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Billet fou : Là-bas… les autres…

Ecrit par Luce Caggini le 23 août 2014. dans La une, Ecrits

Billet fou : Là-bas… les autres…

Les bruits de la ville se sont évanouis, des gens nouveaux se substituent aux gens d’avant, les pas sont comptés, les murs ont changé de visage, les grilles ne sont plus en fer forgé, les ors ont fondu.

Une sauvagerie presque cannibale s’est emparée des lieux. Les « si » tournoient dans une virtualité infernale.

Les murs ont bouché toutes les rues du possible.

Ils avaient tué, blessé et même pire, les braqueurs, les assassins, les terroristes. Devant nous, derrière nous.

Des hommes, toi, moi.

L’humanité en éclats.

Dans leurs quatre murs, ils ont pissé le sang de la cruauté et de la détresse.

Un univers caillassé dans la tête.

Un jour, un rai de lumière, venu on ne sait d’où a filtré depuis les ténèbres.

Compteur à zéro pour autant ?

Non pour les victimes…

Non pour eux-mêmes…

Enlisés dans leur planète à 400 millions de kilomètres de notre vie légère, ils glissent dans le silence des mots gargantuesques qui s’engouffrent dans leur tête et projettent les murs en éclats comme les rues de Gaza minées par des missiles.

Entre les parois de la honte, les agneaux du monde carcéral mondialisent la pensée, murissent doucement une chaîne de questions dans lesquelles une seule est, à mon avis, essentielle : par quel chemin de croix doit passer la réalité d’une rare  étroitesse dans le couloir englué de millions de paires d’yeux voraces uniquement désireux de crucifier une chair damnée, argileuse, immolée dans du béton sans croix ou autre signe du ciel ?

Mon motif de compréhension purement ingérable par Camus dont la justice a été muselée dans une cage unanimement dédiée à sa mère m’autorise modestement à être unie magistralement à mon agent de maîtrise de la purification des mots par lesquels une chose est sûre : aucune mort au monde ne se ramifie au restant d’une vie ad vitam aeternam sans que le sens de la partie la plus généreuse de cette vie ne soit enfin mise sous les feux de la rampe médiatique.

Billet fou : Le ciel est tombé sur la tête des enfants de Gaza

Ecrit par Luce Caggini le 16 août 2014. dans Monde, La une, Ecrits, Politique

Billet fou : Le ciel est tombé sur la tête des enfants de Gaza

Je vois passer les bateaux

Les peuples en prennent plein la gueule

Les gosses sont étripés

La douceur de l’été a disparu…

Comment me la couler douce dans mon abri insulaire, dans un monde où tout se déglingue, sauf les profiteurs de la République, les faussaires de la Pensée, les trafiquants d’ordures, pendant que les avions sont par terre, les enfants de Gaza avec leurs visages ravagés par les bombes, courent nu-pieds sur les pierres de la haine ?

Entre le monde de la voix du sonnet de Pétrarque et la musique des enfers il y a un été à Ajaccio et un pur oratorio de monades en folies prêtes à être managées par le malin.

Comme dans un rêve je parle à Antoni.

– Maman, même un rêve est une réalité, mais contrairement à la magie d’un rêve, c’est un mariage doré dans le rêve et maudit dans la réalité. Nous étions en vadrouille tous les deux mais tu étais médusée par un centre de combattants monstrueux qui menaient un grand assaut en plein milieu de la Mer Méditerranée amenant des méduses dans le ventre des femmes voilées pareilles aux magiciennes dans le royaume des Rois de la Perse du temps de Persépolis quand les conditions de vie dépendaient de Darius. Mais dans le conflit qui opposait Darius aux Dieux de l’Olympe, il n’y avait pas de missiles dans le ciel des Palestiniens et des Israéliens. Dans le ciel des Persans rien ne pouvait éclater si ce n’est les orages du Roi Darius.

– Dans mon rêve j’ai entendu le mot d’un enfant dire à sa mère : maman, j’ai peur ; mais nul ne l’entendait, car un agneau qui meurt ne fait pas de bruit alors que la cage des lions du cirque de Magic Circus magnifie le combat des tigres et des jongleurs de la mare magnétique du mal dans un géant monstrueux jeu de roués de la Mer Méditerranée, un conglomérat de nomades et de nomadiques murs d’incompréhension durement manipulés par de nombreux et dangereux musiciens regardant les engagements de toutes les forces diaboliques venues du centre religieux des uns et des autres mener les barres de mesure par milliers dans l’ordre du vent de la haine.

