Politique

L’IFRI présente « L’agenda en politique étrangère du nouveau président »

Ecrit par Martine L. Petauton le 21 avril 2017. dans Monde, La une, Politique, Actualité

L’IFRI présente « L’agenda en politique étrangère du nouveau président »

… Le huitième de la Vème république, celui – ou celle – qu’on élira le 7 Mai.

Il ne s’agit pas d’une comparaison des programmes en politique étrangère, même si, à la fin de chacun des 15 articles de cette somme de travail d’analyses, un tableau synoptique présente fort utilement les propositions des grands candidats. Il s’agit des thèmes qui seront ceux auxquels le nouveau président sera confronté dès son élection. A la fois, donc, des analyses et pistes destinées aux candidats eux-mêmes et bien autant à la réflexion de nous tous, lecteurs-électeurs.

Cet important travail que présente l’IFRI rassemble 15 articles courts et pas moins de 21 rédacteurs, sous la houlette du directeur de l’Institut, Thomas Gomart, et de Marc Hecker, dirigeant les publications de l’IFRI et rédacteur en chef de la revue de Politique Étrangère, dont nous sommes devenus familiers à Reflets du temps.

Impossible de recenser – vraiment – chacun des 15 articles, tous fondamentaux. J’ai pris le parti d’en extraire quelques éléments phares, à tout le moins, d’en éclairer le titre en forme de problématique parlante. Saluant chacun des chercheurs spécialistes qui ont dégagé la substantifique moelle de leur sujet, tous de façon pédagogique et remarquable ; me sera-t-il pardonné de n’en citer, pour cause de place, aucun de leurs noms !

L’introduction cible l’importance en politique étrangère, du Président, et depuis le passage au quinquennat en 2002, l’accentuation de la rupture Gaullo-Mittérandienne.

« La – future – politique étrangère sera entravée par la dette » à hauteur de 32000 Euros / Français de dette, d’où un incontournable : la baisse des dépenses publiques.

Au-delà des « postures », « comment défendre les intérêts de la France commercialement ? » sachant que le débat actuel tourne autour d’un retour à un protectionnisme français, et qu’il faudrait chercher à influencer des réponses européennes aux défis de l’heure.

Point central, celui de « l’énergie et du climat, des enjeux de la transition énergétique »,une des réussites du quinquennat sortant, dont la progressive sortie du plein nucléaire reste à aménager.

5 défis pour la présidence à venir, autour – évidemment – du « terrorisme ». Connaître la source à travers la zone syro-irakienne ; cibler le problème des « revenants » et trouver la juste place et forme de la déradicalisation. Avoir en mire la réactivation des réseaux anciens, et « faire fonctionner » le fichier mis en place depuis 2015 des 12 à 16000 personnes susceptibles de passer directement à l’acte, de même que les « frappes obliques » venues de ressortissants étrangers.

La « défense » pourrait bien être à un « moment de vérité » dans le prochain quinquennat, avec une réaffirmation de l’objectif de l’autonomie stratégique, ce qui souligne le besoin de crédits et moyens insuffisants pour le moment.

Un article très actuel sur la « maîtrise du numérique en stratégie » apporte un utile éclairage sur la course aux cyberarmements, dont la Russie, s’est fait – on sait - une spécialité.

L’article sur « reformuler le défi migratoire » est – forcément – attendu, de même, pour le coup, que le tableau synoptique des programmes des candidats. Débats qui tournent depuis la fin des années 80 autour des notions de nationalité, régularisations, immigration choisie et/ou subie. Mais, l’été 2015 et la crise des migrants, la catégorie aussi de réfugié s’invitant dans les débats, a coloré différemment la campagne. Nécessité d’un traitement de ces sujets à l’échelle européenne, mais force est de constater que des approches irréconciliables, apparemment, se sont installées entre états européens ; Allemagne, par exemple, et Hongrie. Plusieurs articles éclairent les problématiques propres à nos relations à venir avec des États ou groupes d’états.

