Reflets de la semaine (157)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 01 juin 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (157)

Moustaki, le métèque, vient de tirer sa révérence. Celui qui composa pour Piaf, Reggiani, Montand, Barbara et « La Gréco », laquelle a rendu un vibrant hommage à l’homme « exquis » qu’il fut tout au long de sa vie, croisera sans doute « Milord » au paradis. Dans Dire qu’il faudra mourir un jour, il chantait : « Dir’ qu’il faudra rester tout seul / Dans la tristesse d’un linceul / Sans une fille pour la nuit / Sans une goutte de whisky »… A l’en croire « Nous avons toute la vie / Pour nous amuser / Nous avons toute la mort / Pour nous reposer »… In fine, la boucle est bouclée !

 

Gays, gays, marions-les ! Et vite, puisque telle est leur volonté ! En votant cette loi, d’une importance capitale – cela ne vous aura pas échappé –, notre pays a fait un grand pas en avant. La société avance, certes, mais veillons à ce qu’elle ne marche pas trop souvent sur une seule jambe… Cela dit, je profite de l’occasion pour présenter tous mes vœux de bonheur et de prospérité aux nouveaux couples !

 

Après une légère accalmie, les affaires reprennent de plus belle, si l’on peut dire. Au grand dam des électeurs que nous sommes et qui n’en pouvons plus des frasques de nombreuses personnalités politiques, qu’elles soient de gauche ou de droite. Ces dernières, en effet, se sont installées dans une sorte de « zone de non-droit », et, avec un aplomb qui frise l’indécence, s’y baladent pour encore mieux nous « envoyer promener »… C’est humainement intolérable. Certes, la vie politique est loin d’être un long fleuve tranquille, mais, aujourd’hui, la coupe est pleine et déborde. En vérité, l’homo-politicus n’est que l’archétype du citoyen lambda, pour qui l’enrichissement personnel est devenu une fin en soi, une « seconde nature ». Et parce que l’argent règne en maître, tous les coups, ou presque, sont permis. Impuissants, nous assistons à une « mise au placard » des valeurs qui fondent la République, dont la probité constitue le fer de lance, et au retour d’une forme de « féodalité » dont les signes, au fil des ans, sont apparus au grand jour. Au final, le rejet du politique n’est que la réponse, fort inquiétante, au demeurant, d’une société qui a engendré une perte de repères, surtout chez les jeunes, et l’ennui, qui, avec les conséquences que l’on sait, se propage un peu partout à une vitesse vertigineuse… Pour nous tous, sans pessimisme outrancier, le réveil risque d’être brutal !

A propos de l'auteur

Claude Gisselbrecht

Claude Gisselbrecht

Rédacteur

Professeur de Lettres

A collaboré au quotidien régional " Le Républicain Lorrain " ( critique littéraire et responsable de rubrique ).

A signé de nombreux " papiers " dans la rubrique " Courrier des Lecteurs " de plusieurs journaux et magazines ( " Le Monde ", " Marianne ", " Le Nouvel Observateur ", ...), et des chroniques sur LeMonde.fr.

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