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Carte postale

Ecrit par Jean-François Joubert le 03 octobre 2017. dans La une, Ecrits

Carte postale

Première pensée. Bébé. Rien. Je ne devais pas être précoce, rien aucune accroche, je suis une chair molle sans âme, sans fil de connexion. Rien. Cherche ! Quatre ans, j’ai les mains dans la vase ou le sable, mon maillot me colle à la peau, je cherche l’horizon, non, je cherche rien, je m’amuse à découvrir la côte bretonne, le lieu où je suis né. Donc me voici sous un ciel bleu, un soleil arrogant, sans gants, je cherche le fond des choses, je m’expose, et j’ose m’aventurer loin de mes gardiens, déjà seul, je pose une main, puis deux, au fond. La marée monte, ma croissance est tardive, je n’ai plus pied, du moins je ne pense pas à les poser, la tasse, aversion définitive pour le sel, l’iode de l’huître, je ne croise pas les doigts, je ne cherche pas mon salut dans un flot de paroles, j’apprends la nage petit chien, et un aller-retour, et le pire ça marche. J’aime l’eau. Pourquoi fouiller dans sa mémoire, juste pour exister, se prouver qu’à quarante ans l’on a des choses à dire, écrire, des mots, de l’émotion, une vie. Je suis né un cinq août mille neuf cent soixante neuf, année exotique selon moi, n’ayez crainte je ne me souviens de rien ! Souvent, je me tais. Je regarde. J’écoute. Je doute. Première désillusion, j’aime les mots, or je suis un petit garçon effacé, presque pas de carte mémoire, alors parler de ma vie, trouver les situations sera un exercice difficile, oui, je me souviens, je veux lire en classe, je lève la main, pas la voix, la classe se moque de moi, ses rires hantent les couloirs de ma pensée, je ne parlerais plus, ou presque plus devant la foule, je ne serais jamais harangueur de foule, je serais celui qui parle en silence par la lance des mots, des touches, et qui tente de trouver un sens une raison d’être à ce texte. Pourquoi écrire sur des images, la raison se trouve là, absence de tout, de la figure de proue du père, de la mère volubile, et des grands-parents, fils de vieux, enfin, eux ne m’ont pas connu ou presque ? Aussi, vient l’Amour des cartes postes, celle épistolaire, celle amoureuse, celle familiale, et ses divers accents… et puis le père de papa qui en a fait une série, douze, une énigme pour ma pomme, comment, pour qui, pour quoi ? Pour toi qui lis ces lignes et t’enfonces dans mes veines, pas le Fromveur, ce courant de mer d’Iroise que je croise du regard, mais un aber, ni Wrac’h, ni Benoît, celle du puissant Saint, Ildut, le plus petit, à une demi-heure de Brest et la tête Ouest de Ouessant en pointe de mire. Je nage dans l’incertitude, me perds dans les couloirs de la vie, et je me souviens d’un livre sur l’image, l’auteur disait ceci en substance, que le temps devient signifiant, et la photographie rend la moindre trace du présent, or, dans un futur proche. Alors, je pars « être » ne prêche, rien, suivez-moi, accompagnez ce regard, sur ma tombe, le manque de mémoire et une camisole chimique qui ne la guérit pas. Oui, je suis malade, et partons nous promener en balade sur l’estran de ma mémoire, seul face à l’image, carte postale.

Fils du vent !

Ecrit par Jean-François Joubert le 06 septembre 2017. dans La une, Ecrits

Fils du vent !

Fils du vent et du lièvre, tu es l’enfance et masques ta souffrance à coups de danse dans la savane bretonne ce qui étonne les chiens loups…

Il pourrait bien neiger !