Que faire avec la Russie ?

Ecrit par Martine L. Petauton le 15 avril 2017. dans Monde, La une, Politique

Revue de Politique étrangère de l’IFRI

Que faire avec la Russie ?

Dossier « Contre champ » de la revue Politique Etrangère, printemps 2017, une réflexion de toute première urgence : la Russie. Omniprésente dans notre actualité, encore cette semaine passée avec les évènements de Syrie. Omniprésente dans la géopolitique de notre quotidien, et forcément alimentant peurs et fantasmes à moins qu’enthousiasmes bruyants :« Le grand méchant loup est de retour. Et il est russe… La Russie serait au mieux imprévisible. Vladimir Poutine serait le nouveau maître du monde… ».

Deux articles charpentés essaient avec maestria l’un comme l’autre d’éclairer nos lanternes sur « nous et la Russie ». Les titres posent des nuanciers différents entre « vivre avec la Russie » et « faire face à la Russie ». Aucun propos simpliste, ni caricatural dans ces analyses de l’Occident face à la Russie, notamment l’UE ; derrière, les USA.

Dominique David (Vivre avec la Russie) tisse son analyse autour de deux idées force : « La Russie puise sa force dans les erreurs et les illusions de l’Occident de l’après guerre froide » mais  « ni leader, ni modèle, elle a besoin des nations occidentales ». Nous recevons de l’immense voisin des reflets manquant d’objectivité que nous lisons à l’ombre de pré-acquis historiques, de réflexes et de crispations idéologiques, nous empêchant de « mesurer ce qui fait la force et la faiblesse russe aujourd’hui ». Les signes de bonne volonté de Poutine vis-à-vis de l’Occident, Amérique comprise, sont listés, depuis 2011, de même que leur échec. D. David éclaire en l’Occident ce « remplacement d’une société de stratégies par une communauté internationale des valeurs, et l’alignement universel sur les principes formels de la démocratie ».Ce qui fait sens au regard de l’Histoire récente. Géopolitiquement parlant, l’accent est mis sur les changements qui s’ordonnent sur l’échiquier international ; fin des puissances intégrales ; multiplicité des puissances limitées (et mouvantes, peut-on ajouter) à la tête desquelles veut se positionner la Russie. Laquelle « dans l’air du temps » a su développer des langages d’« obsessions dominantes » tel « l’anti-islamisme virulent, le conservatisme des valeurs d’État, l’autorité martiale et la fermeture pour se préserver de l’autre… ».Pays qui a « les faiblesses d’une force », décline l’article : un camp du refus contre l’OTAN, y compris à l’ONU, immensité, richesses énergétiques, balancier Europe-Asie. Faiblesses en terme d’une économie qui a pâti de la chute des cours en énergie, de l’évasion financière, d’un secteur productif et d’infrastructures sacrifiées, d’une « puissance militaire » qu’il faut nuancer, si ce n’est que l’image supposée menaçante de cette force reste un atout.

Comment du coup départager ce qui doit exister et être pesé entre « l’intérêt russe et notre intérêt » ; partout la Russie existe et « marginaliser, refouler cet acteur serait dangereux ; l’inclusion étant le but d’une stratégie pacifique ». Négocier, donc, en Ukraine (lever à terme les sanctions), négocier sur le Levant, négocier l’ordre de sécurité européen… Coexister avec un régime qui ne nous agrée pas. Entre autres… dit D. David.

