Ascension : Un centième de seconde entre intemporel et complément d’enquête

Ecrit par Luce Caggini le 30 mai 2015. dans La une, Ecrits

Ascension : Un centième de seconde entre intemporel et complément d’enquête

Pendant un moment j’ai été inquiet et puis Christ est venu me prendre dans ses bras, c’est alors que mon corps a été abandonné et que je me suis senti en pleine joie.

J’aime ce mot : métamorphose. Il s’agite dans chacun de mes gènes, entre deux gestes, dans le son de ma voix que j’éprouve pour être aimable, hargneux, directif, sec ou totalement neutre. Toutes ces facettes qui peuvent me convenir ou m’assaillir me contiennent autant que je les gouverne.

Métamorphose d’un galet !

Des millions d’années et d’apprentissage ; des vagues de vagues incessantes, inaltérables, croissantes, mugissantes, ordonnées, éparpillant des milliards d’idées folles à la surface d’un petit géant pris dans le flux d’une omerta pensante et jurant de ne jamais plus être virée de la côte.

Agité inondé piraté par le mot métamorphose, le jour où j’ai découvert mon corps n’est pas le jour où je découvrais ma chair. Mon corps me conseillait le meilleur, ma chair en faisait les frais. Dans le même temps ma raison n’était ni du côté de mon corps ni du côté de ma chair ; un autre corps fait d’une matière soit exilée soit secrète, invisible douloureuse aussi, avait son mot à dire. Étant intransigeant avec l’unité de ma nature il faisait de métamorphose une petite réalité honorant une initiative comparable à un point d’orgue.

Je me suis mis à faire les quatre cents coups.

Je disposais de mille strates de ma composition.

Depuis le plus profond du puits je voyais les couches nourricières assombries, volumineuses, ventrues, gonflées de tendresses, hérissées d’anxiétés, gloutonnes, scandées de recommandations, éclaboussées du sang des agneaux, animales, végétales, battantes de joies naissantes inondant mes draps de larmes affamées, ivres, ouvertes comme les pages innocentes et vides de savoir, sages à me faire périr de peur de ne jamais revoir le soleil.

Au fur et à mesure que je grimpais le long de ces parois, une apparente simplicité du jour en gestation s’offrait à mon esprit enhardi par un petit rai de lumière.

Comme un galet nageant dans les eaux corses sans présenter de musicales montées d’adrénaline, organisant mes variations en fonction du temps, je présentais tous les symptômes d’un galet pensant.

Mon initiative musclée mais centrée sur un seul point mit le mot image en plein cœur de ma mère.

A propos de l'auteur

Luce Caggini

Luce Caggini

Peintre. Ecrivain

Histoire  de  Luce  Caggini

Ma  biographie  c’est  l ‘histoire d’ un  pays, l’Algérie  coloniale qui m’a vue naître où j’ai grandi, l’Algérie indépendante qui m’a déconstruite.

Au fil du  temps s’est  édifiée en moi cette force  grandissante, réparatrice , bienfaisante qui me  nourrit d’ un  nouveau  sens de mon histoire.

Toutes ces années passées entre deux  rives, sans jamais accoster.

Dieu  merci, on avait des photos.

Le  moindre détail revenait réveiller la mémoire dont on ne savait plus si on voulait la garder ou l’expulser.

Je vis aujourd’hui dans une maison confortable, entre des murs épais, « Ma terre dans la tête  »  dans un lieu sans nom, peuplé d’ombres.

Un souffle d’air chaud me transporte mieux  que  ne le ferait un « Mystère-Falcon 20 »

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