Pour se faire une opinion

Ecrit par Luc Sénécal le 13 avril 2013. dans France, La une, Politique, Actualité

Pour se faire une opinion

Pour se faire une opinion, ne vaut-il pas mieux s’efforcer de rester objectif ?

S’il convient dans l’examen d’un dossier de connaître les tenants et les aboutissants pour se faire une opinion, il est vrai aussi que le sentiment d’injustice peut venir en détourner l’objectivité alors qu’un raisonnement mieux approprié saurait apporter les suggestions nécessaires pour en corriger les travers ou trouver des solutions.

L’évasion fiscale est une injustice pour tous les citoyens qui ne peuvent en profiter puisqu’ils n’en ont pas les moyens. Elle l’est d’autant plus que ceux-ci paient plein pot le poids des taxes et des impositions de tous genres qui en chargent les biens, les revenus, les consommations etc… Par ailleurs, à bien y réfléchir, il semblerait désormais impossible d’utiliser ces fonds sur leur territoire d’origine. Ce qui pourrait bien être aussi une contrainte non seulement pour ceux qui les possèdent mais également pour ceux qui pourraient les utiliser, y compris indirectement, les états. Donc tout n’est pas si simple.

Que deviennent les sommes considérables qui quittent les territoires, que ce soit en France ou ailleurs ? Elles ne sont pas stockées quelque part en numéraire bien sûr. Elles sont utilisées plus que probablement et sauf erreur, sous forme d’actions et d’obligations dans toutes sortes d’entreprises ou de sociétés à travers les pays occidentaux. Du moins les plus importantes, celles qui possèdent une aura internationale et qui sont cotées en bourse ici ou ailleurs. Ce qui est également quelque part une injustice pour toutes les PME/PMI, tous ces commerces, ces circuits de distribution qui n’ont pas les moyens de profiter de cette manne fantastique.

Mais il y a un point qui n’est pas évoqué dans ce dossier. Ces groupes financiers possèdent des biens sur des territoires nationaux. Ils font travailler nombre de citoyens et leur donnent les moyens de subvenir à leurs budgets familiaux et aux sources de consommation dont ils ne peuvent plus se passer.

Donc quelque part, il y a un retour si l’on peut dire, sur investissements pour les populations et même pour les finances publiques. Les états récupèrent une partie de ce qui leur échappe par le biais d’une imposition sur les entreprises y compris toutes les taxes afférentes à leur activité et ce qui y est lié.

Condamner l’évasion fiscale est effectivement un réflexe évident et nécessaire. Pour autant, savoir ce qui en est fait et ce que cela apporte par ailleurs n’est pas à négliger non plus. Il conviendrait peut-être, au-delà du sentiment d’injustice que cela provoque, d’être un peu plus pragmatique. Comment convaincre ces possesseurs de fonds à revenir vers des sentiments plus patriotiques en leur donnant de bonnes raisons de rapatrier tout ou partie de ce qu’ils investissent hors des frontières. Ce, pour que cela profite plus directement à une nation, une population, des entreprises ou des citoyens qui sont grevés par le déficit conséquent du budget de l’état dont ils supportent quasiment seuls les conséquences. Sauf erreur de ma part.

Même les financiers qui utilisent ces fonds sur le plan international et qui n’ont apparemment que faire des nations qui sont, selon la façon dont ils les considèrent, comme autant d’entraves, feraient bien de s’atteler à cette réflexion. Car à force de favoriser le court terme ou à force de pousser les contribuables à bout, il y aurait un effet boomerang dont on commence, semble-t-il, à percevoir les effets.

Il y aurait mieux à faire, compte tenu de la situation actuelle extrêmement tendue, de part et d’autre, pour redonner un « esprit » cohérent. Ce, afin de savoir utiliser ces moyens financiers considérables sans mettre en danger tout le système que l’on dit capitaliste et ultra libéral. Surtout lorsque celui-ci est en danger d’effondrement. Non ?

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Luc Sénécal

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