«  souvenirs d'été » : Un été sans frein

Ecrit par Luce Caggini le 12 juillet 2014. dans Souvenirs, La une, Ecrits

«  souvenirs d'été » : Un été sans frein

« Eté roche d’air pur »…
Vendredi 20 Juin Paris :
Je suis encore à la maison, chez ma mère. Six heures du soir.
Devant moi, recevoir ses murs vibrants en pleine gueule.
Hier à cette même heure je n’avais pas encore réservé mes chambres d’hôtel à Ajaccio. J’étais dans une autre saison où les informations qui me parvenaient se mettaient en quatre pour me dire mes destins les plus fous et les plus secrets.
C’était Aout 1914
C’était l’été 42
C’était le 21 Juin 2014 le jour où l’été de ma vie s’est pris pour un jeune homme avec une tête de printemps.
La première ville où je me suis présentée était dominée par ce que tous ses habitants prenaient pour une grande montagne, l’Adour, que nous appelions le Murdjadjo ou la Montagne des Lions. Chaque été elle avait son heure de gloire avec ses processions de chrétiens, de juifs, de musulmans, croyants, demi-croyants, incroyants, avec leurs paniers de mounas, de figues, de tomates, de pastèques.
Je ne me souviens pas que l’on ait mentionné de bouddhistes, je ne sais même pas si ce mot avait une réalité dans le vocabulaire des oranais. Pieds-nus, en espadrilles, en bottines ou en babouches, c’était les mêmes senteurs, les mêmes pierrailles et par-dessus tout le même ciel.
Comme le petit papillon qui se serait partagé en deux ailes, comme le rabbin dont les prières iraient déraciner deux petites herbes entre deux pierres du mur des lamentations, nouerait pour ne pas les perdre les deux pans de sa chemise de rabbin, la Montagne des Lions pourvoyait chacun de ses grimpeurs d’une mondanité de bénédictions magnétiques d’égale chaleur humaine.
Comme certaine saison qui n’arrive pas à s’en sortir, je n’arrive pas à y entrer dans cet été dont ses trois lettres, é-t-é, sont comme une nouvelle marque de fabrique pour ma vie.

Billet fou Ajaccio… « La Paillotte… Chez Gérard »

Ecrit par Luce Caggini le 05 juillet 2014. dans La une, Ecrits

Billet fou Ajaccio… « La Paillotte… Chez Gérard »

Je le dis, le redis, La Paillotte chez Gérard non pas avec le trémolo de qui vous savez mais avec la parole de compétence de qui vous ne savez même plus donner un nom !

Mener un combat de paille à Ajaccio, en Corse du Sud, c’est comme être dans le feu de la guerre de 14-18 mais sans les Allemands et sans les casques des pompiers.

Ce matin-là du 21 Juin 2014 une petite musique paillottine avait le parfum des herbes du maquis et des poissons de la Méditerranée ; un radeau somptueux dominé par le magicien du bord, Gérard, mûri à la magnificence romantique et parfois cruelle de la plus belle île du monde.

Gérard est une alliance d’artiste et de bienfaiteur d’artistes andalous qui se prenaient pour des corses exaltant leur corps et leur cœur à préparer des pépites de trésor artistique, imitant avec la plus grande modestie une rare armature de douces et mémorables œuvres en dorures napoléoniennes…

On se sentit accueilli.

Ce jour-là fut sûrement un jour consacré aux artistes qui se lançaient avec un parachute d’envie incompressible de revenir au pays.

Gérard dit de lui « je suis un marchand de limonades »… façon à la Corse d’humilité et de confiance car nous avons tout de suite su que cet homme-là était le seigneur des lieux.

Variante corse : vie est marginale, mort est plus marginale encore mais l’amitié ne vendrait son âme à aucun donateur de destins en marche sans son sac à main en cuir rouge dont le créateur ne serait un peu magicien !

« Paillotte  chez Gérard » vous avais-je dit ?

Axel-John et moi avons été enthousiasmés comme « fuocu a ceppa » !

Billet fou : Comment rattraper mes rêves avec des mots ?

Ecrit par Luce Caggini le 28 juin 2014. dans La une, Ecrits

Billet fou : Comment rattraper mes rêves avec des mots ?

Au château de la Maison de Savoie, il y eut un jour deux doux compagnons épanouis dans la plus belle région de France sous l’ordre de la Croix d’Honneur de Marie de France, narquois et moqueurs, se mirent à distiller des oursins et des limaces dans le double pur et clair désir de faire rire dans l’adoration de Dieu des agneaux et agnelles…

En effet rien ne fut aussi marginal que centupler et double centupler une Monalisa de trente ans en trente croix de magiciennes dorées sur tranches pareilles aux boiseries des murs de Marie de Savoie.