Gueule d’ange, tu respires le sans sens de l’esprit de ce siècle où tout est vitesse du ski, à Dakar, oubliés les drakkars. Une vague de misère s’installe sur la table de nos nausées…

Rions, chantons, et pas de mauvaise case pour damer le pion. La vie n’est pas une source d’eau vive, la vie c’est de l’envie, des rêves et des cauchemars…

Un canular dans la mare aux canards, ceux qui t’abreuvent de nouvelles, de croissance, de prix forts, ceux qui prient pour ton avenir pensent à eux et, aux leurres, ils perdent foi en leur propre enfance tant le chemin qui chemine vers le monde dit : « Adulte » est une route sinueuse, un arbre hêtre sans véritable racine, sans savoir d’où provient le nombre d’or !

Dors, et rêve, fais-nous entrer dans ton monde, toi qui l’arpentes du haut de tes six ans, fais-nous croire en nos paroles, fais-nous vibrer en regardant un malabar, fais-nous danser en écoutons un juron, fais-nous oublier que le monde est un jupon, fais-nous rire, tant ta cervelle est d’illusion, ne nous fais pas mentir, car je ne pourrais que vomir, fais-nous gémir de plaisir en étant juste toi, avec ou sans toit d’étoile, au matelas épais, ou sans un fil, défie le ciel, et sa toile rose, deviens une aurore boréale, une sculpture d’ange, un tableau de Miro, un dessin, et un essaim d’abeilles, si nécessaire à la tomme de Savoie, à l’atome de nos voix. Voyage dans ta conscience, enfant des sept lunes dis-nous tout, et nous serons capables d’être quoi : d’être heureux !

Je t’observe et tu regardes une fleur, un camélia orange sanguine, une fourmi et trois musaraignes, reines de ta gourmandise. Tu aimes voir, ton réveil est sourire, une balade la main de ta mère l’enserre, elle te traîne, te porte, et tu avances vers une musique, une ballade de baladin, un va nu pied t’invite à digresser vers une dune au terrain vague, et des murs voguent vers un futur où se lève le phaéton à l’ouest, le grand, et se couche au bord d’un précipice. Comme moi, tu penses que les gens de Chine ont des ancres pour tenir debout, comme moi tu découvres l’amer des confitures des grandes personnes et dis beurk !

Chaque enfant sur une planète est deux, une planète en soi, en soie, si fragile, un cocon qui concocte du baryton, et du bar en papillote, petite grève de la fin, et une colombe avide de liberté que l’on arrête par la voix. Voyage petit sur le murmure de ton imagination, sois un serin, pas un meringue, un mur dingue, sois fou mais doux comme un coquillage mauve guimauve, et phosphore, ne sois pas fort, ne sois pas faible, ne laisse pas la mode t’envahir, regarde, un nid, une cabane, une indienne, zone et arme son arc-en-ciel, jaune, bleu, vert, les couleurs complémentaires en sus.

Sois daltonien, et n’aie pas peur de tes pleurs, pauvre petit sans l’abri du sein, tu es perdu, alors tes yeux s’ouvrent, ton regard perle Agathe ou rubis. La mer est grise souvent incomprise, calme miroir narcisse en flamme, elle ressent de la douleur que le sable ne s’émeut pas devant sa couleur vache de lait, noir et blanche et va piano-piano muette, elle gronde quand le roi se lève, toi l’enfant fils du vent et du lièvre parle océan, laisse-nous reprendre le sens du courant, oublions l’alternatif, mais soyons droits, écoutons le bruit de ce petit, sa logorrhée en rythme, petit homme parle-nous, nous sommes tout ouïe !

Entretien avec Fethi Sassi, poète

Ecrit par Jean-François Joubert le 10 juin 2017. dans La une, Littérature

Vous vous dites poète du monde, qu’est-ce pour vous ?

Entretien avec Fethi Sassi, poète

Je considère personnellement que tous les poètes, depuis la longue histoire de l’humanité sur terre, éparpillés dans les lieux et les histoires, n’ont jamais cessé de s’unir, juste pour écrire ensemble un seul poème qui est évidement le poème qui traduit par un message vers l’humanité, malgré les langues qui sont diverses. Cependant cette écriture n’a jamais cessé d’évoluer dans tous les sens et les buts pour essayer d’octroyer l’humain en nous, en découvrant la différence qui sera acceptée. C’est pour cela que les poètes n’appartiennent pas à l’histoire ni à la géographie mais plus loin que ça ; à une éternité et à l’univers. Tous ce qui s’écrit sur le blanc n’est en fait que l’inspiration d’un ange ou d’un démon pour convertir dans un sens le rôle de ces prophètes acharnés vers le poème exclusivement. Et voilà nous les poètes du monde.

