L’œil de Claude : des Primaires à venir au 1er mai de théâtre

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 08 mai 2015. dans La une, Actualité

L’œil de Claude : des Primaires à venir au 1er mai de théâtre

Primaires

A droite toute, et cap sur 2016 ! Actuellement, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé sont au coude à coude, devançant assez nettement les Fillon, Le Maire et consorts. Et ce ne sont pas tant leurs lignes politiques que leurs personnalités respectives qui sont par trop divergentes !

L’ancien président de la République, pour qui le changement ce n’est pas pour tout de suite, ne cesse d’osciller entre séduction appuyée et hâblerie. Prêt à tout pour la reconquête du pouvoir, et sans vraiment se soucier de l’épée de Damoclès que constituent les affaires auxquelles il est mêlé, il veut apparaître comme serein. Malheureusement, il est souvent dans l’excès, ce qui le fragilise encore plus aux yeux de beaucoup et rend sa stratégie un tantinet illisible.

L’ancien Premier ministre, quant à lui, continue d’avancer droit dans ses bottes… Adepte d’un antisarkozysme primaire, son atout majeur il en joue merveilleusement chaque fois qu’il le peut. Plus globalement, ce qui le distingue de son adversaire, c’est son pragmatisme à toute épreuve, qui le pousserait volontiers vers un rapprochement avec le centre, et son côté rassurant d’homme de la situation, à la fois discret et efficace.

Selon que vous serez sympathisants ou électrons libres – de gauche, peut-être – vous tiendrez compte davantage sans doute de votre sensibilité propre que de votre sensibilité politique. Car la vie publique est dans un tel état de délabrement que nous sommes tous en droit d’attendre un homme nouveau, capable de reprendre les rênes de l’Etat !

A gauche, pas de primaire en vue pour le moment, mais il est clair que François Hollande travaille sans relâche à sa propre succession d’ici à 2017. Néanmoins, si l’on tient compte des résultats de certains sondages proposant un tel cas de figure, c’est Manuel Valls qui serait le mieux placé (29%), suivi de Martine Aubry (19%) et de l’actuel chef de l’Etat (18%). Là aussi, on assisterait à un combat singulier entre un Premier ministre, qui plie souvent, mais ne rompt point, et un président de la République, effacé et quelque peu maladroit, dont la cote de popularité va decrescendo. On en est là pour le moment, mais je pense que nous, citoyens de ce pays, sommes conscients de l’enjeu qui nous attend et ferons preuve jusqu’au bout d’un civisme exemplaire !

 

Théâtralement vôtre

1er mai 2015, place de l’Opéra. Marine Le Pen est sur scène et s’apprête à réciter sa tirade, lorsque son père, ce héros, surgit soudain, tout de rouge vêtu. Bien décidé à lui voler la vedette, il se met à saluer le public, bras levés !

Quelques jours plus tard, le Roi Lear est poussé vers la sortie du parti qu’il a lui-même fondé, accusant l’une de ses trois filles de félonie et la répudiant sur-le-champ. Le drame shakespearien qui se joue là, sous nos yeux, aura, c’est certain, de graves retombées sur les plans personnel et politique !

Car Le Menhir, qui n’est pas du genre à s’en laisser conter, fera front, et son rôle d’empêcheur de tourner en rond, il continuera sans doute de l’interpréter jusqu’au tomber de rideau. Pour ce qui est de l’avenir du parti et du sien propre, Marine a incontestablement du souci à se faire !

A propos de l'auteur

Claude Gisselbrecht

Claude Gisselbrecht

Rédacteur

Professeur de Lettres

A collaboré au quotidien régional " Le Républicain Lorrain " ( critique littéraire et responsable de rubrique ).

A signé de nombreux " papiers " dans la rubrique " Courrier des Lecteurs " de plusieurs journaux et magazines ( " Le Monde ", " Marianne ", " Le Nouvel Observateur ", ...), et des chroniques sur LeMonde.fr.

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