L’œil de Claude : chats, réformes et Sénat...

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 07 février 2015. dans France, La une, Politique, Actualité

L’œil de Claude : chats, réformes et Sénat...

Les animaux sont finalement parvenus à prendre leur revanche sur les humains… Les députés, dans leur immense majorité, viennent de voter l’alignement du Code civil sur les Codes pénal et rural, faisant d’eux des êtres vivants doués de sensibilité !

Rappelons que jusqu’ici on les considérait comme des biens meubles… Allez donc demander à celles et ceux qui possèdent des animaux de compagnie s’il leur est venu une seule fois l’idée de ne voir en eux que des potiches ! Très souvent, les liens qu’ils ont tissés avec leur animal préféré sont si forts que rien ni personne ne pourraient les distendre !

Cette complicité de chaque instant démontre, si besoin était, la capacité de l’animal à comprendre sa maîtresse ou son maître, et réciproquement… Puisse la page, sur laquelle figurait Les animaux malades de l’homme – que Jean de La Fontaine me pardonne –, se tourner définitivement, lui qui disait : « Je me sers d’animaux pour instruire les hommes » !

 

Notre pays fera bientôt figure d’exception dans l’UE… En retard dans de nombreux domaines, il peine à trouver le bon rythme s’agissant des réformes, pourtant indispensables, et se perd dans des conjectures sans fin !

Quotidiennement resurgissent, çà et là, les problèmes récurrents, propres à la France. Parmi eux, le corporatisme à tous les étages, qui l’empêche d’avancer et d’atteindre une certaine maturité, économique et politique, surtout !

Sur le plan syndical, par exemple, l’unité et l’efficacité sont devenus des mots vides de sens… Des actions éparses, la plupart du temps, qui n’aboutissent que très rarement, résultat d’une impréparation notoire et d’un manque de réalisme évident !

Sur le plan politique, c’est le chacun pour soi qui triomphe, si l’on peut dire… Là aussi, ce ne sont que bulles partisanes, qui, le plus souvent, bloquent la machine et éclatent au grand jour !

L’un des remèdes à ces maux qui nous rongent, consisterait à adopter et généraliser une politique du compromis, seule capable de faire bouger les choses et de privilégier le vivre-ensemble… Si l’on n’y parvenait pas, à plus ou moins longue échéance, la France ferait cavalier seul, pour le pire… et le pire !

 

« Touche pas à mon Sénat ! » s’est écrié son président, Gérard Larcher, qui, récemment, a décoché une flèche au président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, favorable à la suppression de la chambre haute… Finalement, simple querelle d’ego ou ébauche d’une réforme en profondeur ?

Le 27 avril 1969, on s’en souvient, Charles de Gaulle organisait un référendum sur le projet de loi relatif à la création de régions  tiens, tiens  et à la rénovation du Sénat… Pas plus tard que le lendemain, il démissionnait… Rappelons que, d’après la Constitution, c’est le président du Sénat qui assure l’intérim en cas de vacance de la présidence de la République !

S’agissant d’anciens présidents de la République, on ne peut pas véritablement parler de vacance du pouvoir, car à ma connaissance aucun pays ne les vénère autant que la France… Cela ressemble étrangement à une forme d’idolâtrie, tant le pays continue de leur témoigner toute sa gratitude pour services rendus !

Tous, en effet, bénéficient de nombreux avantages que la République, bonne fille, prend entièrement à sa charge : voiture et appartement de fonction, personnel pléthorique, transports gratuits, cumul des revenus, présence – à vie – au Conseil constitutionnel… La liste est loin d’être exhaustive !

En période de vaches maigres, cet inventaire à la Prévert, convenons-en, a quelque chose d’indécent. Chaque ex-président coûterait ainsi à la collectivité entre 1,5 et 2 millions d’euros par an… Chez nous, on pourrait croire qu’il y a encore, çà et là, comme des relents d’Ancien Régime, malgré l’abolition des privilèges en 1789… Tout compte fait, des économies, il est possible d’en faire encore plus, à condition qu’elles soient précédées ou accompagnées d’un courage politique à toute épreuve !

A propos de l'auteur

Claude Gisselbrecht

Claude Gisselbrecht

Rédacteur

Professeur de Lettres

A collaboré au quotidien régional " Le Républicain Lorrain " ( critique littéraire et responsable de rubrique ).

A signé de nombreux " papiers " dans la rubrique " Courrier des Lecteurs " de plusieurs journaux et magazines ( " Le Monde ", " Marianne ", " Le Nouvel Observateur ", ...), et des chroniques sur LeMonde.fr.

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