 

Quelles sont vos origines dans ce vaste lieu qu’est notre petite Terre ?

 

Je suis né dans un vieux quartier de la ville arabe de Sousse (Bled Elaarbi), un nom qui creuse ma mémoire depuis les nuits les plus lointaines ; sur cette petite terre et dans ce vaste univers perdu entre les enfants de Bab Djedid, entre les grands temples carthaginois et phéniciens, ce milieu m’a appris comment s’unifier avec le temps et le lieu pour être une créature qui porte l’odeur de l’histoire, là-bas j’ai dessiné sur les murs les mots qui m’ont étranglé pour déchiffrer le secret de mon existence.

 

Votre édition est en trois langues, quels sont les retours sur ce fait ?

 

Pour écrire il faut toujours essayer et sans cesse d’être différent et entamer l’exception dans tous les sens pour en fait chercher et sélectionner entre ces bons milliers d’écriture dans le monde entier. Avec cette démarche, choisir des traducteurs sera le souci primordial pour garnir ce monde d’écriture et créer une multitude de langues dans le texte pour qu’il soit lu avec amour.

 

Vos textes sont de format libre et court, la chute surprenante est-ce votre marque de fabrique ?

 

Pas forcément, je suis bien intéressé à écrire le poème de vers, et en parallèle je travaille souvent sur le court poème qui cherche une place dans la littérature arabe. Mais en remarque, dans cette écriture, une distribution visuelle qui tombe avec la modalité de lecture vu que ce genre de poème est destiné à être lu plus qu’à être entendu, comme s’il s’agissait d’une chute mais plus que ça évidement.

 

Cherchez-vous un écho en pays francophone ? La France aime la poésie, avez-vous un éditeur Français ?

Avis de recherche

Ecrit par Jean-François Joubert le 13 mai 2017. dans La une, Ecrits

Avis de recherche

Non, non, je n’ai pas fait exprès, si mes mots illusionnent et s’abandonnent vagues sirènes sans alarme, ils sont fous et traversent la foule, « je suis tombé du ciel ». Je me foule une cheville quand une cochenille longe l’autoroute de la désillusion, la boule de billard vient de quitter son nid, sans le savoir elle cherche déjà de l’évasion. Est-ce de ma faute si les mots klaxonnent et sonnent le glas, l’heure du tocsin ? Non, non, je n’ai pas fait exprès d’entrer dans le jeu, gai, de l’envie de vivre puis, ton sein et ta valise ont foutu le camp, alors végétal carnivore je dévore et divorce en perdant l’écorce de mes racines, le tronc de la vie, le zeste de citron, l’écume du miroir celui de s’asseoir, boire une goutte d’eau rosée et de rêver Espoir ! Champagne. Je sais, tu as mis la grand voile, celle qui croise les étoiles Orion la croix du Sud, je reste berger étrange et étranglé sur une plage, je sais que tu écoutes le son de l’étrave d’une goélette et mes lettres se décomposent au passé supposé, alors quand l’aube pointe son nez de noir goéland, que le soleil déplie ses ailes, j’évite les cauchemars et je m’invite où moi qui ne danse pas ? J’écoute la Ballade pour Roger.

Tu te souviens de nos propos sur un banc dans le bois, on était loin de Versailles, une écharpe au cou, on s’échappa vers un ailleurs, remplis de désirs d’aller traverser les océans, fini l’Europe, et vive l’Amérique pas celle du nord, celle du sud. Seul, dans le vasistas du réel, je construis une aventure dans la devanture de mes névroses, j’ose t’offrir une palette de couleurs, des pastels, et un livre blanc. Dessines-tu toujours ?

