Ecrits

Recueil de poèmes courts

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 17 février 2018. dans La une, Ecrits

Recueil de poèmes courts

Les vieux ont un sourire

comme une ride en moins

des mots rassis du temps

que l’on mange

comme du pain

 

Rapiné

rappareillé

rapiécé

combien

de points de suture

au cœur

qui souffle sur les bougies

encore

et encore

 

Le chagrin est d’automne

et tu portes le masque

 

Un vent à déboiter les rêves

à faire pâlir le vin de messe

un vent

qui croque comme l’ogresse

dans des états d’âme

en épave

 

Le chagrin est novembre

Plaisir qu’on se le dise

Recueil de poèmes courts

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 10 février 2018. dans La une, Ecrits

Mots d’amour et d’hiver (10) « une grosse femme s’arrête…

Recueil de poèmes courts

Une grosse femme

s’arrête devant moi

Elle sent mauvais

elle sent l’humanité

Je la respire

pour me souvenir

 

Ma poésie

c’est marcher

rêver

mettre les yeux partout

partout

dans l’invisible

 

Mer

Naissance

pays des origines

Mer

notre première peau

notre âme

mise à nu

Recueil de poèmes courts

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 03 février 2018. dans La une, Ecrits

Mots d’amour et d’hiver (9) : « la lune cendrée sourit dans mon oreille…

Recueil de poèmes courts

La lune cendrée

sourit dans mon oreille

La lune

pour amie

quand le nuage est lourd

 

Je suis né

sous ta main

corps ouvert

doucement

profond comme l’amour

 

Je suis né

sous tes yeux

Un ciel

pour soulever

des rêves à faire encore

 

Je suis né

voilà tout

quand

tu m’as désigné

Pas à pas les palabres

Ecrit par Gérard Leyzieux le 27 janvier 2018. dans La une, Ecrits

Pas à pas les palabres

Pas à pas les palabres s’emballent

Sous les palmiers des plages de sable étal

Le rôle des vents de printemps sur le silence

Passent de blancs goélands impassibles

Ils chantent par-dessus les mots envolés

Paroles retrouvées au retour des années émiettées

Sur la bouche des sensations ailées

Pendant que sous la pluie des regards ébahis

Apparaissent les égarements d’outre-vies

Et que phrase à phrase s’entrechoquent des vagues d’impressions

Dans la polyphonie des voix aux sonorités sublimées

Recueil de poèmes courts

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 27 janvier 2018. dans La une, Ecrits

Mots d’amour et d’hiver (8) : « tu as rompu le pain… »

Recueil de poèmes courts

Tu as rompu le pain

d’amour

 

Miettes d’un moi

grappillages de cœur

essentiel absolu

 

Aime-toi toi-même

et la vie t’aimera

 

Par-dessus tout

par-dessus le ciel

j’irai sur les chemins

qui mènent

jusqu’au nid

 

où se couche

l’Essentiel

 

Le vertige est un leurre

qui n’habite que le sol

Recueil de poèmes courts

Ecrit par Emmanuelle Ménard le 20 janvier 2018. dans La une, Ecrits

Recueil de poèmes courts

Mots d’amour et d’hiver (7) : «  les mots sont là… »

 

Les mots sont là

dans

tout a été dit

Les mots jamais fatigués

de renaître encore

dans la bouche d’un monde

qui s’essoufflera

 

Sois seul

et tais-toi

puisque la nuit le veut

mais ne résiste pas

aux mots

quand ils te parlent

 

My eyes tell you everything

so take the words

you need

take the words

you love

Simple comme Van Gogh

Ecrit par Khalid EL Morabethi le 13 janvier 2018. dans La une, Ecrits

Simple comme Van Gogh

Bonjour, c’est simple comme Van Gogh.

Au nom du fils du taureau en or et de la chatte à la voisine, il faut que ça soit original.

Bonjour, vous voulez que ça soit beau, donc ça ne sera pas du tout orignal.

Bonjour, vous voulez que ça soit fort mais la faiblesse d’un texte est toujours originale.

Bonjour, vous voulez un thème, malheureusement il existe, et un jour ça ne sera pas du tout orignal.

Bonjour, voilà, vous comprenez maintenant pourquoi.

Au nom du fils du premier gorille et de la chatte de madame, il faut un premier problème.

Bonjour, je suis un singe sage et le sourire c’est la rage, voilà, vous comprenez maintenant pourquoi tout ça se passe dans une cage… personne ne sait si c’est à cause de moi ou juste comme ça… ne cherchez surtout pas à comprendre car ça ne sera pas du tout original, c’est la nature.

Au nom du fils de quelqu’un et la chatte originale, je cache le soleil dans mon dos et je dis que je m’appelle Bélial.

Bonjour, je suis comme une fleur, celle qui ne ressemble à rien, celle qui ressemble à un fantôme dont on sent la présence, dont on entend la voix mais dont on ne comprend pas le sens.

Bonjour, pour que ça soit original, il faut que j’assassine l’idée d’être… c’est le premier problème, il faut que j’assassine mes pensées.

Bonjour, pour que ça soit original, j’étais là, il y avait du bruit et chaque jour c’était à cause de… et je ne savais pas que j’étais toujours là.

Bonjour, si je meurs, ça sera original, vous comprenez maintenant comment ça va se passer et une fois que j’ordonne aux sens de ne rien dire et de partir apprendre à danser, ça ne sera pas du tout original.

C’est simple comme Van Gogh, c’était moi depuis le début.

