Articles taggés avec: Laurent Sagalovitch

Les siècles et les hommes passent, l’antisémitisme demeure (et demeurera)

Ecrit par Laurent Sagalovitsch le 28 avril 2018. dans La une, Actualité, Société, Histoire

Les siècles et les hommes passent, l’antisémitisme demeure (et demeurera)

Avec l’autorisation de l’auteur de ce texte, Laurent Sagalovitsch, publié sur Slate le 26 avril 2018 :

http://www.slate.fr/story/160909/les-siecles-et-les-hommes-passent-lantisemitisme-demeure-et-demeurera

 

Vous pourrez écrire toutes les tribunes que vous voulez, signer toutes les pétitions, passer votre temps à hurler votre indignation, rien n’y fera : l’antisémitisme perdurera aussi longtemps que le monde sera.

Il n’existe aucune solution finale pour lutter contre l’antisémitisme et mon pessimisme qui, je le crains fort, ne soit rien d’autre qu’une lucidité poussée à son extrême, m’incline à penser qu’aussi longtemps que le monde sera monde, l’aversion envers les Juifs continuera à prévaloir quand bien même cesseraient-ils tout bonnement d’exister.

Vous pourrez écrire toutes les tribunes que vous voulez, signer toutes les pétitions, les unes après les autres, passer votre temps à hurler votre indignation et clamer votre dégoût, rien n’altérera cette pensée répandue dans à peu près toutes les couches de la population et présente sous toutes les latitudes, que les Juifs dans leur ensemble sont une engeance nuisible au sort commun de l’humanité.

Ce coupable idéal

Il suffit de tendre l’oreille pour s’en apercevoir : alors que les Juifs représentent une portion microscopique de la population mondiale, une minorité tout à fait insignifiante au regard de son nombre, ils demeurent envers et contre tout cet immuable objet de fixation, de fascination et de répulsion vers qui tous les regards continuent de se tourner.

Pas une journée ne se passe sans qu’ici ou là ou encore ailleurs, on ne s’en prenne à l’un d’entre eux, soit pour le frapper, soit pour le tuer, soit pour l’invectiver, dans un parti-pris d’autant plus étonnant que la plupart du temps, le juif, si ce terme a un sens, a le goût voire même l’obsession de la discrétion et que rares sont les occasions où il ose se mettre en avant.

Il n’empêche : quelle que soit sa façon d’agir, quel que puisse être son rôle joué dans la société, sa manière d’être au monde, le juif demeure ce coupable idéal dont on se plaît à stigmatiser les fautes sans être jamais capable d’énoncer en quoi ces fautes pourraient bien consister comme si, par une sorte d’axiome métaphysique, il devait supporter sur ses épaules le poids de cette faute par ailleurs impossible à déterminer et de là inexpiable puisque imaginaire.