Articles taggés avec: Khalid EL Morabethi

Ismaël

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 30 août 2017. dans La une, Ecrits

Ismaël

 

 

J’ai tes yeux.

Avant que je le prononce. Invisible.

Je vois un fantôme dans une veine invisible.

J’ai tes yeux.

On ne se souvient pas. Invisible.

Je vois un fantôme dans une graine invisible.

Je ne sais pas rire. J’ai tes yeux et tes dents.

Noires au fond mais blanches. Invisible.

La pluie tombera dans ma bassine invisible.

Ismaël invisible.

Fils invisible.

Sans voix invisible.

La petite maison dans la prairie

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 19 août 2017. dans La une, Ecrits

La petite maison dans la prairie

Dans la petite maison dans la prairie le vieil enfant trouve que Moby Dick pourrait se trouver dans un autre univers ou une autre partie de l’univers

Dans la petite maison dans la prairie trois papillons font trois papillons font des rats font des hiboux font un herbivore adopté

 

Dans la petite maison dans la prairie le vieil enfant joue avec une minuscule ombre et pense que le cosmos est dans l’estomac d’une grande vache jaune et que tous les grands-pères tous les autres ombres tous les anciens soldats revenus du Vietnam le savent

 

Dans la petite maison dans la prairie

Il voit un fantôme, le fantôme d’Ismaël

Il dit bonne chance

 

Dans la petite maison dans la prairie

On l’a tué

Il y a mille ans

 

Dans la petite maison dans la prairie

Nous sommes quelque part

Où nous allons ? Où ?

H

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 15 avril 2017. dans La une, Ecrits

H

Vingt-trois, zéro deux. Les yeux de la daronne de quelqu’un et du hibou aux yeux bleus. Vingt-trois, zéro deux. Les yeux de H, habillé en noir et du hibou aux yeux bleus. Vingt-trois, zéro deux. Quelqu’un vit dans un carton, il respire, il n’a pas le droit de parler, il est en train de penser.

Vingt-trois, zéro deux. Mon hibou est assis dans mon propre canapé, en train d’improviser, en train de créer une image, en train de regarder mes yeux, il les trouve beaux, ça lui rappelle, ça lui rappelle, ça lui rappelle sa soif, son visage, son enfance, ça lui rappelle ses marches, son prénom, ça lui rappelle, ça lui rappelle une porte, ça lui rappelle la cuisine, ça lui rappelle un sourire, ça lui rappelle les yeux d’un ange, ça lui rappelle une tombe ou y a écrit « à Dieu mon ange ». Ça lui rappelle.

Vingt-trois, zéro deux. Un H qui brule les neurones, qui pèse des tonnes, qui dessine un Satan, qui dessine un bâton et des maudites fleurs de merde au jardin, juste pour ne pas dire que c’est beau. Un H qui brûle, H voudrait brûler le jardin, il voudrait brûler le carton, brûler l’air dans le carton, brûler ce qui est collé au crâne pour laisser vivre ce qui est à l’intérieur.

Vingt-trois, zéro deux. Mon hibou me regarde, parfois on passe une soirée tout entière à se regarder dans les yeux, sans rien dire, juste un sourire. H aime mon sourire, ça lui rappelle un hall de gare, ça lui rappelle une phrase de sa daronne « J’aurais dû te tuer, mais c’était trop tard ». H avait un cœur blanc.

Vingt-trois, zéro deux. Ça lui rappelle les frappes, ça lui rappelle le soleil rouge, ça lui rappelle le sang rouge, ça lui rappelle, ça lui rappelle des fleurs rouges, ils en avaient partout, ça lui rappelle ses larmes, elles en avaient partout. Ça lui rappelle.

Vingt-trois, zéro deux. Ça lui rappelle la réponse de sa question « Tu es un monstre ».

Vingt-trois, zéro deux. Ça lui rappelle la réponse de sa question « brûle tout ».

Vingt-trois, zéro deux. Ça lui rappelle sa fatigue.

H, s’assoit, il a faim, je vais lui faire à manger.