Depuis l’œil de Londres, sans tes bras, je compte les rats d’eau, et puis je m’ennuie alors je passe la nuit sous les aurores boréales à t’attendre, je joue de la cornemuse au Highlands, c’est faux mais c’est juste que je ne sais pas jouer, aucun instrument de musique n’est en accord en ma compagnie, mais avant d’aller jouer au gondolier à Venise, je change de chemise et dévale une piste bleue en avalant mon arrogance de n’être que moi un lego, un jouet sans enfant, une personne si fragile.

A mon avis, j’irais chercher ta jupe, en Asie, si tu es à Nagano en train de prendre un bain dans une source chaude, ou si ton corps embrase le sourire des hommes qui t’entourent à la fête des lanternes de Hong-Kong, je jouerais à « qui cong ? » J’aime l’accent grave et je visiterais ni indien enfin peut-être un peu, et certainement pas cow-boy ni sur un destrier n’aimant guère la guerre et le cheval, pas plus le trot que le galop, je serais cet âne à pied qui te sourit en Patagonie. Au carnaval de Douarnenez ou à Rio, tu entendras battre mon cœur, et cela sur n’importe quel continent, tic, tac…

Mon cœur bat encore par vos mots de « poète », chansonnier fou et si Humain !

Un grain de sable dans l’univers, futur ver de terre… Mon fils du vent tient mon Histoire mineur, et pleure…

Damier damné (2)

Ecrit par Jean-François Joubert le 06 mai 2017. dans La une, Ecrits

Damier damné (2)

Je t’observe et tu regardes une fleur, un camélia orange sanguine, une fourmi et trois musaraignes, reines de ta gourmandise. Tu aimes voir, ton réveil est sourire, une balade, la main de ta mère l’enserre, elle te traîne, te porte, et tu avances vers une musique, une ballade de baladin, un va nu pied t’invite à digresser vers une dune au terrain vague, et des murs voguent vers un futur où se lève le phaéton à l’ouest, le grand, et se couche au bord d’un précipice. Comme moi, tu penses que les gens de Chine ont des ancres pour tenir debout, comme moi tu découvres l’amer des confitures des grandes personnes et dis beurk !

Chaque enfant sur une planète est deux, une planète en soi, en soie, si fragile, un cocon qui concocte du baryton, et du bar en papillote, petite grève de la fin, et une colombe avide de liberté que l’on arrête par la voix. Voyage, petit, sur le murmure de ton imagination, sois un serin, pas une meringue, un mur dingue, sois fou mais doux comme un coquillage mauve guimauve, et phosphore, ne sois pas fort, ne sois pas faible, ne laisse pas la mode t’envahir, regarde, un nid, une cabane, une indienne zone et arme son arc-en-ciel, jaune, bleu, vert, les couleurs complémentaires en sus.

Sois daltonien, et n’aie pas peur de tes pleurs, pauvre petit sans l’abri du sein, tu es perdu, alors tes yeux s’ouvrent, ton regard perle Agathe ou rubis. La mer est grise souvent incomprise, calme miroir narcisse en flamme, elle ressent de la douleur que le sable ne s’émeut pas devant sa couleur vache de lait, noire et blanche, et va piano, piano, muette, elle gronde quand le roi se lève, toi l’enfant fils du vent et du lièvre parle océan, laisse-nous reprendre le sens du courant, oublions l’alternatif, mais soyons droit, écoutons le bruit de ce petit, sa logorrhée en rythme, petit homme parle-nous, nous sommes toute ouïe !

Lui lève les bras, attrape une pomme, et large sourire parle du chat, de ses nuits blanches, et des mystères de la naissance de la Terre, son voile se lève sur des yeux embués, il voudrait que le mot égalité soit marqué sur sa peau, il voudrait que le mot liberté soit noté sur ses mains, il voudrait que la couleur du rouge fraternité ne soit pas une chanson, et puis sa voix dérive vers des cocotiers rigolos, aux noix de casse-patte, feuille ouverte au vent celui tendresse qui caresse sans cesse, le bon comme le mauvais, sans distinction de son. L’enfant devient grand quand il s’exprime sur la nature, nébuleuse empreinte du silence, il devient indien animiste, et pense que les Stratus, Cyrus, et les cirques, les criques, le bois devient vert et brûle de désir de s’emplir de couleurs, vert, bleu, orange.

