Reflets de la semaine (153)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 04 mai 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (153)

En 2011, Nicolas Sarkozy et Carla se sont montrés particulièrement généreux envers Barack et Michelle Obama. Pièces de maroquinerie, stylos, livres, grands crus, vêtements, le tout pour 41.000 dollars ! Certes, l’amitié franco-américaine n’a pas de prix, mais tout de même ! L’histoire ne dit pas si les relations entre les deux pays s’en sont trouvé améliorées, mais ces largesses de la part de l’ancien chef d’Etat cachaient peut-être un énorme « besoin d’amour »… Quant à François Hollande, lors de son récent déplacement au Mali, il s’est vu offrir un chameau, ou, plus exactement, deux, le premier ayant fini en « tajine », puis une paire de chevaux, au cours de son voyage en Algérie. Inutile de préciser que ces cadeaux, quelque peu encombrants, auraient eu beaucoup de mal à trouver leur place au Musée du Président Chirac, à Sarran, en Corrèze, qui abrite la collection des objets offerts à l’ancien président de la République, car il fut un moment question d’attribuer une salle destinée aux cadeaux de l’actuel chef de l’Etat, présents et futurs. Décidément, pour Jacques Chirac et François Hollande, la Corrèze est et demeure une « terre d’élection » ! « Un chameau, c’est un cheval dessiné par une commission d’experts », disait Francis Blanche. « Normal », aurait pu lui rétorquer le locataire de l’Elysée, toujours d’une grande sobriété !

 

Quelle mouche a donc piqué le PS, qui s’en est pris directement à Angela Merkel et à sa politique d’austérité ? Claude Bartolone, le quatrième personnage de l’Etat, est même allé jusqu’à parler de « confrontation » ! Incontestablement, le parti au pouvoir joue à se faire peur, juste avant la convention nationale sur l’Europe et les européennes de 2014, étalant une nouvelle fois ses divergences au grand jour et affaiblissant, au passage, l’autorité du chef de l’Etat… Oublié, le traité de l’Elysée, signé par le Général de Gaulle et Konrad Adenauer, en 1963 ? Oubliés, les autres acteurs qui ont œuvré pour le rapprochement franco-allemand, comme Pompidou et Brandt, Giscard d’Estaing et Schmidt, Mitterrand et Kohl, Chirac et Schröder ? Ce n’est pas en adoptant une telle attitude, qui, lorsqu’on y regarde de plus près, apparaît comme éminemment politique, qu’il sera possible un jour de miser sur une Europe « revue et corrigée ». Quoi qu’il en soit, cet incident de parcours constitue une preuve supplémentaire de l’incroyable légèreté avec laquelle une partie du personnel politique dirige le pays, où, trop souvent encore, l’improvisation tient lieu de cap. Au grand dam de la chancelière, qui a de plus en plus de mal à nous cerner, comme d’autres dirigeants de l’Union, sans doute. Et ce sont précisément ces couacs qui nous fragilisent chaque jour un peu plus, alors que la situation présente nécessite un réajustement sérieux !

A propos de l'auteur

Claude Gisselbrecht

Claude Gisselbrecht

Rédacteur

Professeur de Lettres

A collaboré au quotidien régional " Le Républicain Lorrain " ( critique littéraire et responsable de rubrique ).

A signé de nombreux " papiers " dans la rubrique " Courrier des Lecteurs " de plusieurs journaux et magazines ( " Le Monde ", " Marianne ", " Le Nouvel Observateur ", ...), et des chroniques sur LeMonde.fr.

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