Le conflit israélo-palestinien : une affaire de famille ? Chronique d'insomniaque

Ecrit par Bensouici Tewfik le 24 novembre 2012. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Le conflit israélo-palestinien : une affaire de famille ? Chronique d'insomniaque

Il est temps d’exhiber sa force. De montrer la taille de ses roubignoles. D’augmenter sa voix d’un décibel. Le monde se dit furieux contre ce monde. Et pour réfléchir au conflit, on se gratte la barbe. On se réunit. On récite des paroles d’antan pour expliquer une actualité de 60 ans. On reprend l’histoire depuis Abraham. Puis l’apocalypse de la génération future. On se regarde dans les yeux. Le vide… Coup de marteau. La séance est levée.

Décision. Le projet de réconciliation est proposé, nous sommes optimistes. En d’autres termes « qu’ils se démerdent entre eux ! ». Telle est la vision des gouvernements « Arabes ».

Le Topo : deux camps se partagent un bout de terre. Les deux sont armés de roquettes comme de foi.

Le camp premier, Gaza. On y compte des assiégés. Le blocus les a regroupés, entassés puis écrasés. Leur vision islamo-politique les a séparés. Les frères djihadistes ne se valent plus. Puis les civils. Des écoliers. Les creuseurs de tunnels. La Police des mœurs. Et quelques muezzins. De l’extérieur, quelques sympathisants. La Palestine de Hania. La mythique autruche arabe. Les moustaches du Qatar. Les mosquées de l’Égypte. Hizbollah. Les islamistes. Anounymous. Ahmedi Nejad et son nucléaire. La Turquie se prenant pour le binaire Russie-Chine. Et l’extrême-gauche d’Israël.

De l’autre côté, Israël. Une cité qui veut survivre malgré le temps et l’opinion du monde. Cette région – comme toutes autres – compte des enfants. Le LIKOUD. Des journalistes. Et des militaire-citoyens convoqués. Ce camp est armé jusqu’aux dents. Il en a tellement qu’il peut en revendre, même aux arabes. A sa détresse, les conviés prévus ont répondu. Obama, sensé être remonté contre cet état d’avoir soutenu Romny. BHL ne tardera pas. Inattendu ! El Assad soutient : « l’ennemi de mon ennemie est mon ami ».

Entre les deux forces, se partagent équitablement la terreur, Facebook, le Dieu Unique, et l’Égypte indécise de Moursi.

« 60 ans que ça poirote » disait un chroniqueur. L’insomniaque pense que ça coince depuis Abraham le polygame. Qui est l’enfant légitime de ce personnage ? Et ça re-coince. Le sacrifié ? Et ça se complique. Ses deux enfants transmettent aux cousins la haine. La haine maternelle.

Les deux, autoritaires ; enfants du désert, le juif comme l’arabe justifient leur violence d’être le peuple charrié. L’Élu. Dieu, pensent-ils, a besoin d’un royaume sur terre. Et ce sera baptisé La Terre Promise. Une sorte de cité utopique où les pratiques sont collectives. La prière, le jeûne, l’aumône, le sacrifice surnommé aussi le Djihad. Seul le descendant légitime d’Abraham est capable de l’entreprise. L’Autre ne sera que sujet de soumission. A son dieu et à son cousin.

Revenons à la réalité. Le conflit est animé par un lobby triangulaire. Le Djihadiste purificateur. L’Arabe solidaire. Et l’Israélien ; le seul de sa région. Chaque protagoniste en tire profit. L’islamiste, par l’émotif, s’offre un crédit à la violence. L’Arabe, incompréhensible, s’estime heureux d’être le voisin de Gaza. Mais le respect de la propriété privée s’impose (l’Égypte). Israël, de son côté, dit être seule dans une région d’Arabes et de Perses. Elle se veut victime. Donc elle riposte par des raids. Elle gagne du terrain… elle en gagne. Gaza – tout comme la conscience – est broyée dans un mortier de fabrication locale.

D’ici quelques jours, comme il est de coutume, des dialogues bilatéraux seront engagés. L’utilité ? Prolonger le conflit de quelque années. Le deux chefs d’état s’embrasseront. Se Parleront sans rien dire. Et s’écouteront sans rien entendre. Les deux refuseront les solutions au détriment de La Solution.

La conclusion ? Au choc, les deux utopies briseront en éclats la Réalité. Nous assisterons à de nouvelles croisades. Du sang. Saladin y sera convié. Yavé imploré. Les premiers mourront. Leurs successeurs hériteront la guerre, la cause, et le malheur d’Abraham.

Ainsi Soit-il !