Toi qui masques tes maux sous un sourire de flemme, pense et parle en ton nom, tu es élu, ou député, tu gouvernes ton monde soi-disant comme un bateau sans voile, au nom de la non charia, de l’injustice sociale car tu penses à ta panse, à ta famille et jamais aux êtres comme moi sans enfant mais une rivière, un aber sur mon dos, aussi doux souvenir que le plaisir d’un être cupide face à un diamant, ou un dollar, il a le dos large l’art, alors prends-nous en route dans ton monde et explore notre veine d’être né un jour sous la pluie, la bruine, ou un large soleil Bleu.

Je suis né bête, simple, et content, alors enfant de l’univers parle au nom du cosmos, parle de tes désirs de vie, parle de ton plaisir de sourire, parle de toi, tu es le bienvenu sur cette plage de temps, une note d’immortalité, un piano accordé sur la touche majeur celle de la planète découverte. Enfant du XXI° siècle, tu es assis sur la mappemonde, invite-nous dans tes pensées, au citron, mandarine de corse, et fraise des bois sans soif !

Damier damné (1)

Ecrit par Jean-François Joubert le 29 avril 2017. dans La une, Ecrits

Damier damné (1)

Sur ma clef USB, un souvenir. Brest. Ma circulation sanguine me parle de Gâvres, cette presqu’île en face de Groix, un aéroport à mouettes où ma vie faite de viennoiseries a pris des embruns, un festival d’écume que j’aimerais dessiner sur tablette numérique.

Almeria, Espagne, premier de l’an, ivre, je viens de tomber du quai du port en rentrant vers cet Aloha, que je garde sagement au port, contre vent et marées. Nuit. Je me souviens de ton départ, ce regard, ouvert et joyeux qui perd de sa couleur et me trouble, dernière fois que nos ébats sont loi, ton sac, je ne le vois pas. Notre relation se finit là, plus de nouvelles, si j’oubliais… une lettre majuscule d’Istanbul, elle vient comme un coup de vent, ce glaive, estoquer mon esprit qui prend une claque ligne quarante huit, la rupture !

Alors je glisse au vent portant vers les portes de mon destin, l’enfer. Concarneau, trois années de ma vie pour devenir capitaine de pacotille, je manque d’expérience, timide de nature, je cherche, joueur d’échecs, sur ce damier damné qu’est la planète dans cette missive que je jetterai à la mer méditerranée par raconter mon envers, mon enfer…

