L’œil de Claude : d'un massacre, l'autre

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 04 avril 2015. dans La une, Actualité

L’œil de Claude : d'un massacre, l'autre

Départementales 2015

Au soir du 1er tour, le « principal parti de France », celui des abstentionnistes, arrivait largement en tête, avec près de 50% de « voix non exprimées » ! 29,4% pour la droite et ses alliés, 25,19% pour le Front national, et 21,85% pour le PS et ses alliés, dont la déroute n’était pas vraiment une surprise !

Au soir du second tour, les abstentionnistes étaient toujours aussi nombreux… Les « éléphants » du PS et consorts étaient aux abois… La vague bleue l’emportait, devant « une Marine Le Pen toute blanche » et « un Manuel Valls tout rouge », comme le soulignait « patriotiquement » Nicolas Sarkozy lors d’un meeting à Perpignan, juste avant le finale !

A présent, laissons la droite savourer son succès, la gauche panser ses plaies, et le FN digérer sa déception… En vérité, on a l’impression que, politiquement, l’immobilisme, malgré quelques « soubresauts » çà et là, s’est installé pour un bon moment. Sur un air de « déjà vu », de « déjà entendu », les partis, quels qu’ils soient, ne parviennent plus à mobiliser à grande échelle, et pour cause ! Sur la scène où les quiproquos sont légion, on aimerait qu’actrices et acteurs renouvellent leur répertoire et jouent plus juste, avec un metteur en scène à la hauteur… Ni plus, ni moins !

Jeux de massacre

Récemment, à Kasane, au Botswana, s’est tenue la deuxième Conférence mondiale sur le trafic d’espèces protégées. Il y fut surtout question de commerce illicite et de braconnage, dont l’une des principales victimes est l’éléphant. En effet, s’agissant de l’animal mythique du continent africain, les chiffres sont plus qu’alarmants : sa population aurait chuté de 15% en dix ans, et, chaque année, ils seraient entre vingt et trente mille à disparaître du paysage !

Outre l’éléphant, sont concernés également, parmi d’autres, le rhinocéros, juteuse « corne de l’Afrique », le bouquetin d’Ethiopie, le gorille de montagne, l’antilope du désert et le pangolin, reconnaissable à sa peau écailleuse… Souvenons-nous de ce que disait Morel à propos des éléphants dans Les Racines du ciel, de Romain Gary : « La seule chose qui m’intéresse, c’est la protection des éléphants. Je veux qu’ils soient là, bien vivants, bien gras, et qu’on puisse les voir… (…) maladroits, encombrants, anachroniques, menacés de toutes parts, et pourtant indispensables à la beauté de la vie ! »

Il est avéré que ce genre d’information, comme l’évocation des problèmes liés aux bouleversements climatiques, par exemple, passe le plus souvent au second plan et nous « dépasse » d’une certaine manière. Mais quoi de plus urgent que ces mises en garde à répétition, dont dépend la survie de nombreuses espèces et de la nôtre, en particulier ?

A propos de l'auteur

Claude Gisselbrecht

Claude Gisselbrecht

Rédacteur

Professeur de Lettres

A collaboré au quotidien régional " Le Républicain Lorrain " ( critique littéraire et responsable de rubrique ).

A signé de nombreux " papiers " dans la rubrique " Courrier des Lecteurs " de plusieurs journaux et magazines ( " Le Monde ", " Marianne ", " Le Nouvel Observateur ", ...), et des chroniques sur LeMonde.fr.

Commentaires (1)

  • Martine L

    Martine L

    07 avril 2015 à 09:07 |
    Vous nous alertez tous, Claude, sur un point essentiel à la planète de demain : ceux qui vont nous suivre, verront-ils un lion, ou une girafe autrement que dans certains parcs animaliers d'ici ( certains, du reste, fort beaux ) ou, dans de vieux films tremblotants à la TV ( sur un passé révolu, celui des animaux sauvages). Les chiffres de certaines espèces font peur ; d'abord, le rétrécissement de leurs zones de vie ( prenez celles de mon animal préféré , le guépard, celui qui a besoin d'immenses espaces, de par ses courses si rapides ; il balaya presque toute l'Afrique ; on le voit maintenant, seulement en Afrique de l'Est tropicale), puis les maladies mal éradiquées, la nourriture qui s'étiole avec le rebond prédateurs / proies, le trop plein de population rurale qui, elle aussi par la faim de terres, empiète sur le territoire animal. Tant qu'il est encore temps, il faut que nous, touristes, allions les voir chez eux, dans ces safari uniques qui font de nous, d'utiles alliés des bêtes et de ceux qui, intelligemment ( il en reste) gèrent leur existence.

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