 

Dans une ignorance due à ma grande imagination de petite agnelle sans musical mélange et sans douceur de joie, je marie aussi bien les contours de ma Rue des Trois Marie qu’un ardent commerce des soixante réunions de compagnons de :

Doreurs

Miniaturistes

Musiciens

Ornithologues

Mathématiciens

Plâtriers…

Miroitiers…

Givreurs de cuivre

Imitateurs de peintres anciens

Mouleurs de plâtre

 

Donc que ce soit en do dièse ou en ré bémol, je donne à mon centième tableau de Monalisa le joli nom de Gaggini.

Le billet fou : Ode à mon père Antoine Caggini

Ecrit par Luce Caggini le 21 juin 2014. dans Souvenirs, La une, Ecrits

Le billet fou : Ode à mon père Antoine Caggini

Entre jade et vert melon, la tendresse du printemps.

Il y eut ce jour où j’ai touché ce que voulait dire BC-AD ; ce fut le premier déchirement, la foudre avait un nom, un prénom et moi, l’étamine, une suspension de points hachés, évadés qui n’arrivaient pas à se constituer en matière vivante, captifs qu’ils étaient de cette substance insondable, inflammable que j’entretenais et qui me devenait insupportable.

Je souffrais pour de bon.

Le brasier.

Une image pourtant s’imposait, délicate et grande, trouvait une petite brèche, entamant davantage mon état dévasté ; elle revenait, dans une clarté tendre, rythmée, comme un sceau de ce qu’avait pu être un bonheur innocent à l’instar de l’enfance heureuse : mon père cet éternel jeune homme avançait vers nous les enfants, exécutant quelques pas de danse sur la marche turque…

Je pense qu’il s’était engagé dans la vie pour protéger les siens et quelques autres aussi sur ce mode.

Il parfumait l’enfance de ce ton léger dans un enthousiasme oranais qui pour l’instant réduisait mon âme en miettes.

Je soumettais mon imagination à un enfer de questionnement.

Je voulais férocement recouvrer la senteur, le bien-être du bonheur dans le violon de David Ostrakh aussi avec un sens de communion.

« – Tu vois cette montagne, un jour je construirai ma maison là ».

Ce n’était pas une vraie montagne, la seule montagne que nous avions à Oran c’était le Murdjadjo, mais cette maison je la vivais avec lui.

J’étais venue au monde dans une vie arpeggionée d’amitié et de vents de douceur partout et dans le vert d’un petit melon sous l’ardent parfum de l’amour divin.

Un jour, j’en suis sûre, ce père-là remettra ma vie en marche, car j’en suis convaincue ce fut sa dense et rare mission sur la terre et au ciel aussi.

Rêves et réalités ne sont que rarement paramétrés par les hommes mais par Dieu.

Être en état d’apesanteur dans le cockpit d’un chemin de Damas dont les meilleurs jours sont encore à venir

Ecrit par Luce Caggini le 14 juin 2014. dans La une, Ecrits

Être en état d’apesanteur dans le cockpit d’un chemin de Damas dont les meilleurs jours sont encore à venir

Un mois de Juin est une promesse de liberté dans une chagrine parure d’hiver qui fut si long et tellement maussade en Ile de France. Mais Nissan est un joli mot pour naître à nouveau en adorant le condor des îles qui, de mémoire d’agnelle juive en perpétuel questionnement, mourante d’espoir de ne plus pouvoir utiliser ses dons de course folle à travers les mondes, décidant de redécouvrir la marée montante mugissante du grand aigle de Air France, célébrant le ciel et ses guematria du Nom de Adonout de lui donner la maîtrise de ses effrois, paraphrasant le Paraclet qui marginalise les fous, les monnayeurs, les magiciens de la Médiocrité et les voyous politiques pour durcir la prodigieuse parole divine : Amen

J’avais habité une île dont j’avais été dans le même temps la proie et l’esclave épanouie à cause de cette innommable terreur qui me transformait en paumée, camée juste le temps de ne pas exister pendant un vol de deux heures.