Thorniké Gordadzé, qui fut ministre d’état en Géorgie (Faire face à la Russie), insiste sur le rôle de diviseur des Occidentaux de Poutine, tant en géopolitique pure, qu’en soutien par exemple des populismes européens à l’intérieur des états. Analyse précise est faite du système Poutine, « un régime qui se caractérise par l’accaparement du pouvoir politique et économique par les acteurs venant des services de sécurité, la suppression des contre pouvoirs, médiatiques, comme opposition politique… Ces services s’auto investissant d’une mission quasi métaphysique de sauvegarde d’une patrie en constant danger ». Accent mis, chiffres à l’appui, sur la considérable baisse du niveau de vie d’une grande partie de la population – 16% vivent au-dessous du seuil de pauvreté. La Russie n’a donc pas les moyens de ses ambitions géopolitiques, essentiellement redevenir une très grande sur l’échiquier, via l’image martiale de son versus militaire. Elle se veut « un modèle alternatif à celui de la démocratie libérale occidentale », ce qui est plus difficile qu’au temps de l’URSS. Aussi, elle contourne ces réalités en s’attaquant – Wikileaks, et les réseaux sociaux – aux tares supposées du « modèle » occidental. Et échafaude un projet de sociétés conservatrices aux valeurs chrétiennes et familiales.

Sortir de l’Égypte des asservis et de l’Égypte des oppresseurs

Ecrit par JCall le 15 avril 2017. dans Monde, La une, Politique

Sortir de l’Égypte des asservis et de l’Égypte des oppresseurs

Chaque année, le soir du Seder de Pessah (la Pâque juive) commence par les quatre questions posées, généralement par des enfants, pour demander en quoi cette nuit est différente des autres nuits. En rappelant ainsi la singularité de cette fête qui commémore, à travers la Haggadah qui en est le récit, la sortie de l’esclavage et la naissance d’un peuple libre, ces questions confrontent ainsi chacun d’entre nous au sens du mot liberté. Il ne suffit pas de quitter l’esclavage pour devenir libre. C’est d’ailleurs pourquoi, selon le récit, les Hébreux ont dû rester 40 ans dans le désert avant de pouvoir entrer en « Terre promise », le temps de perdre cette mentalité de soumission et de recevoir et s’approprier la Loi, car sans loi il n’y a pas de liberté.

Ce renouvellement de la question confronte ainsi, génération après génération, chacun à son identité individuelle et collective qui est construite autour d’un texte et de ses commandements qui sont à l’origine d’une éthique. Rappelons qu’il est écrit 34 fois dans la Torah : « Vous aimerez l’étranger, vous qui fûtes étrangers dans le pays d’Egypte » (Deutéronome 10-19).

Il est bon de rappeler ce principe moral, à une époque où tant de personnes et de pays choisissent de fermer la porte aux étrangers et aux réfugiés.

Mais cette année la soirée du Seder aura un sens particulier. En effet, 2017 marque le cinquantième anniversaire de la guerre des Six jours qui fut – certes ne l’oublions pas – une guerre de défense pour Israël, mais qui fut aussi le début de l’occupation des territoires palestiniens, une occupation dont on ne voit pas la fin. Or, selon la tradition juive, la cinquantième année est celle de la liberté. Il est écrit en effet dans le Lévitique (25-8 : 13) : « Sanctifie la cinquantième année, et proclame la liberté d’un bout à l’autre du pays pour tous ses habitants. Ce sera celle du Jubilé pour vous ». N’est-il pas temps de mettre fin à cette situation, et qu’advienne pour ces deux peuples le temps de la liberté et de la paix ?

Pour marquer cette date, une Haggadah spéciale a été rédigée. Au texte traditionnel ont été ajoutés des textes écrits par des personnalités juives, essentiellement israéliennes et américaines, exprimant la contradiction morale existant entre cette fête, symbolisant la libération du peuple juif, et la domination par Israël d’un autre peuple privé de ses droits nationaux.

