillages

Elles t’écoutent ces oreilles ouvertes à tout

Elles t’écourtent aussi la vie ces paroles estompées

Inattendues et presque inentendues

Gommage feutré, sourdine du jour

S’écrouler dégoutté des journées infinies

Écouter et goutter ces quelques gouttes des glaciers

En découdre les fils anciennement tissés

Puis les observer s’évaporer

Sous la chaleur du feu qui te consume

Vie à mort de ce goutte à goutte

Enveloppe percée d’où filet s’égoutte

Il te reste encore quelques gouttes

Avant d’assécher ce torrent quotidien

Où corps s’écroule sous les coups de ta nature

Goutte après goutte, coup sur coup

En découdre avec l’amour déchu

Brûlant du dégoût de vivre

Au début fut la fin

Ecrit par Gérard Leyzieux le 21 avril 2017. dans La une, Ecrits

Au début fut la fin

Au début fut la fin

Dans cet entremêlement des oublis

La fin fut forme de son début

Roue du vent, courbure de l’horizon

Aller et retour tout au long du jour

Retour sans aller au fil de la nuit

Rondeur du ciel matin où bleu se teint de rouge

J’y suis mais j’y étais avant aussi

Place partagée des contributions du temps

Participer à ces figures d’une époque

Où une partie de toi s’inscrit dans le savoir du monde

Et dans le silence des années apparaît sa fin

Fin de la fin, en finir avec elle

Pour un nouveau début d’infinis objets

Creuser le vide de ces absences

Renouveler l’image de présences momentanées

Et sous l’afflux d’odeurs extérieures

Illustrer le quotidien de frémissements inconnus

Fugue éperdue des sonorités dépassées

Où ta mémoire regarde son avenir

Emplir les béances anciennement absorbées

Tremble le mystère des souvenirs engloutis

Bruit l’emprise de l’espace évanoui

Minuscule accord des corps enfuis

Une voix te traverse vers la reformulation

Dans laquelle le changement affiche sa couleur

Pour colorer la peur de ta fin

La pièce se fait écho des pas de ses voyageurs

Ecrit par Gérard Leyzieux le 25 mars 2017. dans La une, Ecrits

La pièce se fait écho des pas de ses voyageurs

La pièce se fait écho des pas de ses voyageurs

Bruits et odeurs, sons et couleurs

Un flot de sensations et de saveurs

Un assemblage de multiples ardeurs

Des jours premiers à ceux du soir dernier

Les pierres du mur traversent les années

Les planches de l’escalier et des parquets

Boiseries et huisseries portent les souvenirs de gestes

Passage obligé au long de la cheminée

Marche à suivre au contour des entrées

La matière absorbe les présences du temps

Les reflétant aux moments et endroits opportuns

Paroles également inscrivent leur histoire en ces discours habituels

Les pierres du mur, planches et boiseries aussi

La maison des vies intemporelles où souffle l’éternel

Nourrit son avenir de ces instants d’échanges éphémères

Visibles sous le masque d’actualité dont ils sont recouverts

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