Liberté, égalité, fraternité

Ecrit par Luc Sénécal le 09 mars 2013. dans La une, Actualité, Société

Liberté, égalité, fraternité

Ces mots ont une signification. Déjà, historiquement, pour les établir comme des valeurs fondamentales de la république française, beaucoup de sang a été versé. Ensuite, c’est sur le fondement du choix précis de ces mots que le ciment qu’est l’union des populations très diversifiées de France a pu prendre et prospérer. Aujourd’hui, au début de ce vingt-et-unième siècle, ces mots ont-ils le même sens ?

Nous nous attacherons à les évoquer uniquement sur le plan de la sécurité routière. Ce, comme un exemple de l’évolution de notre société et de ce qui la constitue.

Ces trois mots tout d’abord induisent la confiance. Celle qui est censée réunir tous les individus qui la composent, tant en tant que citoyens responsables qu’électeurs participant à la vie de la nation. Ce qui permet de dire que « l’état, c’est nous ». Celle qui est une réalité quand elle se compose d’une diversité remarquable, tant concernant les corporations professionnelles, artistiques ou culturelles, que les us et coutumes régionaux. Celle qui est ressentie en fait par chacun et chacune d’entre nous envers son propre pays, la France.

Or, où se trouve-t-elle cette confiance ? Comment considère-t-on le sens de la responsabilité de chaque citoyen ? Comment laisse-t-on un espace de liberté et d’initiative pour chaque acteur de la vie en communauté ?

Est-ce donc là la preuve de la valeur de ces mots, lorsqu’un système de surveillance vidéo et des appareillages de plus en plus sophistiqués s’étalent de plus en plus sur tout le territoire, que ce soit sur autoroute, sur route ou en ville ? Jusqu’à être installés dans la plus complète discrétion sur des véhicules banalisés ? Un moyen de contrôle sans que vous le sachiez, aujourd’hui pour des dépassements importants de vitesse, et demain… ? Le piège pernicieux de l’installation qui, une fois devenue une habitude, permettra d’autres objectifs par la suite. Et cela va jusqu’à pouvoir installer dans votre propre véhicule, actuellement volontairement, le moyen de vous surveiller et de dénoncer le moindre de vos gestes ou de votre comportement ?

Dans l’incapacité de traiter l’hétérogénéité des usagers de la route, les autorités se servent des comportements irresponsables de quelques-uns pour sanctionner l’ensemble. Ce, avec un objectif sous-tendu, non pas de mieux gérer les composantes de la circulation routière mais de tirer un profit financier pour couvrir les insuffisances budgétaires de l’infrastructure et des structures qui la composent. Triste incompétence.

En dénonçant par des réglementations, des décisions et des actes, le sens précis des mots liberté, égalité, fraternité, les autorités, ces élus, à qui nous sommes censés avoir remis les clefs de l’état, nous enlèvent le mortier de ce qui nous unit. La confiance. Mieux, le sens de notre appartenance à notre propre pays. Comme l’induit également la « mondialisation ».

Et la conclusion est que la défiance nous envahit les uns et les autres de plus en plus avec tout ce que cela inclut de doute, de méfiance, ce qui engendrera autant de haine et de violence à l’avenir. Le manque de recul, l’incompétence pour parvenir à moyen et long terme d’envisager les conséquences de décisions dictées uniquement pour un bénéfice immédiat, conduisent, comme on peut le voir et le constater, vers la destruction du sens même de ce mot : « Etre français ».

Le dérapage constaté des moyens donnés à ce que l’on appelle « la sécurité routière » nous donne une idée de ce que devient l’insécurité publique et civile et de ce qu’on peut en attendre à l’avenir.

 

Luc Sénécal

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