Ode au pêcheur

Ecrit par Luc Sénécal le 27 janvier 2012. dans La une, Ecrits

Ode au pêcheur

 

 

Ainsi va sa vie, pêcheur du temps qui passe,

avec au cœur l’espoir qui jamais ne se lasse

de ramener au foyer ses proies et sa carcasse.

 

 

Par ces temps brumeux, la barque avance dans l’inconnu.

Le pêcheur écoute le silence, monstre d’incertitude

avalant de son emprise l’homme et ses prétentions.

Ainsi la ramène-t-il dans ce qu’enseigne la solitude

alors qu’il est, au sein de dame nature, absolument nu,

incapable de se diriger, incapable de la moindre action.

 

L’angoisse se lit sur sa figure burinée par le temps.

L’œil aux aguets, se fiant aux instruments,

ceux qui ne peuvent mentir et le tromper,

ceux qu’il a inventé pour se libérer des vents

il parcourt le globe, malgré les éléments,

qui pourraient malgré tout, il le sait, le détromper.

 

 

Le tissu collant et humide de la bête sournoise

qui englobe son esquif, se déchire enfin.

Et là, libérateurs, les flots bleus de la mer d’Iroise

viennent devant son regard, signifier la fin

de ce parcours terrible où par un infâme lien

un petit bout d’humain n’était en fait, rien.

 

 

Ainsi va sa vie, pêcheur du temps qui passe,

avec au cœur l’espoir qui jamais ne se lasse

de ramener au foyer ses proies et sa carcasse.

 

Alors le soleil malicieux se met à jouer avec les flots

réchauffant son corps transi et séchant l’eau

qui avait pénétré jusqu’au plus profond de son âme.

Il reprend confiance et s’empare de ses rames.

Là-bas, il sait qu’ils l’attendent dans l’émotion

de l’incertitude de son voyage et de sa mission.

 

 

Humble et réaliste, capable en fait de comprendre

ce qui lui est, jusqu’à ce jour, permis de prendre.

Poissons et crustacés, anguilles ou tourteaux,

arrachés à un brouillard à couper au couteau.

Comme ces secondes de vie où par son emprise,

le temps l’a jeté dans l’incertitude de son âme grise.

 

 

Ainsi va sa vie, pêcheur du temps qui passe,

avec au cœur l’espoir qui jamais ne se lasse

de ramener au foyer ses proies et sa carcasse.

 

 

Luc Sénécal

 

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Luc Sénécal

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Commentaires (1)

  • Lévy Maurice

    Lévy Maurice

    29 janvier 2012 à 13:27 |
    C'est joli et reposant ... Comme on aimerait, nous prisonniers des villes, pouvoir connaître un brin de solitude, celle du pêcheur, pourquoi pas ???
    M.L.

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