Vous pouvez vous procurer cette Haggadah éditée par Tomer Persico et illustrée par Michal Sahar, une célèbre graphiste israélienne, dans sa version anglaise en vous connectant sur http://nif.org/sisohaggadah

et, pour les hébraïsants, dans sa version en hébreu sur :

https://www.siso.org.il/sisohaggadah

Cette semaine de Pessah, seront organisées dans beaucoup de villes en Israël et en diaspora des soirées où seront lus des extraits de cette Haggadah. JCall s’est associé à l’organisation de ces soirées, ouvertes en priorité aux adhérents membres de notre association qui ont tous été prévenus en temps voulu pour s’y inscrire. Ce sera le cas à Paris le 11 avril, et à Genève le 12 avril.

Nous avons choisi deux extraits, parmi les textes rédigés spécialement pour cette Haggadah du Jubilé.

Syrie... Et l'Histoire de devoir faire sens

Ecrit par Martine L. Petauton le 08 avril 2017. dans Monde, La une, Politique, Actualité

Syrie... Et l'Histoire de devoir faire sens

Parce que l'homme, on peut l'espérer, est aussi bâti de mémoires, celles des grandes guerres, des Hiroshima et du Viet Nam, celle – si près, si loin peut être, des villages kurdes de Sadam, de Damas, enfin – été 2013, en Août, au mitan des plages, quand la bagatelle des 1500 morts – déjà Sarin,  s'étala en une et, que la voix de Hollande – notre honneur - fut hélas seule à tonner.

Alors, ce coup-ci ( car Bachar-l'infâme glisse ses horreurs de coup en coup, du moment que ça bouge pas trop ; tuant comme un sale gamin qui profite de ce qu'on ne le voit pas à la récré), après Alep cet hiver, l'entrée dans l'été par l'aspersion d'un quartier dit « rebelle » au Sarin – 10 mm sur la peau suffisant à  provoquer des séquelles définitives.

 En finir avec un nid d'opposants ? Impressionner un adversaire qui n'en finit pas de mourir ? Ou voir et mesurer la capacité – la volonté - de résistance des autres en face, cet « Occident » globalisé... Le cerveau tordu de Bachar Al Assad n'en finit pas de nous sidérer.

Même scénario, ou peut s'en faut, qu'en 2013, profitant pour avancer de quelques cases sur cet échiquier de malheur, d'une situation internationale  devenue d'une autre teinte : l'appui, pensé sans doute sûr de la Russie et de l'Iran ; le changement Obama / Trump ; le premier étant vécu comme couard incapable de quitter sa tanière ; le nouveau ayant eu il y a peu, d'amènes propos sur Bachar, comme à vrai dire sur tout dictateur ; l'UE au pire de sa « décomposition  démocratique », Hollande sur le départ ; une Le Pen quelque peu fascinée, sous l'égide de son mentor en géopolitique , Poutine. Bref, un excellent créneau.

C'était sans compter avec, ce qui, de fait, est presque le seul vrai tangible de l'élection surprise de Donald Trump ; sa santé mentale. On le sait – un peu tard - l'homme est un narcissique médical, prisonnier de coups de sang non maîtrisés et d' affects désordonnés. Un compulsif aux manettes. Revoyez ces dernières 48 h : les images – beaucoup d'enfants - accompagnant les faits circulent en boucle sur les chaînes d'infos – seules validées par la Maison blanche. Choqué, bombardé d'émotionnel, Trump sombre – comme nous tous, mais d'une toute autre place - dans un compassionnel déchaîné et immédiat, et décide, que contrairement à tout ce qui a accompagné et fait sa campagne et sans doute son succès, on allait « sortir » de chez soi, armé de pied en cap et « intervenir ». Ce qui signifie d'habitude, quand on est un chef d'état, un protocole, éloigné de toute précipitation. On consulte les instances internationales, on essaie  de convaincre le conseil de sécurité ( ce qu'a fait du reste sa ministre, photos à la main), on consulte, à tout le moins on avertit ses alliés ( F. Hollande baragouine en regardant ailleurs, qu'il a ( aurait) été prévenu 1 h avant, ce dont on peut douter, à peser son mécontentement visible). Or, là, intervention en solo pur des États Unis, au débotté. Foin de la coalition ; quelle coalition ?? Attaque aérienne ciblée, certes, mais dans la foulée, autant dire, réaction « personnelle » du compulsif, pas mécontent dans le champ militaire, comme dans quelques autres depuis son élection, d'utiliser tous les jouets que le pouvoir lui a remis. J'entends ça et là quelques trémolos sur le Trump nouveau ; on me permettra d'y voir le même. Exactement, et dans un « jeu » qui peut légitimement inquiéter.

