La belle, le margrave et le monarque

Ecrit par Luce Caggini le 02 mars 2013. dans Auteurs, Actualité

La belle, le margrave et le monarque

Mon impression dès que j’ai appris la résignation de Benoît XVI fut une petite marque d’indifférence germanique. Benoît XVI est tout sauf un communicant à la mode hollandaise. Et la Curie est tout sauf un clan de saints en extase permanente dépourvus d’armes sacrées dans la brise de mer du ciel. Ce monument verbal discret mûri depuis le Saint Siège fut de courte durée.

Quel ne fut pas mon plaisir quand dans un latin de premier jus du plus charismatique effet je fus d’un seul coup d’un seul immergée dans ma classe de latin, quand les Femen tirèrent la gamine hors de sa version latine, et mirent le feu à ma tresse d’adolescente rêvant de devenir la plus sexy pionnière de sa génération de saintes nitouches des années soixante.

Dans la foulée on apprend que Benoît XVI est sur le point de manager sa nouvelle vie à l’écart du Vatican, en murmurant à l’oreille de Dieu méditations, adorations et à ma grande surprise une mystérieuse concertation avec le Pape du Ciel, c’est-à-dire Dieu soi-même.

Magnifier cette étonnante variante papale.

Rare admonestation de la fonction, leçon du chef de clan des simulateurs de la foi.

Je me dis que plus le chemin est haut perché, plus dur de monter à l’étage supérieur. Donc nommer ou élire un pape c’était ouvrir un parachute ventral sans prendre l’avion et sans savoir voler.

Plus rien ne me sépare de Vatican Trois jouant à travers le monde les grandes onomatopées de la musique des sphères : une anarchique mêlée de compteurs de prières, de manipulations et de demandes d’aides en tous genres, de mariage entre gays et gays, entre mères et pères, entre anarchistes et royalistes, entre marranes et musulmans, entre amants et amantes, entre menu et gras, entre gens des montagnes et des plaines de Marseille à Marseille, entre mauvais et heureux, entre nous et vous, même sous les tropiques.

Venant de cette asphyxie à nommer un amour hors-la-loi de lignes et de courbes, un mérite, le compteur de magies et de prières du camarade Benoît muré dans un carcan de monarques en costumes de marins à voile se mit en marche comme le Bon gouvernement de Sienne.

Dans cette manière de ne plus être le père géant d’un monde imaginaire amant des murs et des allées de marbre et gérant d’oracles et de nonnes a été un acte de mort sans être vraiment mort.

C’est avec un grand émoi que je me suis donné la tâche de ne plus jamais de ma vie venir en babouches dans les allées de la messianique voie marmoréenne de Saint-Pierre de Rome.

Mais ce fut loin de me donner le grand frisson.

L’agenda du mois de Février me donne le frisson des marques du Temps comme la mémoire des armées de Bouddha qui amenèrent les amis du ciel en armatures et en soie depuis le commencement de la marée noire du sommet de la grande mosquée au sommet de la grande cathédrale de Reims. Dans les mêmes années une autre annonce fut de taille, celle du grand mongol de la Chine au premier siècle After Death, Gengis Kahn dont le visage a été un sceau et une arme de combat dans la magnifique contrée de Mongolie.

Gengis a été le marathonien le plus nomade du monde, animé comme un dragon par le cri des jeunes filles de sa tribu, vierges et mobiles comme lui. Ce grand penseur du continent asiatique fut le meneur de la Chine à son sommet le plus élevé, mais bénéfices et déficits sont pareils que murs et sous, ils se débinent dans le méga souffle du Temps par dispersion lumineuse.

Mais rien ne résiste à l’amour d’une reine de petite arabian culture qui se prit un jour les babouches dans le monde artistique de la cité des mille et une nuits du beau Peter the First.

La gamine en nattes en mal d’amour araméen, celle qui regardait la mer, pareille à un galet miroitant de soleils, disparut un jour et se réfugia en plein océan indien sans douter un seul instant que Gengis armerait sa vie d’un sceau de gloire artistique.

L’aventureuse fit alors le serment de rester fidèle à son Gengis de Malaisie jusqu’à la mort.

 

Luce Caggini

A propos de l'auteur

Luce Caggini

Luce Caggini

Peintre. Ecrivain

Histoire  de  Luce  Caggini

Ma  biographie  c’est  l ‘histoire d’ un  pays, l’Algérie  coloniale qui m’a vue naître où j’ai grandi, l’Algérie indépendante qui m’a déconstruite.

Au fil du  temps s’est  édifiée en moi cette force  grandissante, réparatrice , bienfaisante qui me  nourrit d’ un  nouveau  sens de mon histoire.

Toutes ces années passées entre deux  rives, sans jamais accoster.

Dieu  merci, on avait des photos.

Le  moindre détail revenait réveiller la mémoire dont on ne savait plus si on voulait la garder ou l’expulser.

Je vis aujourd’hui dans une maison confortable, entre des murs épais, « Ma terre dans la tête  »  dans un lieu sans nom, peuplé d’ombres.

Un souffle d’air chaud me transporte mieux  que  ne le ferait un « Mystère-Falcon 20 »

Commentaires (1)

  • Martine L

    Martine L

    03 mars 2013 à 14:34 |
    rien que le titre, la photo, et ce début " une petite indifférence germanique" ; le pape et les siens, façon RDT...

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