Reflets de la semaine (165)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 31 août 2013. dans La une, Actualité

Reflets de la semaine (165)

A La Rochelle, Jean-Marc Ayrault a recadré ses ministres parce qu’ils ne jouent pas assez, selon lui, la carte de l’unité. Pour ce faire, il n’a pas hésité à évoquer Andy Warhol, le pape du pop’art, dont la plus célèbre citation est dans toutes les mémoires : « A l’avenir, chacun aura son quart d’heure de célébrité (mondiale) »… « Pour certains, ce n’est pas une fois dans leur vie, c’est le plus souvent possible ! », a ajouté le Premier ministre, ironique.

On devine aisément à qui il pensait en priorité. En effet, ils sont nombreux ceux qui, avant et pendant l’été, se sont lancés dans des déclarations tonitruantes devant micros et caméras, en totale contradiction, parfois, avec la politique suivie par le gouvernement, mettant ainsi à mal la crédibilité de l’exécutif et suscitant des interrogations au sein même du parti.

Ce « jeu de massacre », bien sûr, a surtout profité à l’opposition. Le Parti de gauche, par exemple, à travers les propos « corsés » de son tribun de service, n’a pas cessé de tirer à boulets rouges sur la politique menée par la majorité en place. Pour ce qui est de l’extrême-droite et de la droite, les « flèches empoisonnées » ont également été tirées en nombre, atteignant presque toujours leur(s) cible(s).

 

De son côté, Jean-François Copé faisait sa rentrée à Châteaurenard. Dans son allocution, il a, comme de coutume, fustigé la politique du président de la République, cible favorite d’un candidat potentiel à la magistrature suprême en 2017… En guise de « catalyseurs » pour les années à venir, il a largement puisé dans notre Histoire, en citant notamment le Général de Gaulle, dernier président du Conseil de la IVe République, à qui les députés donneront le feu vert pour gouverner par ordonnance pendant six mois, et évoqué la bataille de la Marne, qui symbolise, s’il en fut, la persévérance et le courage, surtout lorsque la situation paraît désespérée !

 

Quant à François Fillon, il a réuni ses « bien chers frères » à l’abbaye cistercienne de Champagne, à Rouez-en-Champagne, dans la Sarthe, pour leur annoncer solennellement qu’il voulait administrer à la France une « thérapie de choc », afin de lutter contre cette « régression qui mine le pays depuis un quart de siècle »… A la fois moine et médecin, comme le fut un autre François, un certain Rabelais !

 

Au final, que penser du discours politique, tous partis confondus ? Qu’il a drôlement vieilli, qu’il « s’écoute parler », qu’il manque manifestement de souffle, qu’il ne fédère plus autant… Principalement à cause de la situation politique et économique du moment, et, surtout, du fossé qui ne cesse de se creuser entre gouvernants et gouvernés. Rappelons aussi que nos élites, à quelques exceptions près, ont suivi le même cursus, et que leur éloquence s’en ressent… Dans ces conditions, est-il encore possible, aujourd’hui, de mobiliser les foules et d’éviter qu’un projet, aussi ambitieux soit-il, ne se remplisse de vide ipso facto ?

 

A l’opposé, on vient de célébrer le cinquantenaire du célèbre discours – « I have a dream » – que prononça Martin Luther King sur les marches du Lincoln Memorial, le 28 août 1963. Symboliquement, Barack Obama a prononcé le sien au même endroit, déclarant notamment : « Ses mots sont éternels, possèdent un pouvoir et un caractère prophétique sans équivalent à notre époque »… Preuve qu’une rhétorique de bon aloi et des envolées servant une cause juste peuvent véhiculer un formidable message d’espoir !

A propos de l'auteur

Claude Gisselbrecht

Claude Gisselbrecht

Rédacteur

Professeur de Lettres

A collaboré au quotidien régional " Le Républicain Lorrain " ( critique littéraire et responsable de rubrique ).

A signé de nombreux " papiers " dans la rubrique " Courrier des Lecteurs " de plusieurs journaux et magazines ( " Le Monde ", " Marianne ", " Le Nouvel Observateur ", ...), et des chroniques sur LeMonde.fr.

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