J’ose penser que je ne referai rien, conserverai le même refrain, un sourire. Pourquoi ne pas jeter l’éponge, laver ton ombre qui rapace plane sur le lapin qui file de travers droit vers un mystère tenter de garder dans mon sang, une image de tes soupirs, de joie, un métro de métronome pour un homme, ne pas haïr, juste aimer. Or le temps est une putain d’affaire, j’ai tenté, tu sais, de nager à contre-courant, de le remonter, tel un saumon dans une rivière, résultat au lieu d’être fou de toi, j’ai perdu une particule, devenu ridicule, et une foultitude de rizières a absorbé ma vie, nourri ma tombe, je suis tombé dans trou de vers, ou noir ? Impossible de te voler ton destin et de retenir ta main, maintenant… que je sais qu’elle tient celle d’un enfant, et crois-moi que je suis content que comme sur une carte marine, tu as planifié une route vraie et donné vie à un fils, comme dans ce bois sans Elfe, on projetait notre avenir et nous avions une famille, la courtoisie de croire que notre amour fut sincère et dans le jardin des fruits, des gamins en pagaille, et une cour d’optimistes, sur ce banc, pas très loin de Versailles, notre projet d’eau de vie, pas d’absinthe ni d’absence, il a du cœur, il avait de la sève, fort heureusement peut-être pour nous, je suis impuissant à délivrer la reine de cœur que tu restes dans mon faible habitat, né bête ! Un idiot, de l’avis de tous, il me manque une case, curieusement cela me fait sourire, sardine j’ai conservé l’autodérision ma marque de fabrique, et toi les étoiles, constellations, et Orion que je ne déchiffre toujours pas dans cet amas de cailloux qui volent, nous survolent, ses étincelles se ressemblent tous, se confondent, j’ai une confession à te faire, si par la loi du hasard, aujourd’hui je croise une femme, et un enfant, toi et ton fiston, je ne te reconnaîtrais pas car je suis morceau pas né en symphonie du souci du détail, de ta taille, de tes reins, de tes seins, de la longueur de tes jambes, de ton port de tête, impossible d’être physionomiste, je suis la carte du pendule devenue incapable de poser une image sur ton sourire que j’aime tant, le temps a fait son chemin, sous trinquette, je trinquais aux divers alcools adolescents, cherchant aux quatre saisons de l’évasion celle de la musique de l’ivresse, je filais contraint par une rage d’ouragan, toile réduite en fuite et pas prince, charmant, patate ou artichaut de Bretagne, têtu dans ce pays qui porte un prénom, Léon !

Mais je dérape tel du parmesan qu’on râpe, ma peau, j’y tiens pas de trop, en salle de réveil sortant d’un coma, le premier de la liste, j’eus de la joie, celle de renaître du chapeau magicien de la vie et puis les arbres chantent par chez-moi des ritournelles alors, je respire mais qui suis-je ?

Mots sur image

Ecrit par Jean-François Joubert le 21 avril 2017. dans La une, Ecrits

Mots sur image

L’Hirondelle a quitté le toit d’étoiles, reste l’Automne qui procure la chute des cheveux des hêtres, des chênes, et déchaîne les avis et forces contraires, froid, écharpe, une note de plaisir s’échappe de ma gorge, rouge, je chante une mélodie de catacombe et tombe dans une mare sans canard… Depuis longtemps, je ne lis plus le journal, mais la vie est un livre ouvert, par chez-moi on y trouve de la poésie, la rue du bois d’amour, la rampe du merle-blanc, oiseau de pacotille, ma couette est ma brindille, alors le temps passe, bientôt le lourd manteau de neige, bientôt un rêve qui m’échappe, celui de montrer à l’enfance la chance d’être né, pas de classe, or du désordre élémentaire qui fait qu’une pâquerette empaquette une messe non dite en s’effeuillant sans surveillante, face au noroît ou aux suroîts les rois des vents, oh comme j’aimerais me rendre en Polynésie en famille au sextant, toi ma dame de nage et ton enfant sur une coquille de noix, Fou de Bassan ma particule élémentaire comment la taire, alors je me terre sous ton absence de sens, j’aime la Terre, et mon désir est de la voir y plonger mon âme, et y nager en compagnie d’animaux marins, et ouvrir une bouteille de champagne, pour te jeter un mot d’âme, mes amours…

Reflets du temps a lu : Et tu m’as dit, Selmy Accilien

Ecrit par Jean-François Joubert le 01 avril 2017. dans La une, Littérature

(éditions du Pont de l’Europe, mars 2017)