Mais un jour, portée par un projet éloigné de dix mille sept cent vingt-huit kilomètres, projet qui ne peut en aucun cas museler une amoureuse excitée de la vie, libre de cette ivresse facile qui laisse dévoiler les délires, les jouissances, les hommes à aimer, à laisser, les petites habitudes qui prennent tout à coup la transparence de ce qui n’a jamais existé pour rejoindre une douceur créée au travers de jeux de lumières et de couleurs qui n’auront que le temps d’une inspiration d’artiste et qui n’auront jamais connu ces forces de vie conjuguées au réel que chaque être sur terre est capable de sentir soit pieds-nus, soit en escarpins dorés dans une attitude gracieuse ou dans la rudesse des simples qui savent la distance qui sépare un raisonnement puisé dans un abîme de science d’un simple coup de bon sens.

Un jour, parce que « un jour » n’a jamais de nom sauf celui pour lequel vous êtes devenue la personne à laquelle il appartient, je vis passer dans le hall d’embarquement de Roissy l’équipage hiératique du vol qui allait m’emporter sur des ailes de séraphins qu’aucune turbulence ne saurait ébranler.

Les costumes traditionnels des hôtesses balinaises, leur beauté, leur allure de reine…

Les officiers beaux comme des dieux grecs relookés pour Singapour Airlines.

Tout a commencé dans les silences des tangos du siècle dernier

Ecrit par Luce Caggini le 07 juin 2014. dans La une, Ecrits

Tout a commencé dans les silences des tangos du siècle dernier

I

« Quand il fut enlevé au ciel »

Ce fut un rêve –

Était-ce – un rêve ?

J’avais beaucoup aimé les hommes, tellement aimé séduire les hommes.

Une vocation.

Pas besoin d’enseignement ça courait dans mon sang.

Le ciel n’était pas assez vaste, la terre pas assez chaude ; ma petite terre m’avait possédée ; moi je ne possédais rien et ça ! C’était ma richesse… une richesse jamais abandonnée, une richesse sans ISF.

J’avais frôlé un peu les sous, un jour, j’avais même acheté une voiture à NYC la payant en liquide…

Une Ford.

Ça faisait partie de l’aventure ; en fait, ce fut anecdotique quand j’y pense.

Comme une succession de décors qui m’entouraient, bougeaient avec moi…

Et la musique partout, tout le temps, pas une minute de vide ; des notes plein ma tête que j’étalais sur les murs…

 

La séparation d’avec les vieux jours comment appelles-tu ça ? David ?

– Avec plaisir ma mère adorée… mon meilleur souvenir de vie a été le mariage de être et avoir été, mais mon présent donne à mon passé le goût d’un rural jeu d’ours donnant des onagres à manger aux ogres sur le marécage de mon dernier parcours terrestre. Imagine un artiste magicien nu et radieux dont un ours aurait irrigué le corps embaumé de Mozart en le mitigeant avec des  viscères de chacal sans prendre la peine de bénir le mort et en le faisant tourner sur la broche des feux des roues de la Grande Muette des entrailles de la planète Finance.

 

David intervient sans que je le sollicite ; ce ne sera pas la seule fois, David interviendra spontanément chaque fois que je serai méditative. Moi je sais ce que je dois à ma mère.

Je vis dans ses murs avec une protection de béton armé de toute sa tendresse. Les murs sont d’un blanc immaculé, je les ai repeints moi-même ; j’ai posé des étagères partout, tout autour de la pièce du plancher au plafond. Aucun meuble, seulement des livres, des revues, des papiers, des dossiers, de la paperasse bien aimée, les mots sous la peau. Je vis d’eux. Mes meubles sont restés dans une maison éloignée que j’efface progressivement de ma mémoire. Je peux faire ça pour certains murs alors que d’autres se cimentent unitairement comme les piliers d’une vie de rubis voilés et parés de miroirs sans tain, murissant dans le jardin magique de Gambetta à Oran.

Carpe Diem…

Ecrit par Luce Caggini le 31 mai 2014. dans La une, Ecrits

Une entrevue élémentaire entre l’auteure, Kateb Yacine et Ajaccio, le premier Mai 2014

Carpe Diem…

Algérie 2014 m’apparaît comme un paysage mythique dont j’aurais eu une vision éblouie, surprise en pleine extase de ma jeunesse, en robe à fleurs à bretelles, espadrilles en couleurs, ambre solaire parfumée, soleil incandescent, dans un tango bleu cadencé pour n’émouvoir que les sables innombrables qui longent la mer de mon adolescence.

Tango bleu dans une cour de village à quelques kms de Mostaganem ! Une transmission historique !

Histoire de moi.

