Droite ; mes condoléances…

Ecrit par Martine L. Petauton le 26 novembre 2016. dans France, La une, Politique, Actualité

Droite ; mes condoléances…

Simple comme faire un  billet aux lendemains de la Primaire de Droite ; saison 1, certes, mais que va nous apprendre de plus la saison 2 de dimanche en huit ?

Je n’ai évidemment pas sorti mon parapluie hier, pour aller mettre mon nez de Gauche dans les affaires de la Droite, et le garderai itou au chaud le week-end prochain. Chacun chez soi et les vaches – je ne sais – mais en tous cas, le temps politique pré-présidentiel sera bien gardé.

Au soir de cette nuit, aux longs couteaux mal dissimulés – les yeux de Dati, un régal ! – un constat cerné comme Institutions en Ve République : la France de droite ne veut plus du président mal élevé, ne veut pas du centre de cet autre – pouah ! Mais veut assumer sa droite décomplexée, tant dans l’économie – haut les cœurs, Thatcher ! – que dans les mentalités : hardi les anti-mariage pour tous et ce qui est autour. A peine l'homme de la Sarthe élu, les drapeaux bruyants de «  Sens commun » ont retrouvé le pavé ; ce sera certainement difficile de les néantiser dans une éventuelle présidence Fillon ; qu'on garde bien l'info sous le chapeau...

Résumer doit pouvoir être un exercice ici à la portée de chacun : Il était une fois, en ce pays de France dirigé par les diables sociaux démocrates en folie, une famille politique, la Droite de gouvernement. Commencèrent au début, comme il se doit après les défaites douloureuses, par se déchirer – un film d’épouvante ; du Copé, du Fillon, à la manœuvre. Observèrent ensuite le retour de leur chef de meute déchu, reprenant avec bel appétit le manche du Parti sous les applaudissements énamourés de ses fans. Du Sarkozy-énergie-envie ; un pléonasme. Virent il y a bien deux pleines années, au tournant de la A10 (celle qui vient de Bordeaux), arriver de son pas de sénateur chaloupé et doux comme  démocratie en Ve République, Juppé, un Alain que des foudres pas toujours bienveillantes, ainsi qu’un séjour au pays des grandes neiges écolos, avaient carrément sorti de son « Droit dans mes bottes » d’antan. N’entendirent pas, ces derniers jours, visiblement, Fillon le silencieux, le ruminant, tapi dans le bocage d’une Sarthe humide et froide comme le veut cet hiver 2016 entrant. Celui qu’en avait enduré à n’y pas croire, sous les sarcasmes et plus que ça de son Sarko de président. 5 ans de mal au dos, autant dire, de plein le dos. Un modèle psychosomatique, à lui tout seul, ce François-là. Un bosseur méthodique à moins que légèrement maniaque, un catholique affiché en couleurs, un conservateur qui fait sa pelote, laissant dire pour autant un peu partout que sa clique à lui, c’était le Gaullisme social, via Séguin, feu son mentor, comme on laisserait sur le menu ce magret de canard, que, non, on ne sert plus ce midi… Depuis hier au soir, l’interrogation nous taraude : Philippe Séguin (et le respect qu’on lui doit) aurait-il voté Fillon ?? Ah ! Condoléances…

Les sondeurs baissent l’échine – avaient guère entendu, eux non plus, et c’est difficile pour la profession, dans la foulée de Trump. Condoléances, messieurs, mesdames ! Ne confondons pas tout, pour autant ; sonder des gens qui ne sont pas dans le champ électoral habituel, dont le « j’irai, pour faire ça, j’irai pas… » échappe à quasi tout, c’est à peu près aussi facile que d’attraper la dernière carotte qui se tapit au fond du pot, dans le bouillon gras qui glisse sur l’écumoire. Pareil pour les médias, qui n’ont vu venir ni Trump, ni Fillon, et évalueront, sans doute demain, mal la distance entre le char Le Pen et nous… Parce que seulement parler de tout, une fois la chose arrivée, bon… Sont dans deux manœuvres contradictoires, ces gens : se faire le héraut qu’aurait le soleil dans l’œil en haut de la tour de garde, et bavasser sur le cheval de Troie lorsqu’il est dans la place… la pythie ne fait décidément plus partie de leur bande de scoopistes ; qu’on se le dise ! Et, là, foin des condoléances !

La presque seule certitude qui se présente finalement après Fillon-le choc, c’est qu’il existe dans ce-pays-de-France-dirigé-par-les-diables-sociaux-démocrates-en-folie-et…aux écoutes, des foules sorties des profondeurs, pas décidées à suivre de quelconques consignes de vote, à méditer sur la nécessité d’un éventuel front contre un mal qui gagne (le Dit du Raffarin, agitant la menace Le Pen, sonnait hier dans un vide sidéral) à raisonner et à peser. Comme dans les vieux films qui font peur, ils avancent à la « poussez-vous, on passe », sur le dos, quelques écriteaux anciens, du type « à nous ! », sentant le rance des vieilles rancœurs, et dans leurs œillères, une seule direction, la leur. Médusés, les autres – ahurissement des Juppéistes, bouderies infinies des Sarkozystes, grand nez sentant le bon vent des 3% du Lemaire – glapissent et pleurent : d’où ça peut venir un Filloniste ?

De quelque part, de chez vous, assurément. Et – mais, tellement moins – de chez moi, sur les bords de la tarte chantilly qu’est arrivée hier ; part citoyenne qui nous revient à tous, laisser filer le sens du politique, entre autre…

A part ça, on apprend que la France est vraiment bien à droite, mais qui en doutait ?

Allez, condoléances…

 

le 21 Novembre 2016

A propos de l'auteur

Martine L. Petauton

Martine L. Petauton

Rédactrice en chef

 

Professeur d'Histoire-Géographie

Auteure de publications régionales (Corrèze/Limousin)

 

Commentaires (1)

  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    26 novembre 2016 à 13:17 |
    Oui, ce fut une nuit des longs couteaux, mais à l’échelle – réduite ! – des protagonistes : un Sarko en Rohm ayant subi une cure d’amaigrissement et un Himmler/Fillon déguisé en enfant de chœur…bref, plutôt une nuit des goupillons de la messe de minuit ; du comique troupier plutôt que du grand guignol.

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