Vu de l’étranger

Ecrit par Jean-François Vincent le 29 avril 2017. dans France, La une, Politique, Actualité

Vu de l’étranger

J’ai consulté la presse européenne (du moins dans les limites de mes compétences linguistiques) pour rendre compte de la perception du premier tour dans les différents pays.

Remarque préliminaire : l’élection française a passionné l’Europe. En Belgique, la RTBF (télévision francophone) y a même consacré toute une soirée électorale.

Trois types de réaction : l’espoir, la stupeur et la perplexité.

 

L’espoir

La Stampa clame : « Emmanuel Macron a sauvé l’honneur de la France ! ».

Die Zeit, moins lyrique, confirme : « Macron donne confiance à l’Allemagne, les hommes politiques allemands congratulent le pro-européen ».

The Guardian encourage : « une victoire pour Macron et pour l’espoir. Maintenant la France doit finir le boulot, dans deux semaines, en élisant M. Macron ».

 

La stupeur

Le Soir titre : « La gifle ! Une gifle retentissante pour tout l’establishment politique ».

De Telegraaf n’est pas en reste : « cela signifie un tremblement de terre dans la politique française. C’est la première fois depuis près de 70 ans qu’il n’y a pas, au second tour, de candidat des partis ayant pignon sur rue, LR et PS ».

Idem pour le Corriere della Sera : « pour la première fois depuis qu’existe l’élection directe du président, la droite républicaine n’est pas présente au second tour ».

« Une page est tournée dans la vie politique française » déplore le quotidien flamand De Standaard.

The Daily Telegraph parlant lui de la « rebuffade donnée par Emmanuel Macron et Marine Le Pen à la classe politique ».

 

La perplexité

Elle domine.

La Neue Zürcher Zeitung évoque très métaphoriquement « Le gentil et la bête » : « l’élection présidentielle se transforme en plébiscite sur l’Union Européenne. Au second tour, s’opposent la furieuse adversaire de l’UE, Marine Le Pen et le défenseur de l’Europe, Emmanuel Macron ».

La Süddeutsche Zeitung s’interroge : « la France a le choix entre l’optimisme et la rage. Elle doit choisir entre l’ouverture au monde et la fermeture ».

 

Bref, malgré un soulagement certain, La France inquiète. Moins d’ailleurs en raison de la montée évidente de la xénophobie, que par l’éventualité d’un « frexit ». Après tout, en ajoutant Dupont-Aignan, il n’y a pas loin de 45% des votants hostiles à l’Europe. Le frexit signifierait, en effet, la mort de l’UE.

Mais heureusement, nous n’en sommes pas là…

A propos de l'auteur

Jean-François Vincent

Jean-François Vincent

Directeur de publication

Membre du Comité de Rédaction et rédacteur

Traducteur au Conseil de l'Europe

Ancien professeur certifié d'anglais

Ancien diacre à la cathédrale russe saint-Alexandre Nevski de Paris

Maîtrise d’anglais

Licence de philosophie

Licence de droit

Diplômé de l’institut de théologie orthodoxe Saint-Serge

Commentaires (1)

  • Martine L

    Martine L

    29 avril 2017 à 16:41 |
    Très utile récolte ; l’Europe se passionne pour nos élections ; le phénomène FN étant au cœur de l'observation, tant dans sa dynamique supposée à comparer aux autres avancées populistes dans plusieurs pays européens, que - plus directement, parce que la pièce France sur l'échiquier européen, est essentielle et que tout ce qui bouge là, dans des débats fortement colorés pour ou contre l'UE, risque d'impacter toute l'Europe.

    Répondre

Poster un commentaire

Vous êtes identifié en tant qu'invité.