Reflets du temps a lu : Et tu m’as dit, Selmy Accilien

Selmy Accilien est un souffle, son dernier recueil, Et tu m’as dit, est une merveille, ce que j’aime dans son écriture ce sont ses trouvailles poétiques qui chavirent le navire d’un marin, tel le vent sur une voile au portant, vous suivez sa plume d’albatros, et entrez dans un monde atroce, son île, Haïti, celle qui tremble, lui orphelin a survécu mais il transcende, ses (je vais faire un mauvais jeu de mots) mots en maux, ses maux sont des fleurs des jonquilles, des camélias, et de l’ail des Ours comme celui qui nourrit les navires, il est en guerre contre l’injustice mais sa délicatesse de plume vous laisse pantois. Ce livre est la huitième merveille du monde, pas le jardin suspendu, disparu, son quotidien est délicat, on vit pas oiseau de sa plume, lui, il tente par les Editions du Pont de l’Europe d’entrer dans la légion d’honneur du poète, mais être poète c’est inné, pas acquis, il susurre et assure ses phrases, ses tournures, sans torture, il nous délivre de nos âmes, du drame de son quotidien, vole sur la stratosphère, éclaire nos larmes, Et tu m’as dit est un collier d’ambre, une bête dans un caillou, il ne joue pas, ne jure pas, il est « Vrai », ce recueil est comme un aileron de requin, il se dévore d’un trait rose citron, commencez-le vous allez lire du beau, un être qui s’exprime en vers libre, cherchant à nous dire quoi ? Qui ? Pourquoi, non ! Selmy devient un ami, de plumeau à la chasse à la poussière d’étoiles, il est pas une fulgurance, pas un moment de mollusque dans ses textes, il est lui, s’affiche poète, et mérite ce surnom d’homme de plume, d’homme de lettres, Monsieur Accilien, laissez l’encre sécher, vous n’êtes pas larmoyant, mais flamboyant !

Abri Sadi Carnot

Ecrit par Jean-François Joubert le 25 mars 2017. dans La une, Ecrits

Abri Sadi Carnot

Qui est cet homme qui un jour d’explosion, et pas de rire, va passer une nuit d’enfer dans sa ville de Brest le 7 Août 1944, quand l’abri fait pour protéger les gens de la ville sous les bombes alliées, la ville brûle. Un début de réponse ?

Le commandant se trouvait là, près de l’escalier, entre la rue de Siam et l’abri Sadi Carnot, il se souvenait de ce vaisseau fantôme qui hantait les marins, du Sud au nord de nos questions. La mer est source de mystère en son fond, mais aussi dans le ciel, orange orage, clair de plume. Pierrot le mousse, il était ce jeune garçon qui poussait le balai sur le pont d’ébène du capitaine, il avait vu la légende du hollandais volant, avait ri des mouettes et des goélands, de l’albatros, et du petit gris du Gabon qui hurlait « ta gueule sale con », c’était son surnom au petit. Il ne digérait pas cette période, où on le laissait faire le ménage, lui qui comprenait l’orientation, la déclinaison, les lieues, les éphémérides, toute la navigation astronomique et le fameux sextant, le bel enfant avait une cervelle, des méninges et on le laissait dans un hamac au fond de la cale du bord, sale et puant. Tous les soirs, il sortait humer l’écume, la pipe des marins, le rhum, et les jeux de cartes, et lui savait que la Terre était un œuf de dinosaure, un truc gigantesque et que seul le scorbut pouvait nuire à l’homme au regard vaillant, à l’allure droite et saine, qui jamais ne saigne du cœur, il savait que la lune reflétait le soleil et que jamais elle ne l’épouserait sinon nous serions cimetière.

Nuage, poussières, l’odeur de chair, l’explosion, conflagration, embrasement, le mal de crâne, et la rue morte, déserte, reste l’escalier, l’abri Sadi Carnot vient de sauter, oups, une étincelle et plus rien, plus de fleurs, disparue la Bétoine de mademoiselle Rose, son lotissement de chèvrefeuille, envoyé promené le Lotier corniculé, aplati le millepertuis, et j’en passe de peur que l’odeur pestilentielle de la viande se recommande, le commandant avait eu le nez fin, il s’était évaporé comme un soupçon d’alcool dans l’azote, envolé tel un macareux qui cherche son nid, prit la poudre d’escampette sur le chemin des alouettes quand d’autres connurent le grand virage, pire qu’un naufrage l’implosion d’une ville, le débarquement nous sommes le sept août 1944, les forces alliées veulent reprendre leur droit, le port, le château, la ville de Brest. Restent un saule pleureur et deux trois sapins, mais plus de corps tant la tempête, le vent des âmes, pleure sur leur silhouette, le ciel est pourpre c’est chouette se dit ma mère qui regarde cette misère en compagnie de son regard d’enfant de Lampaul-Plouarzel, le feu d’artifice est géant. Comment a-t-il fait pour survivre à la nausée, sans pleurer ? Tout simplement marche par marche, il sentait derrière lui le souffle de la mort, à ses trousses, la frayeur d’être balayé comme une simple poussière, alors il montait ces marches, pas une à une mais quatre à quatre avant de finir en haut, sauvé, et muet. L’escalier, le commandant est à bout de souffle, il se met dos au mur de peur d’une balle qui traîne d’un chambardement loufoque, et plus des phoques, ni des génois, il s’adosse à l’église Saint-Louis, pas encore en brique rouge, sang, mais lui teinté de vermillon, il crie à Dieu sa colère : « Qui es-tu pour laisser l’injustice sur notre terre ! ». Un cri si fort que les morts ressuscitèrent, un instant avant de trouver le grand couloir et la lumière du chemin, la longue voie de la béatitude.