Pour autant, et comme en géopolitique, la fin compte bien autant que les formes et les moyens, faut-il attendre de vrais résultats des évènements du jour ? De nature, par exemple à infléchir le cours de la guerre en Syrie, voire de reposer les rapports internationaux ? Assad reculant, transi de peur, et préparant ses valises ? Probablement pas, d'autant que l'allié russe – l'Iranien, pas moins, s'est immédiatement porté à son secours, convoquant le post factuel, en renversant le récit – ce seraient les rebelles qui couveraient de tels entrepôts de gaz...

Quant à ceux à qui plaisait – le Munichois étant une espèce consubstantielle à l'homme, et hélas éternelle – l'idée d'une planète où les Grands, USA, Russie, se seraient « entendus », vaille que vaille, ces évènements là sont de nature à les faire déchanter.

L'avenir demeure donc  bien embrouillé, sur le théâtre syrien et j'entendais, hier, notre précédent ministre des Affaires étrangères – Laurent Fabius, un très bon cru ! commentant les évènements du sinistre Août 2013, en ces termes : - plusieurs hypothèses se présentent ; toutes se discutent avec les autres ;  parmi elles,  il n'y en a qu'une que je réfute absolument, celle qui dirait qu'il ne faut rien faire...

Présidentielles : vers des scénarios du pire ?

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 08 avril 2017. dans La une, France, Politique

Présidentielles : vers des scénarios du pire ?

Tous les commentateurs nous disent, et les français ressentent très bien cela, que les élections présidentielles d’avril-mai 2017 sont devenues complètement « folles », en rapport avec les cinq candidats qualifiés de « grands » par les médias, par rapport aux six autres longtemps appelés « petits » ! Mais, il y a autre chose de beaucoup plus grave : c’est le fait que pourraient se produire ce que j’appellerais pour cette chronique des scénarios du pire. Pourquoi cette expression ? Et pourquoi le pluriel ? Tout simplement surtout en raison de la possible – même si elle ne semble pas probable – arrivée au pouvoir de Marine Le Pen, ou de celle, de plus en plus improbable (même si…) de François Fillon. Et il y a enfin, à un niveau qui n’est certes absolument pas comparable (je le montrerai dans la dernière partie de ma chronique), ce que certains considèrent comme relativement risqué avec l’élection éventuelle d’Emmanuel Macron, qui serait privé, selon eux, d’une majorité présidentielle lors des législatives de juin, ce qui pourrait rendre la France ingouvernable (?) Je vais analyser ces trois cas de figure, en hiérarchisant, bien entendu, ces scénarios plus ou moins problématiques pour l’équilibre de notre démocratie actuelle.

