Reflets de la semaine (161)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 29 juin 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (161)

Toutes les révolutions ont leurs héros, leurs « figures de proue »… Robespierre, Danton, et bien d’autres, pour la Révolution française… Geismar, Sauvageot et Cohn-Bendit, pour Mai 68, mais c’est Caroline de Bendern, une parfaite inconnue, qui est devenue, bien malgré elle, « l’icône de 68 », juchée sur les épaules de son compagnon, en train de brandir le drapeau du Vietnam ! Il est vrai que la plupart des « révolutionnaires » souhaitent, consciemment ou non, donner une forme de légitimité à leur mouvement de protestation, par le biais d’une « héroïne » ou d’un « héros », choisis parmi la foule anonyme, tentant ainsi de « sublimer » leur action pour la postérité. En Turquie, par exemple, on a vu surgir « la femme en rouge », puis « l’homme, debout et immobile » – le comble, pour cet artiste, chorégraphe de son état –, et, plus récemment encore, circulait sur les réseaux sociaux, véritables fers de lance des révolutions modernes, une « copie » de La Liberté guidant le peuple, d’Eugène Delacroix, sous les traits d’une jeune femme rebelle, dans sa robe bleue à bretelles, flanquée du drapeau turc. Tout un symbole ! Sans doute vous souvenez-vous aussi de cet étudiant chinois en chemise blanche, qui, en 1989, tentait de « stopper » à lui seul une colonne de chars sur la place Tian’anmen, ou, plus près de nous, du suicide de Mohamed Bouazizi, ce vendeur de fruits et légumes tunisien, à l’origine du printemps arabe, qui allait se propager comme une traînée de poudre… Le Brésil, où la révolte gronde, se choisira-t-il à son tour une ou plusieurs « icônes » ? Car mettre un visage sur un soulèvement populaire, au sens noble du terme, pourrait apparaître – l’image, toujours l’image – comme une étape décisive sur le chemin de la démocratie !

 

Après les confessions télévisées de Lance Armstrong, servies, on s’en souvient, par une mise en scène « au millimètre », c’est au tour de Jan Ullrich de passer aux aveux… Oui, lui aussi s’est dopé pendant de longues années, comme beaucoup d’autres de ses collègues… Dans une tribune parue dans Libération daté du 16 mai, Le dopage, c’est l’opium du sport, Marc Perelman, professeur à l’université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, écrivait en substance : « Sans dopage, la compétition dans son ensemble et quel que soit le sport n’existerait plus (…) Le dopage est le moteur du sport (…) Le dopage constitue le cœur de la compétition (…) C’est à un dopage pour tous auquel aspirent la plupart des protagonistes du sport (…) Le dopage est dorénavant le seul moyen qui permet d’assurer un spectacle sportif total (…) En ce sens, le dopage n’est plus un tabou ! »

 

L’Etna et le Mont Fuji, deux volcans ayant en commun l’insularité, viennent d’être inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. L’un, c’est bien connu, possède un tempérament de feu et laisse très souvent éclater sa colère. L’autre, qui porte l’hermine et apparaît plus distant, a inspiré bon nombre d’artistes. Parmi eux, Basho Matsuo, poète du XVIIe siècle, connu surtout pour ses haïkus : « Sur l’éventail / Je mets le vent venant du mont Fuji / Voilà le souvenir d’Edo (Tokyo, à cette époque) ».

A propos de l'auteur

Claude Gisselbrecht

Claude Gisselbrecht

Rédacteur

Professeur de Lettres

A collaboré au quotidien régional " Le Républicain Lorrain " ( critique littéraire et responsable de rubrique ).

A signé de nombreux " papiers " dans la rubrique " Courrier des Lecteurs " de plusieurs journaux et magazines ( " Le Monde ", " Marianne ", " Le Nouvel Observateur ", ...), et des chroniques sur LeMonde.fr.

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