J’ai le vide dans le présent, la cité dans mes gènes, ma vision prise au piège d’une amourette en couleurs depuis le djebel Tarik jusqu’au Bosphore. Les minarets portent des croix, les synagogues aussi, celles que les hommes portent sur leur dos sans savoir qu’ils sont des frères couleur terre.

Kateb Yacine, mon amant de pays, tu as pris naissance dans mon ventre :

– « J’ai même adoré vénérer ta féminité en faisant mon devoir d’amant primordial ».

Yacine ton étoile couvre toute la sensualité de mon corps nomade, je cours derrière la djellaba, à humer tes pas, tes parfums. N’as tu pas découvert la viole de gambe avant la flute du berger de Kabylie ?

Nous cheminons main dans la main, nos corps enlacés dans une sorte de communion de notre appartenance pendant que les poussières de la terre s’entassent dessous nous.

Je te dis que je pars rejoindre l’île des cimes et des lacs, la terre de la violence qui ne m’a jamais quittée des yeux pendant que les anneaux m’encerclaient, gonflaient de bulles irisées les allées menant dans une partie de moi périphérique.

J’ai réuni mes mains en coupe et par trois fois j’ai bu l’eau de la Mer. Un geste en trois dimensions, initiatique, saisissant le cœur d’une réalité présente, pleine du vide que je venais d’accomplir. Le réel venait de toucher ma chair, mes sens, mon inner-self. Heureuse de ne pas trouver le mot juste, il eut été incongru.

Il y avait là du mystérieux, de l’humain, du non-humain.

Plénitude de cette inner-vérité dégagée du processus du temps.

Dialogue à quatre voix avec ma participation unie à celle de Dieu… (Jean l’Evangéliste)

Ecrit par Luce Caggini le 24 mai 2014. dans La une, Ecrits

Dialogue à quatre voix avec ma participation unie à celle de Dieu… (Jean l’Evangéliste)

« Au commencement était la Parole,

Et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu.

Elle était au commencement avec Dieu.

Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle ».

Pan… Pan… Pan… Pan…

Quatre coups de cymbales du destin des hommes.

La cinquième de Beethoven.

Jean, fils de Zébédée, comme Ludwig tu nous la joues magistrale mode majeur en 21 versets.

Donner le coup d’envoi à un tel billet c’est se jeter la tête la première dans un sac d’orties ou, au contraire se hisser au top d’un sujet qui, à ma connaissance, n’a pas encore vu le jour.

Mais en toute innocence, je dois avouer que Dieu m’a comprise d’un seul coup à ciel ouvert dans l’art de me fourvoyer à ma manière sans autre garde-fou que celui de l’amitié des lettres et des mots dont je suis moi-même le je et le jeu.

Donc je pose ma première question à « Jean le disciple que Jésus aimait » :

– Luce Caggini : Toi, Jean, celui des quatre qui a le plus de rêves dans le cœur, et dans les mains des clefs de rare métal, que dis-tu de mon ignorance à ne savoir de toi que ce que tu as bien voulu laisser deviner dans les quatre premières lignes de ton musical et radieux et magnétique évangile ? En quatre lignes du haut de ta jeunesse et ta beauté, tu ne nous laisses même pas le temps de nous retourner, prendre un petit café avec Mahmoud Darwisch ou Camus et tu nous l’assènes comme un qui ne doute de rien et surtout pas de toi ! Pourtant tu es un tendre non ?

– Jean : Ma chère amie, en trois mots, je te le dis : 1, mets la pédale douce à ce ton de magnifique inaptitude à interpréter mes quatre premières lignes ; 2, sois un peu plus maline pour comprendre le mot « commencement » ; un contretemps de quelques milliards d’années me sépare de ce fameux commencement dont le mot « an » est le trait d’union ; 3, mon amitié amoureuse des agnelles et des agneaux de mon ami Christ peut te choquer mais je suis entièrement numérisé comme un grand page de la chrétienté alors que je suis un nomade comme lui, comme toi, sans plus de caractère que Marc et Mathieu ou Luc dont je ne sais qu’une chose : ils ont été des marins marcheurs, des groupies valeureux mais dans une grande omerta dans les moments difficiles de Christ. Dans cette magnifique cargaison de mages et de pages, beaucoup de belles et jeunes femmes nous ont montré la beauté et la vie et furent la lumière des murailles de nos incompréhensions des paroles du Christ. Donc, petite lune de mon cœur n’unis pas les agnelles et les agneaux dans un même sac de donneurs de leçons du monde des Béatitudes avec le monde des myriades de valeur christique de la Beauté de la musique céleste des Rues de Jérusalem.

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