Il convient de commencer – cela va de soi – par la façon dont notre pays pourrait vivre des mois (voire davantage) particulièrement graves en cas de victoire sur le fil de Marine Le Pen et du parti front-nationaliste, bien que la candidate frontiste n’ait pas d’alliés pour franchir la barre des 50% des suffrages exprimés plus un pour le second tour (ce que certains appellent « le plafond de verre »). Pourquoi, en se projetant vers un futur de ce type, la situation de la France pourrait-elle devenir vraiment gravissime ? En premier lieu, au moment du choc provoqué par son élection comme présidente, il y aurait probablement des manifestations de rue beaucoup plus importantes encore (et dures) que celles qui avaient suivi et suivent encore l’élection (légale, mais non légitime par rapport au suffrage universel) de Donald Trump aux États-Unis ; et pourquoi pas des troubles opposant manifestants et contre-manifestants, un peu comme assez récemment au sein de la Turquie de Recep Tayyip Erdogan ?! En second lieu, Marine Le Pen aurait-elle une majorité lors des élections législatives de juin face aux résistances démocratiques auxquelles je viens de faire allusion et qui pourraient déstabiliser positivement une partie importante des électeurs voulant rectifier le tir en lui imposant une sorte de « cohabitation » (avec quel premier ministre ?)… ? En troisième lieu, on assisterait, avec la sortie de la France de la zone euro, à un risque de tangages – voire à une dislocation progressive – dans l’Union Européenne, car que serait celle-ci sans le fameux « couple franco-allemand »… ? En quatrième lieu, le franc – auquel nous reviendrions – serait attaqué (dans le cadre d’une spéculation à la baisse) par les investisseurs étrangers ! Il connaîtrait des dévaluations en cascades, qui ne seraient absolument pas « compétitives », puisque, si les prix de nos produits à l’exportation seraient moins chers, toutes nos importations (par ailleurs bien plus conséquentes) subiraient, avec des mesures de rétorsions de la part de pays comme la Chine ou les États-Unis, des renchérissements considérables ; d’où un déficit de plus en plus marqué de notre balance commerciale et un franc devenant ce que l’on appelle une « monnaie de singe », c’est-à-dire perdant de plus en plus de sa valeur, jusqu’à un possible effondrement (?) En dernier lieu, et inévitablement les taux d’intérêt augmenteraient considérablement – de la part des milieux financiers qui nous prêtent de l’argent –, en conséquence de quoi, au bout de cinq ou six mois, notre pays connaîtrait la banqueroute, ou ce que l’on nomme un « défaut de paiement »…

Pour ce qui concernerait le cas, certes peu probable, mais sait-on jamais… (?), consistant à voir François Fillon l’emporter en mai après une qualification d’extrême justesse lors du premier tour du 23 avril, en quoi s’agirait-il d’une autre forme de scénario du pire ? D’abord, ce serait l’arrivée à la magistrature suprême d’un homme complètement démonétisé par les affaires du Penelopegate et du Fillongate, ce qu’une grande partie des français ne supporterait pas ! Ensuite, soit François Fillon ne pourrait quasiment rien appliquer en rapport avec du programme – notamment « anti-social » – qu’il avait annoncé lors des primaires de la droite ; ce serait alors très vite l’immobilisme, l’impossibilité de réformer en profondeur notre pays (sachant que le terme de « réforme » est par définition polysémique), et nous aurions donc un quinquennat pour rien contribuant à favoriser encore la montée du Front National de Marine Le Pen ! Enfin (seconde possibilité), soit le nouveau chef de la droite pourrait rester « droit dans ses bottes » (pour reprendre une expression célèbre), François Fillon passant outre et mettant en application son programme, utilisant la méthode de la « thérapie de choc », voulant « casser la baraque » (selon sa propre expression) en gouvernant par ordonnances (c’est-à-dire hors de la présence des assemblées, ce qui ferait regretter l’article 49/3…) pendant une centaine de jours, comme le lui permettrait théoriquement l’article 38 de la Constitution ; inévitablement, il y aurait alors un très grave risque de troubles en France, allant bien au-delà de simples grèves et de manifestations, et sans doute même une sorte de guerre civile froide qui pourrait déboucher à terme sur la menace d’utiliser l’article 16 donnant au président des « pouvoirs exceptionnels »… !?

Décompositions démocratiques Revue de Politique Étrangère de l’IFRI

Ecrit par Martine L. Petauton le 08 avril 2017. dans Monde, La une, Politique

Décompositions démocratiques Revue de Politique Étrangère de l’IFRI

Remarquable(s) contenu(s) pour ce numéro de printemps de PE. Deux très forts angles d’attaque sur des préoccupations de chacun de tout premier plan : les décompositions démocratiques – Europe et USA, et la Russie, ou plutôt nous et la Russie. Les deux dossiers étant fondamentaux, ce sera donc deux recensions pour Reflets du temps, cette semaine et la suivante.

