2001, l'Odyssée de l'espèce de ...

Ecrit par Yan Le Gat le 08 avril 2011. dans Ecrits, La une, Humour, Cinéma

2001, l'Odyssée de l'espèce de ...


Si 2001, l’odyssée de l’espace vous a paru énigmatique, c’est que vous n’avez pas perçu le sens caché qui sous-tend ce chef d’œuvre absolu de la SF selon Kubrick. En fait, 2001, c’est l’histoire de l’homme et de la technique. Résumons : le début commence par un rêve. Celui que fait un homme préhistorique du fin fond de sa grotte. Il s’emmerde grave ; ses potes sont des gros bourrins, ils ne pensent qu’à chasser le mammouth et engrosser les femelles. Par désœuvrement, il implore les dieux qui lui envoient un écran plat tout noir pour regarder Lagaf. Sauf que lui, il sait pas comment ça marche les écrans plats, et il pense (à juste titre) que les dieux se foutent de sa gueule ; alors, de dépit, il jette un os, genre fémur d’auroch, qui se tranforme en … vaisseau spatial. Ben quoi ? Pas de problème. Nous voici donc dans l’espace, le pilote de la navette a fumé de la poudre de Kevlar et virevolte dans tout les sens en écoutant du Rondo Venezziano. Hypnotique. Ensuite, des cosmonautes déguisés en cyclopes retrouvent l’écran plat sur la lune ; problème, c’est carrément « has been » ce genre d’objet. Dans le futur, les hommes préfèrent fabriquer de gros ordinateurs surpuissants qu’ils réduisent en esclavage. Nous suivons alors le parcours de HAL, le PC le plus frappadingue qu’on n’ait jamais inventé.

Le bousin nous fait une petite dépression et voudrait bien, comme les êtres humains, faire un circumjogging dans l’espace ou se cuiter la tronche avec ses potes sur Sybaris. Gros pétage de diodes, HAL se révolte et commence à zigouiller tout le monde dans la station spatiale. Le plus grave, c’est qu’il refuse désormais de râper les carottes et de faire le café. Du coup, ben, on le débranche. Ouah, c’est gore. Alors là, le cosmonaute survivant en a vraiment ras le bol du monde moderne et se dit qu’il aurait dû plus réfléchir au concept heideggerien « d’arraisonnement » ou jeter un coup d’œil sur la pochette de l’album des Who,  Who’s next¹. A nouveau, ne pouvant rien faire d’autre dans ces cas-là, l’homme se tourne vers les dieux qui l’envoient dans une chambre du 18e siècle. Sauf que le gars, rebelote, s’ennuie à mourir (au sens propre comme au sens figuré). Un jour, il se réveille et, ô miracle, l’écran plat est revenu. « Chouette, je vais pouvoir mater  les feux de l’amour » se dit-il. Oui mais. On le branche où, ducon ? Alors, y a plus qu’à attendre l’invention de l’électricité. Et ça dure, ça dure. Le mec est tout fripé, il mange avec une paille et ressemble au monstre de C.H.U.D. Au final, il en a assez et les dieux aussi. Stop, ça suffit. Il redevient un embryon qui flotte dans l’espace interstellaire bien au chaud dans son placenta. Ben oui, tant qu’à faire, comme ça, on évitera de faire des conneries et surtout de faire chier les dieux qui en ont vraiment plein les bottes de l’être humain. CQFD.

¹ Sur cette pochette, le groupe prend le monolithe noir (l’écran plat) pour une cagoince commune.

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Yan Le Gat

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Commentaires (5)

  • Fouad M

    Fouad M

    18 avril 2011 à 19:01 |
    Vraiment drôle comme lecture filmique, simplement épurée du volet métaphysique,largement fictionnel pour titiller la subjectivité du public.

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  • patheydon

    patheydon

    11 avril 2011 à 21:41 |
    Je n'avais pas vu cela comme ça, mais il est vrai que prendre le bunker des Who pour un écran plat livré par DHL (Dieu Himself Legat) nécessite une forte ingestion du poème symphonique de Strauss. Tu as dû en abuser et confondre Heidegger et Nietzche .Mais c'est moins embêtant que de buter sur le lézard kubrick en le transformant en césar lubrique. Salut l'artiste.

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  • Martine L

    Martine L

    09 avril 2011 à 09:08 |
    J'ai bien reconnu tous les passages de ce film, unique ( mais, là n'est pas la question ) ce qui prouve que, oui, vous l'avez bien vu!! avec quelles lunettes ? Celles de 3D , ou pire ! votre 2001 est régalant ; allez encore au cinéma!

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  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    08 avril 2011 à 22:15 |
    Savoureuse satire d’un film culte, qui, bien sûr, pour faire rire, est obligée d’évacuer le mystère et de prétendre avoir tout compris….On perd en poésie ce qu’on gagne en drôlerie.

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  • Olivier Sautjeau

    Olivier Sautjeau

    08 avril 2011 à 19:46 |
    Comment.......
    Je...Oui,...on peut peut-être voir le film ainsi, l'oeuvre est tellement riche et ouverte que...Mais, je me pose une question: n'auriez-vous pas visionné "2001" derrière le monolithe noir?...Ou bien...L'auriez vous vu en 2100?!! En ce cas, vous en savez bien plus sur ce film et tous ceux qui suivent, que moi et mes contemporains, et vous prie de recevoir ce commentaire en ami Monsieur Marty Mac Flyan Le Gat.

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