La neige…

Ecrit par Luc Sénécal le 15 mars 2013. dans La une, Actualité, Société

La neige…

La neige est dans le paysage une petite féerie. Mais sur les routes, cela peut vite tourner au cauchemar.

Les montagnards sont toujours sidérés de voir que « pour quelques flocons », comme ils disent, en plaine, la circulation se retrouve facilement bloquée.

Mais ce ne sont pas quelques flocons qui tombent actuellement sur le nord de la France. C’est une véritable tempête de neige pour laquelle ni les usagers ni les autorités sont bien préparés. Cette fois-ci d’ailleurs, on ne pourra prétendre de ne pas avoir été prévenu. Seulement prendre en compte les difficultés et les contraintes qui ne sont pas habituelles n’est pas dans les usages. Aller voir dans l’est du pays, dans le Jura, les Vosges, la Savoie, ou même plus au sud dans les Alpes ou les Pyrénées, comment ils se préparent à affronter les rigueurs de l’hiver, ne vient pas à l’idée en amont. Prendre les précautions en terme de structures et d’infrastructures est certes pensé et préparé avant l’hiver mais pas au niveau de ce que les éléments naturels peuvent faire quand ils se déchaînent. Alors c’est la surprise. Ce sont des centaines de gens qui sont bloqués. Certains dans des conditions très précaires. Ce sont les solutions d’urgence qui sont appliquées au mieux et encore quand c’est possible.

Les usagers eux-mêmes, que ce soient les automobilistes qui veulent à tout prix rentrer chez eux ou qui n’ont pas tenu compte des avertissements et ont cru qu’ils pourraient passer au travers, que ce soient les chauffeurs routiers ou les professionnels de la route, contraints eux de prendre la route en raison de leur emploi, tout ce beau monde n’a pas l’expérience ni même l’habitude d’affronter des conditions climatiques de ce genre (un bémol toutefois pour les routiers s’ils parcourent des itinéraires qui sortent de leur département et voyagent sur de longues distances). On pourrait conseiller de préparer ces usagers au travers de stages pour leur faire connaître la façon d’aborder ces fameuses conditions climatiques.

Rester calme, ne pas s’énerver, essayer de comprendre l’environnement tel qu’il se présente. Ne pas accélérer en faisant patiner les roues. Passer une ou deux vitesses supérieures en maintenant un régime minimum pour démarrer. Ne pas freiner et débrayer en même temps. Utiliser le balancement du véhicule pour sortir d’une ornière. Dégonfler les pneumatiques (ce que j’avais fait personnellement pendant l’hiver 70/71 et qui m’avait permis de joindre PARIS à LIMOGES en huit heures, au travers des poids lourds dans tous les sens sur la route). Utiliser un linge comme des serpillères et les poser devant les roues avant – traction – ou arrière – propulsion. Sortir des ornières faites par les traces des véhicules précédents et passer sur la neige fraîche. Surveiller la température de la mécanique qui peut chauffer exagérément et tout cela est loin d’être exhaustif comme vous le savez probablement.

On pourrait ajouter : à l’arrêt si le véhicule n’est pas abrité, lever les essuie-glaces pour ne pas qu’ils restent collés par le gel, mettre des cartons sur le pare-brise, sur la vitre de custode. Rabaisser les rétroviseurs extérieurs. Prendre avec soi un produit dégivrant pour les serrures et pour les vitres (à l’intérieur du véhicule ce n’est pas très utile). Et surtout s’assurer de l’entretien régulier du véhicule que ce soit pour la batterie, pour les pneumatiques adaptés, pour le désembuage, pour le frein à main qui peut rester bloqué et éventuellement pour un équipement spécialisé si besoin est, dans la mesure où on peut retrouver ces conditions ailleurs que chez soi, si on voyage occasionnellement.

En conclusion, ni les autorités, ni les usagers d’une façon générale et sauf exception, ne sont bien préparés pour affronter des conditions hivernales particulièrement difficiles dans des régions qui ne les rencontrent pas de façon régulière. Il est inutile de récriminer après coup, d’accuser, de chercher un coupable. Mieux vaut prendre en compte les leçons à tirer de ce genre d’évènement et se préparer en amont pour une prochaine fois, même si cela ne se reproduira pas dans l’immédiat. Ne serait-ce que d’aller voir chez nos amis montagnards comment ils s’y prennent ou aller dans les pays nordiques qui peuvent donner d’excellents conseils en la matière.

En attendant on considérera encore une fois la solidarité exemplaire d’une population qui sait accueillir, réchauffer, nourrir des familles en détresse. Et cette solidarité-là, elle est la preuve qu’elle existe vraiment. Elle est même un message d’espoir dans une situation comme celle-là et même pour d’autres situations dans un cadre ou un contexte différent mais tout aussi problématique, comme on en connaît de plus en plus. Une solidarité que l’on retrouve plus chez les individus, dans la population, que dans les arcanes des autorités qui nous gouvernent. Un exemple qui pourrait peut-être faire réfléchir. Non ?

 

Luc Sénécal

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