Cassandre

Ecrit par Luc Sénécal le 25 novembre 2011. dans La une, Actualité, Société

Cassandre


Cassandre. Qu’avez-vous à nous dire ?


Nous savons, même si nous ne voulons pas nous l’avouer et surtout l’admettre, que le système s’effondre et que d’ici deux ans ou peut-être moins nous serons dans le mur. Depuis plus de vingt ans personnellement j’en ai pris conscience et je l’ai dénoncé au travers de mes textes et autres chroniques. Par contre, aurait-on pu penser que cela irait si vite et que la haute finance qui nous dirige, se tirerait une balle dans le pied ? On peut se douter que les dégâts seront considérables et que la vie de chaque citoyen dans l’ensemble des pays européens et non seulement, dans le monde occidental, sera bouleversée.

Non ?

 

Ne voyez-vous point de solutions ?


Le nier. Le plus facile peut-être, tant il est vrai que l’abondance des biens de consommation, la perspective de continuer à faire des profits, le besoin d’être rassuré, incitent à espérer de continuer sur cette route. Une route magique qui, depuis le XIXème siècle, nous a permis de créer, d’imaginer, de produire et de consommer ce que l’on peut appeler « la multiplication des petits pains »… Ce, en nous arrachant aux exigences de la nature en ce qui concerne les conditions d’existence sur cette planète. Prétendant même dominer, domestiquer la nature. Ce, en sortant de la précarité, de la misère, de la faim, de la maladie, de l’insécurité, de la mort et des pleurs. Ce, en permettant d’avoir autour de nous, pour nous, un ensemble de matériels et de services absolument prodigieux. Ce, en donnant dans la vie de quelques-uns, non seulement de quoi se réaliser au travers de projets, de réussites, d’abondance et de pouvoirs, l’impression d’être au-dessus du lot.

Avec comme corollaires, la connaissance et la reconnaissance de ce que représentent les nations, les pays, les peuples de cette planète. Et ainsi de pouvoir voyager, découvrir, entreprendre, se mêler, se confronter les uns aux autres. Ce qui nous conduit à tisser des liens, à entremêler nos destins, rire et aimer ensemble. Ce qui nous conduit aussi selon l’importance de nos moyens et de notre pouvoir, à nous imposer parfois par notre puissance et le besoin de protéger nos ressources  naturelles. Ce qui permet également de briser les liens familiaux, de mettre aux orties les coutumes ancestrales jugées comme obsolètes mais aussi de s’informer de tout, pour tous et partout. Donnant ainsi un pouvoir incontestable sur les citoyens, et, partant, sur les électeurs dans les pays démocratiques. Ne serait-ce que nier ce qui apparaît de plus en plus inévitable par la désinformation ou par… Le silence.


Une autre solution peut-être ?


Préparer des lendemains qui apparaissent pour le moins difficiles, probablement dramatiques. Car tout ne se passera pas dans le calme et la sérénité. L’ordre, les autorités, la justice, la sécurité… Nos enfants et nos petits-enfants seront les héritiers d’un monde dont nous avons tiré toutes les ressources sans jamais imaginer ou vouloir anticiper ce que sera leur avenir. Car ce monde de prodigalité a conduit à ériger une sorte de tour de Babel si haute que les nuages empêchent de voir les fondations. Et celles-ci s’effritent au point de faire basculer l’ensemble. Ce qui signifie que dans les hautes sphères de la gouvernance, issues elles-mêmes du contexte de l’après-guerre mondiale, on ne parvient pas à comprendre ni même à appréhender que le monde a changé et que les priorités sont d’un autre ordre. Ou on fait semblant.

De ce fait, on prépare l’effondrement non seulement d’un système mais aussi d’une culture occidentale prépondérante.

Pour autant, pas de panique. Il nous faut reconnaître heureusement, que les ressources humaines sont capables de passer ce cap, comme elles l’ont fait par le passé. Et de cette ressource renaîtra autre chose. Dans la souffrance, dans la douleur, dans le sang comme on peut le craindre, hélas. Dans l’incompréhension, le repli sur soi, l’angoisse, la méfiance, la délation et le besoin de trouver des coupables, de condamner à tort ou à raison. Jusqu’à ce qu’un nouvel ordre apparaisse. Ordre qui risque d’être fort peu démocratique.

Mais il y a un « mais ». L’exponentielle du développement humain, sur une planète qui est d’autant plus limitée dans ses ressources naturelles, sera alors le véritable challenge auquel la Vie aura à faire face. Non seulement la vie humaine mais également la vie dans son ensemble. Cela l’est déjà, mais d’autres priorités viennent interférer. Comme l’arbre cache la forêt. Alors on peut se demander s’il y a quelqu’un qui a conscience de cela et qui est capable de s’organiser pour un avenir de plus en plus proche. Capable de réunir ce qu’il y a comme potentiel et comme ressources pour nous éviter ce que la « cassandre » que je suis apparemment prévoit pour un avenir proche.

Mais là, j’ai un doute !


Et vous ?


Luc Sénécal


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Luc Sénécal

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Commentaires (1)

  • Lévy Maurice

    Lévy Maurice

    03 décembre 2011 à 17:06 |
    La vie est un long chemin qui serpente ente haut et bas, droite et gauche -c'est souvent le cas- ...
    Gardons la direction vers l'idéal que chacun se construit, il se trouvera toujours un consensus salvateur à un moment ou à un autre.
    Nous avons, nous la vieille génération connu la guerre, Hiroshima etc., et maintenant le tiers monde qui s'éveille ...
    Pourquoi ne pas attendre tranquillement que la tempête se calme ?
    Gardons l'espoir du meilleur, c'est le seul remède contre le pessipisme. Courage ! M.L.

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