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Pink Apocalypse

Ecrit par Patrick Agostini le 16 juin 2012. dans La une, Ecrits

Pink Apocalypse

Et les cieux étiraient dans les nuées leurs filasses gommées. Les dieux marchaient sur la tête et les hommes, tout comme ceux de naguère, continuaient leurs outrages.

Les mots nous disaient de nous taire.

Les mots d’ELLE disaient de LUI « terre ! »

 

Elle hurlait à tire larigot à tue-tête nos maux que bénigne la terre bénissait, nourrissait et buvait, pourpre agencé de sillons crus, de larges cicatrices que des armes fourbies contre le sang des autres creusaient.

 

Chaud, le soleil au zénith pourtant donnait son show. Et le vent, exaspéré de tant de suffisance, s’incurvait, mollasson, dedans les voiles impies d’autres songes vénaux.

Fifteen hours in the lobby, Chaek, sans pévisions ?

Ecrit par Patrick Agostini le 20 avril 2012. dans La une, Musique

Fifteen hours in the lobby, Chaek, sans pévisions ?

L’avait-il prévu, ce retournement, ce regard inside et lointain, cet abîme revisité, cette beauté aussi spectrale que proche à l’oreille, païenne, tendue entre clair-obscur, entre pères et fils ou tous les enfants du monde… La question brûle : s’est-il surpris de cela ?

"Fifteen Hours in the Lobby".

On peut se demander ce que l’homme tentaculaire doit à sa dame araignée… Où en est l’étrange filiation ? Qui finalement a dévoré l’autre ? Et s’ils allaient de pair, alliés dans le berceau de la toile tissée, s’ils venaient à nous, simplement avec la paix dans l’âme, la paix dans l’homme ? Qu’en est-il des affres excommunicatoires hurlées à la face du monde, blessures jetées, projetées, ne lui déplaise, du double tranchant de cordes saturées, à l’extérieur, sillet tumultiforme et riffs incendiaires, à l’intérieur, glotte tendue de barbelés, âpres sanguines bouleversées bouleversantes; béances, impérieuses et vertigineuses ? Aujourd’hui Cheikh Yussufa Sylla met comme toutes les sylla…bes à son nom et dans le spectre de sa voix !

"Fifteen Hours in the Lobby"

Cet opus intime, Cheak le sort, en entrant, en lui, comme un voyage au tréfonds qu’il nous livre avec délicaresse, comme un bouquet d'pleurs du désert, un road movie pas si peinard, de Jim Jarmusch à Martin Luther King.

Rendez-vous manqué

Ecrit par Patrick Agostini le 23 décembre 2011. dans La une, Ecrits

Rendez-vous manqué

 

Je crois que j’ai souhaité qu’elle ne vienne pas. Oui, peut-être l’ai-je souhaité un bref instant, dans la tourmente de mon esprit qui balance et chavire. Entre deux bouffées précipitées de tabac trop sec, je jubile et je m’inquiète. Du coin de l’œil, je guette la grande aiguille qui grappille sans gaspiller dans la pendule le temps de l’impatience.

Au bar, deux silhouettes indistinctes et que je n’entends pas discutent sans faire de bruit. Pour trouver de la contenance, je furète dans ce sac posé contre ma hanche, sur la banquette.

Les objets, le papier, tout ça n’a plus d’avenir. Si elle vient, elle sera dans le passage (pas sage) ou très près de moi, trop près et je n’y suis pas prêt.

J’ai choisi la plus mauvaise place, qui la jette presque à la rue, à l’entrée, portes grandes ouvertes. Pourtant, je n’irai pas ailleurs, préférant me casser le cou pour épier les passants tandis que me dévore l’envie de me lever, partir, goûter l’amertume des rendez-vous manqués, imaginés, imaginer ne pas lui en vouloir, une seconde, j’attends encore une seconde !