C'est à ce moment-là

Ecrit par Elisabeth Guerrier le 13 juin 2010. dans Ecrits

C'est à ce moment-là

Plus ou moins.

La charge de mes péchés anciens pèse sur la bascule de l’autre côté.

Coup de pied au cul de mon innocence.

On s’y remet.

Encore.

Jour souverain de la croûte à gagner.

À plat toujours.

Plombé de loin par l’envie d’en finir.

C’est l’heure, je me débats accrochée à un fil sans pensée pour moi mais c’est l’heure et ça ne rigole pas.

Il faut.

En découdre de la vie archiquotidienne et c’est un poids.

Le sommeil oublieux des indices, c’est ailleurs.

L’algie a sonné et le gong et tout ce qui vibre.

Je sais que ce n’est pas possible, une extraction de cette ampleur qui me plie en deux.

Là-bas,  couchée encore pour toujours, ici, où je m’affuble de substances révélatrices.

Impossible.

L’émergence me désole.

En morceaux, j’erre de pièce en pièce.

Les temps me sont comptés et la fatigue d’être.

Je n’irai pas plus loin.

Je rassemble mes forces mais celle que je regarde les yeux fermés ne me ressemble pas.

Je me suis perdue et j’ignore jusqu’où.

Ce n’est pas la peine, tout ce fourbi pour subsister quand la déconfiture des abysses est si douce.

Pourquoi me garder et comment m’oublier mieux, dormir encore pour des prunes,  m’allonger sur mon voeu pieux et parfaire l’obscurité.

On s’en fout.

Dormir, dormir encore jusqu’à la saint Frusquin.

L’appartement me résorbe.

J’y vais mais la mousse qui me sert de taille m’avance à reculons.

M’émouvoir un instant de plus est inaccessible, tout simplement, et tant pis si je trépasse sur le champ.

Aujourd’hui est rayé au fluo sur les calendriers des entreprises de gardiennage.

Je l’ignorais il y a dix-sept minutes.

Je me recouche dans le lavabo.

Ce n’est pas rien mais c’est trop peu, je n’en peux plus, devoir ruminer sous l’eye-liner.

Rester ici debout me scie mais les gestes se sont rassemblés sur la place vide de mon impotence et ont choisi à main levée la gestion libertaire.

C’est mieux pour nous tous.

Quand reverrais-je le Mont Palatin, c’est la question.

Le reste ne s’étale que sur les brosses à dents.

C’est trop triste.

C’est moche et moche mais qui donc le sait sans hésiter ?

Je me bouge d’avant en arrière en remuant entre les genoux ma mémoire d’ancienne amazone.

On avait misé sur la sagesse approximative et c’était une erreur.

Cela dit, les pluies acides, il en faudrait des tonnes pour me faire abandonner donc je me balance et les à-peu-près s’en ressentent.

Tout à coup soudain il est là, le jour.

Celui dont on écrit le nom au tableau sans éternuer et je ne déraille que très peu.

Je surgis à nouveau et fraîche et bleue.

C’est un jour spécialement ouvert pour moi et j’en suis surprise.

Confuse d’y avoir droit une fois n’est pas coutume.

L’après me lâche et tout s’adonne.

Je vais et je viens en cadence.

Les doigts chauds des enfants  qui nouent le laiton ailleurs s’imposent à ma disloquation.

On reprend tout là où j’ai oublié et c’est bon.

C’est bon.

A propos de l'auteur

Elisabeth Guerrier

Elisabeth Guerrier

Rédactrice

Poésie

Artiste/Peinture/Art Digital

Auteur(e) : "IsolementS"

Sites :

http://guerrierart.com/

http://guerrierpoesie.blogspot.com/

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