H, Haine, Hibou, J’aime la Haine.

Verbe

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 12 novembre 2016. dans La une, Ecrits

Verbe

Verbe être

Herbe verte

Le verbe dévertébré

L’herbe vertueuse

Le horla me regarde sous la paupière

Une sorte d’horla hors de moi

Neurones ne me dis pas que tu n’en as pas envie

Un verbe qui sort des neurones hors de moi les fioritures

Verbe déconjugué

Les nerfs avides

Un verbe avidifié qui coule des nerfs

Un verbe minuscule

Le verbe, minuscule enrobe verbe, un microbe

Robe un verbe dont on se vêt

Terre vernissage

Poussière et bouts de ficelles

Un microbe en parade

Le verbe, le crâne le verbe qui crâne

Un minuscule verbe qui sort du crâne jette un œil à l’arrière ne non surtout ne regarde pas ne

Minuscule accouchement

Mouche accouchement d’une mouche

M

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 01 octobre 2016. dans La une

M

Miroir, miroir, miroir regarde l’animal à trois têtes et qui a 5 doigts,

Il mange avec ses doigts, l’animal fait du bruit quand il mange avec ses doigts,

Des doigts qui bougent, des doigts qui avalent les mouches, des doigts qui avalent peu à peu la lune,

La lumière part

Une autre histoire du monstre voleur de dents et du sommeil chaque soir

Le cœur devient noir

Les ongles salissent les mouchoirs

Il entre

Il sort

Putain de merde, de bordel, de saloperie de conard

Il fume trois cigares

Et il mange…

Il mange avec ses doigts

Doigts, doigts, doigts, doigts, foi, choix, quoi, doigts de monstre

Monstre, monstre, monstre qui chauffe les poumons et qui entre…

Qui entre tout au fond du ventre,

Et ça chauffe

M, ça chauffe

M

Mon porc gris regarde le ciel

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 20 août 2016. dans La une, Ecrits

Mon porc gris regarde le ciel

Mon porc gris regarde le ciel

Il pleut

Il pleut sur la ville, sur l’individu, sur un taureau en or, sur un arbre, sur le poids des points qui attendent, sur les syndromes allongés les uns sur les autres, sur Œdipe, sur la foi, sur un cannibale qui mange son foie, sur une figure gourd,

Il pleut sur le poids d’une sensation sourde

Et il pleut…

Et il pleut sur une répétition lourde.

Mon porc gris regarde le ciel

Il se passe quelques choses

Il existe une cause

Une cause

La cause qui ressemble à une vieille dame

La cause qui a faim… la cause, la cause normale, la cause du grand mal, la cause du diable, la cause d’une vieille dame, la cause…  la grande cause du mangeur d’âmes

Il existe une cause

Il se passe quelques choses

Il existe une rose

Il y’aura une pause

Une minute

Une seconde

Une cause, une grande cause, la cause, la cause de la pluie

Il pleut.

Une virgule et un point

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 11 juin 2016. dans La une, Ecrits

Une virgule et un point

Une virgule et un point, un point et une virgule, point-virgule et un point, une virgule et un point d’honneur.

Une virgule à l’inverse, puis des mensonges mélangés avec de l’eau et des paroles d’honneur,

Un regard, une lumière qui murmure que c’est trop tard et des acteurs ringards,

Un autre regard, la lumière part et un bon acteur qui se lève, déchire ses vêtements et lance son doigt d’honneur,

C’est beau, c’est fort et ça sent les fleurs,

C’est beau, c’est fort et ça mérite une médaille d’honneur,

C’est beau.

