La porte grince encore

Ecrit par Colette Bonnet-Seigue le 13 juin 2015. dans La une, Ecrits

La porte grince encore

La porte grince encore

J’ai rangé mes cris

Et froissé mes jeux

Dans mon oreiller

Où l’herbe poussait

Parmi les oiseaux

Quand c’était l’été.

 

La porte grince encore

Comme chaque noir

Où la feuille tremble

Pour ne pas mourir

Où ma poupée grise

A trempé ses yeux

Dans le lac gelé.

 

La porte grince encore

Le plancher grimace

Sous tes pieds rapaces

Mes larmes de sel

Sèchent mon corps grêle

Et le tien brûlant

Sur mon oreiller

A fané la fleur

Que j’avais laissé.

 

Tu as tout cassé

Mes rires confiés

Au miroir des rêves

Chemins de traverse

 Gazouillis de blé

Puis tu es parti

Sous tes pieds rapaces

La trace est restée

Sur le vieux plancher

Et mon corps souillé

A fait la grimace

Ma poupée est morte

En ce soir d’été…

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