 

Bensouici Tewfik

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Commentaires (7)

  • Kaba

    Kaba

    04 décembre 2012 à 23:23 |
    Il me semble, Eva, que vous prenez le contre-pied de Tewfik BENSOUICI. Pour lui, et je partage ce que je crois être son point de vue, les dirigeants prolongeront le conflit de quelques années parce qu'ils privilégieront "LA Solution" (idéale, définitive) au détriment "des solutions", partielles donc mesquines et parfaitement inutiles. Quelques années encore, et puis encore quelques années... Et pendant ce temps... Tewfik BENSOUICI, je crois, stigmatise l'indifférence des classes dirigeantes qui sont à l'abri des conflits mais peuvent en retirer un grand prestige (que l'on songe à FM venant faire le point de l'engagement de nos troupes dans l'opération “Tempête du désert”, devant ses “chers compatriotes” assis devant leur lucarne).
    Mais, reconnaissons-le. Si l'humanité a fait de formidables progrès avec l'ère industrielle, elle a aussi formidablement reculé dans l'efficacité avec laquelle elle poursuit ses conflits armés. Revoyons les leçons du passé : les troupes de César massacrèrent de nombreuses fois des milliers de Gaulois (ainsi, après Alésia, à l'issue de l'anéantissement des troupes de Dumnacos : "Tant que leurs chevaux ont la force de poursuivre et leurs bras de frapper, ils [nos légionaires dixit le chroniqueur] tuent sans cesse. Plus de 12.000 hommes, qu'ils eussent les armes à la main ou les eussent jetées dans la panique, sont massacrés.") ; plus près de nous, 60.000 Français périrent à Waterloo et je ne pense pas que nos aïeux se soient montrés moins efficaces que leurs ennemis - momentanément supérieurs en nombre à l'instant décisif - donc, disons 120.000 à 150.000 morts dans la journée - avec des moyens techniques bien supérieurs à ceux des Romains.
    Ricardo avait raison d'affirmer que, après une phase de croissance, les rendements décroissent inexorablement.
    J'oubliais, on dit aujourd'hui qu'un ennemi mort est moins coûteux pour l'ennemi, justement, qu'un ennemi mutilé. D'où ces merveilleuses mines anti-personnel et toute une panoplie d'autres armes qui ne tuent pas mais mutilent. Reste que ces mutilations, comme les morts, alimentent la haine. Relisons Jules Romains ("Prélude à Verdun") : certaines escarmouches, parfaitement inutiles au plan tactique, avaient pour objet éminemment stratégique de "maintenir l'ardeur combattive des troupes".
    Merci, M. Tewfik BENSOUICI pour votre exposé de militant pacifiste.

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  • eva talineau

    eva talineau

    26 novembre 2012 à 04:51 |
    il est très bien, ce texte, justement parce que subjectif, et sans haine de qui que ce soit - et, finalement, pas si pessimiste - prolonger le conflit de quelques années, que les gens fassent semblant au moins de se parler, même si sans s'écouter, c'est déjà quelque chose, c'est repousser à plus tard la Solution Finale qui emporterait tout le monde - dans la mort.Plus tard, c'est mieux que tout de suite, et si la plupart ne sont pas prêt à renoncer à La Solution (celle qui supprimerait le problème "Israel" et rendrait sa "pureté" à la terre arabe souillée par sa présence en état de souveraineté), la remettre à plus tard, puis encore à plus tard..c'est déjà quelque chose. Vous n'avez que 23 ans ? si les jeunes de votre génération, au moins quelques uns, vous ressemblent, et bien cela ouvre la voie à un futur moins déséspérant.

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  • BENSOUICI Tewfik

    BENSOUICI Tewfik

    25 novembre 2012 à 01:05 |
    Leon-Marc Levy, c' est avec grande joie que je vous lis. Et permettez de vous dire en toute sincérité que ce n'est pas facile de penser contre la masse. Comme l'avait souligné Kamel Daoud dans sa chronique sur la pensée unique du pro-palestinien. Il est quasiment impossible de penser autrement que sa société. J'essaye, comme beaucoup d'autres, de désacraliser le mythe de la pensée unique.
    Et si le forme n'est pas bien ordonnée, comme l'a commenté JF V, disons que c'est une expression d'urgence. Je n'ai que 23 ans. Et le chemin pour apprendre à mieux écrire est long.

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  • Leon-Marc Levy

    Leon-Marc Levy

    25 novembre 2012 à 00:43 |
    Votre variation désolée sur l'absurdité et le désordre de cette guerre sans fin est la chose la plus intelligente qui m'ait été donnée à lire depuis pas mal de temps. Vous écrivez en métaphore de la débâcle des esprits et des consciences et votre écriture en est un parfait écho avec, en basse continue, l'espoir que les enfants d'Abraham/Ibrahim se retrouvent enfin un jour. Bel esprit.

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  • Martine L

    Martine L

    24 novembre 2012 à 22:39 |
    Merci ; vous nous donnez là, un ton, un son, tellement différent de ce qu'on lit ailleurs, sur un sujet pour autant sérieusement abordé. C'est là, une façon fort habile et efficace pour toucher un public " non savant", et l'amener à la réflexion.

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  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    24 novembre 2012 à 14:59 |
    "Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire en viennent aisément" Boileau...Votre texte, c'est tout le contraire : confus, décousu et bâclé dans la forme.

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