C’est un oui !…

Un doigt d’honneur qui dit oui, oui, oui en inspirant, il est plus doux, plus beau, linéaire et différent,

Un doigt d’honneur qui fait battre le cœur et crée un sentiment différent,

Un sentiment d’angoisse souriant,

Un sentiment d’une pluie qui tombe dans la gorge du poisson,

Tout au fond de la sombre gorge du poisson… rouge,

Tout au fond de l’œil… rouge,

Tout au fond de la couleur rouge,

Rouge…

Une virgule à l’envers, un point rêveur et un doigt d’honneur,

Une virgule, les nerfs se forment, un point nageur et un doigt d’honneur,

Une virgule, les nerfs se forment, un monstre ça forme, un point sans sens, sans but, sans couleur et qui lance son magnifique doigt d’honneur,

Rouge…

C’est rouge

Un doigt rouge, indiscutable et qui porte un nom, un visage,

Un doigt rouge, au-dessus de la table, écrivant une fin au milieu de la page,

Alzheimer fait le tour de la table

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 02 avril 2016. dans La une, Ecrits

Alzheimer fait le tour de la table

Alzheimer fait le tour de la table

Entièrement nu et avant de se laver le visage,

Car il hait sa nature, ses vêtements et les anniversaires, il ne voudrait pas savoir son âge,

Alzheimer veut être piano,

Non pas un vieil homme méchant mais piano,

Non pas un grand-père qui attend son petit déjeuner mais piano,

Non pas un grand-père qui attend un coup de fil de sa fille mais piano,

Non pas le chaos mais piano,

Juste pour savoir ce qui se passera quand monsieur noir jouera la première note,

Juste pour savoir si la mort l’aime,

Juste pour savoir s’il est proche de l’idéal,

Juste pour savoir s’il peut encore avoir mal.

Alzheimer fait le tour de la table,

Sa femme lui dit qu’elle peut le laisser comme un sac,

Qu’elle peut le jeter comme une pierre au bord du lac,

Si elle le tue, elle serait seule, pensait-elle,

Si elle se tue, il serait seul, pensait-elle.

Grâce à un signe

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 06 février 2016. dans La une, Ecrits

Grâce à un signe

Grâce à un signe, une lâche réalité est venue à l’existence,

À cause d’un singe, les éboueurs écrivent des lettres d’absence,

Grâce à un singe, la ligne passagère a trouvé un sens,

À cause d’un singe, les étoiles de l’autre côté de la mémoire, perdent leurs puissances,

À cause d’un singe, les battements du tableau vide perdent leur présence,

À cause d’un singe, il a eu lieu des nouvelles naissances,

La naissance des pères qui mangent leurs fils pour être des dieux forts

La naissance des menteurs qui ont des papiers qui prouvent que l’autre avait tort,

Que le chat ne marche pas à quatre pattes,

Que la terre est plate,

Que les étoiles n’existent pas, ce n’est que des envahisseurs qui se préparent à une attaque,

Que l’homme pigeon sera mangé par un titan en fuite, à cause d’un maudit singe insomniaque,

À cause d’un singe, l’homme à cens tète prend ce qu’il a offert,

Entre parenthèses

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 04 janvier 2016. dans La une, Ecrits

Entre parenthèses

Entre parenthèses,

Entre une table et une chaise,

Le bon sauvage dessine à l’aide d’un bout d’allumette des personnages,

Le sage, le sauvage et la rage,

Ils ont la même couleur de peau, le même nom, le même âge,

La même marche, les mêmes discours et la même tournure dramatique des pages.

Le bon sauvage dessine des héros,

Il dessine des bébés singes et des zéros,

Il dessine une forme, une figure hypnotisée et l’inapprochable pomme,

Une forme, un parapluie et un sourire près d’un malheureux fantôme.

Fantôme, fantôme qui pense,

Et qui cherche le bon sens,

Et qui montre le ciel du doigt,

Ensuite, il s’en va, laissant derrière la radio, sa petite voix,

Il s’en va, laissant dans son bureau, un cœur qui bat.

Entre parenthèses,

Un papillon de passage,

Insouciant et qui part à l’abordage,

Pendant que les mimes sont dans l’attente,

Et les sirènes chantent,

Pendant que le diable vert sort du vacarme,

Et la pudeur vend son âme,

Elle qui pleure sous le voile diaphane.

Entre le soleil et son sang rouge,

Il y a du vent et un poids qui bouge,

Et toujours L’idée de la fonte et les sanglots du sirocco.

[12 3 4 5  >>