Aahd l’absolution

Ecrit par Ahmed Khettaoui, Yasmina Warda Blidia Blidia le 13 janvier 2018. dans La une, Ecrits

Aahd l’absolution

Aahd tu es l’absolution

Ô que ce levant devient jaloux

de ton doux sourire

de tes douces prémices

pour purifier la honte

Ton doux sourire

poussa

l’aube pour qu’elle se révolte

étincelle de tes beaux yeux

et la voilà

Elle l’alluma

Ce triste levant

surgissant d’un recoin rayonnant

à bord de tes douces lèvres

Un doux matin tomba

telle une Grappe

telle une récolte fertile

Tes tresses

 

Et puis 2018 deviendra souvenir…

Ecrit par Sabine Aussenac le 06 janvier 2018. dans La une, Ecrits

Et puis 2018 deviendra souvenir…

Il y aura des senteurs et des fruits ribambelles, rouges fraises des bois au détour du sentier, ou simplement oranges de cent clous piquées.

Il y aura des douleurs, des tristesses et des deuils, quand s’en va dans la nuit un grand-père épuisé, quand famille en aciers sur l’autoroute explose.

Il y aura des combats, des regrets et des doutes. On se retournera, on quittera la joute, et puis on reviendra, rage au cœur, vers le ciel, pour tonner ou maudire, pour supplier parfois, parce que vaincre est humain et que l’on perd souvent.

Il y aura des sourires, des inconnus qui passent, des regards échangés comme braise au foyer, et puis des vins levés, des anneaux, des nuits pourpres, quand on peut rire encore des défauts des aimés.

Il y aura des oiseaux, des brindilles croisées, des cigognes envolées vers l’Afrique enchantée, des moineaux qui pépient, des pic-vert qui dérangent, des coucous querelleurs et des mésanges azur.

Il y aura le patron, qui bougonne et qui tonne, l’inspecteur qui fulmine, le banquier qui maugrée, les impôts qui menacent, les huissiers griffes au vent, et puis les contredanses et les agios grinçants.

Il y aura les frontières envahies de guenilles, les enfants égarés qui appellent « maman », les barbelés meurtris de tant de corps souffrants, les navires qui béent après tous les naufrages, quand les yeux grands ouverts fixent les océans.

Il y aura le repas pour les vieux qui grelottent, les maraudes en hiver, pour donner soupe et riz, il y aura les sourires quand le chien affamé lui aussi a un os, sous la tente gelée, il y aura les espoirs de recouvrer un toit, ou tout simplement la dignité d’être vu en humain.

Il y aura les week-end, cotonneux sous la couette, fleurant le chocolat et les croissants au lit, ces heures au goût de temps, ces lectures immenses quand le salon se fait réceptacle du monde, et tous ces bains moussants aux galets vanillés.

Il y aura les lundis, le métro aux scories, les puanteurs des villes qui nous crachent au visage, les visages éteints, les passants renfrognés, les voitures qui passent comme mille furies, et ces longues semaines aux senteurs d’agonie.

Le Tout bon des Reflets : Salaisons d’hiver, bonne heure de Noël

Ecrit par Lilou le 09 décembre 2017. dans Ecrits, La une, Gastronomie

Le Tout bon des Reflets : Salaisons d’hiver, bonne heure de Noël

Et c’est ainsi…

Début décembre est presque la date ultime pour envisager les bonnes choses étayant les raisons de fêter en avance le plaisir de voguer les cheveux dans le sillage du père Noël. Soyons clairs sur les principes ! En cuisine comme en Gascogne, Noël commence au début de décembre quand la pensée se repose enfin sur le nombre de convives, le choix des bouteilles et l’heure du premier Floc que l’on préfèrera toujours selon ses goûts et sa liberté de toucher à tout. Et rien que pour ça, autant ouvrir dès à présent une intention de mêler aux préparatifs une première mise en bouche, rouge pour ma part et épanouie en bas-Armagnac où rien d’autre que le bonheur n’y a jamais poussé. Les vignes s’élevant dans une solitude pleine d’autant de ferveur, ça se fête !

Faut être sérieux dans sa pensée. Noël s’étale sur plusieurs jours et selon des montées et descentes faisant ressembler ces jours d’agapes à une sérieuse étape de montagne (pyrénéenne) du tour de France. Mais plutôt que d’en dire trop, concentrons nos préparatifs sur les 48 heures entourant le passage du type en rouge. Si je compte bien, ça nous fait 3 apéros majeurs, 3 entrées de première catégorie, 3 sessions d’ouverture d’huîtres et 3 escalades par la face nord de viandes et de poissons élevés en pleine nature et au grain dans l’unique intention d’agrandir les sourires de ceux qui se retrouvent plus que jamais réunis.

Pour les huîtres, ce sera simple et on peut donc ne pas y penser de suite. Elles sont toutes bonnes, même celles qui donnent du mal à l’ouverture. Un conseil malgré tout pour ce délicat passage : quand vous ouvrez votre douzaine, pensez qu’elles n’aiment pas les vins du sud. Concluez ce triste constat en vous préparant tout à côté une solide rasade de Riesling voire bien davantage si la bourriche se conjugue au pluriel. Cela aura le double mérite de rentrer plus tôt dans la danse et aussi de désinhiber le huitricide invité de passage et qui éprouve autant de mal à gouter de l’animal que le viandard en éprouve à arracher la salade à son milieu naturel. Mais bon, lesdites huîtres étant encore en bordée du côté de la Normandie, de Marennes ou de Bouzigues, ne vous concentrez pour les 3 semaines qui arrivent que sur cette rumeur alsacienne au tanin aussi fruité que surprenant (quelle merveille que de sentir toute l’Alsace rentrer en son palais aurait psalmodié Louis XIV sirotant une coupe et signant négligemment le traité de Nimègue en 1679). Pour ce faire, goûtez et goutez encore ! D’ici 3 semaines, il en restera toujours quelque chose si ce n’est pas une certitude gasconne en forme de vérité historique !

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