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Ecrit par Jean-François Joubert le 15 octobre 2016. dans La une, Ecrits

Mots sur image

Je rentrai de l’école à pied, à vélo, chute dans le caniveau, et passai devant ce mur qui masque la vase, mer pleine, selon la règle des douzièmes… Jamais je n’aurais pu imaginer que sur ce mur, mon aïeul, Auguste, posait fièrement en compagnie de son fils, mon père Roger. Le Saint-Ildut à cette époque nourrissait la carrière de granit dont est fait le bourg de ce village et la rue du Rumorvan, maison de corsaire, d’armateur et d’amateur d’art puisque Monsieur Briot y tient son atelier, aquarelliste de renom… Bon passons, le temps est une verrue que je porte sur mon dos, papa naviguait, si peu connu, que cette lettre je la pose aux portes du vent, parfois violent, l’anse du Tromeur, est-ce ainsi que se nomme mon passé, personnellement, je meurs car je ne peux, ne veux y apposer ma pierre tombale, si tôt, les coups de pelles étaient pour les vers ; de beaux blancs sur l’hameçon de la mémoire afin de retrouver ce partage, mon père me tend une pelle, nous traversons un zeste de rivière, les pieds dans la vase, je suis si jeune, huit ans, et heureux de chasser de quoi appâter des lieues jaunes, et épater papa. Aujourd’hui, je suis un triste pêcheur, ne crois pas aux mots de l’église, ex-enfant de chœur, chieur à mes heures mais pas chialeur pour un sou, mes souliers crevés, reste ce zeste de souvenirs, où au café du port, sur la cale, l’équipe d’enfants se baignaient dès Avril, sortie de classe et hop, à l’eau ! Froide, je l’ignore, même la pluie ne nous arrêtait pas, ce gendarme aux baigneurs nous laissait fabriquer des jeux comme la course de crabes, et prendre de la hauteur pour plonger sur ce plongeon, je vous laisse entendre le vent des âmes, celle de l’aber qu’une fois les vaches furent surprises de croiser dans leur champ, des bateaux mal amarrés, le corps mort, laissaient apercevoir les veines du courant, sept mètres de marnage, à mon âge, je comprends le vecteur, à l’époque, insouciant, je ne savais pas que je finirai dans un champ, celui de Bohars, à imaginer la houle de cet Atlantique Nord, passage du four, mère d’Iroise, trêve, mon sang roule dans ce tableau sur cette image au papier glacé, la grève, je l’ai dans mes silences, chut, chute, machine arrière, la passé est évocateur, juste ce besoin de pleurer dans les bras de ma douce, et lui dire de ne pas m’oublier ! La suite à venir, la peur de revoir sa silhouette de marin confirmée, de l’autre côté du miroir, n’oubliez pas votre passé, comme ce jeté d’ardoise, un ricochet qui me nourrit car telle la Terre je ne tourne pas rond, mes fantômes sont présents de la tête au pied, moustache et canne, chapeau melon, et « Briseurs d’écumes » !

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