Quatre articles nourris sont consacrés à ces « décompositions démocratiques », titre fort pertinent, dont tous les jours ou presque, on entend le bruit de la menace, des peurs qui accompagnent, plus peut-être que les analyses distanciées. D’où le précieux du dossier.

Laurence Nardon(Trump et la crise de la démocratie américaine), spécialiste des USA, cale son téléobjectif dans les recoins d’une Amérique devenue Trumpiste. Elle revient sur les causes de ce qu’on présente comme « l’échec du système politique américain avec l’élection de cet homme d’affaires à la personnalité narcissique et impulsive », prouvant que de fait le dysfonctionnement était à l’œuvre depuis plus d’une décennie, par les institutions et le rôle de l’argent. Blocage du mécanisme de séparation des pouvoirs, morcellement du paysage médiatique, et montée en puissance des réseaux sociaux, dérive droitière du parti républicain, tandis que les démocrates évoluaient, eux, vers la gauche, « captation du processus démocratique par les plus riches, et mobilité sociale entravée, au point que la société serait aussi inégalitaire à présent qu’à la veille de la crise de 29 »… C’est donc sur ce « terreau » que les thèmes populistes et protestataires de Trump ont pu prospérer auprès de petits blancs déclassés, subissant de plein fouet les effets de la désindustrialisation, et goûtant aux thèmes identitaires. Fort intéressante est l’analyse d’un éventuel « fascisme » de l’épopée Trump, « révolutionnaire » en période 1, puis réactionnaire et conservateur, une fois au pouvoir. Les références historiques ne manquant pas, les éléments comparatifs, ailleurs qu’aux States, s’invitant presque naturellement dans la lecture, l’outil de réflexion sur notre réel que propose L. Nardon devient d’une brûlante actualité, en associant Trump et son élection au « post verity », soulignant notamment combien les faits (qu’on dit d’usage têtus) semblent n’avoir que peu d’importance au regard du récit véhiculé par Trump lui même. Et l’Europe et notre campagne présidentielle de s’afficher en fond d’écran…

Sabine Sauruggers’attaque à un gros morceau, celui de L’Union Européenne (Crise de l’Union Européenne ou crises de la démocratie ?). Utile déroulé historique démontrant que les crises de la démocratie sont anciennes dans l’UE, que les choix ont privilégié le recours aux experts, et les politiques de régulation, que l’élection du Parlement européen, et la complexité aggravée des institutions, n’ont pas enrayé l’abstention des Européens électeurs (58% en 2014). La citoyenneté européenne a été mal saisie et a mal fonctionné. La volonté d’inclure d’autres acteurs non étatiques, économiques et civiques, par exemple, originalité qui aurait pu déboucher sur une démocratie associative, n’a que peu réussi. Bref, l’UE, contrairement à l’image que nous véhiculons, ou qu’on veut nous donner, a tenté de remédier à ses difficultés. Europe vivante jusque dans ses maladies. Ce qui creuse si dangereusement son déficit démocratique actuel c’est « la politique d’asile et d’immigration, et le système économique et financier », autant dire la perception de la « passoire » et du « gouffre ». Il nous suffit de voir à quel point l’image dégradée de l’Union, son utilité interrogée, alimentent les colères des partis protestataires, « chez nous », et ailleurs, pour comprendre que la partition raisonnable et hiérarchisée entre fantasmes et réalité risque d’avoir du mal face aux opinions : « dès lors que la démocratie est critiquée et rejetée dans ses fondements mêmes, les perfectionnements apportés au système démocratique ne suffisent pas à susciter l’adhésion citoyenne ».

« Orban et le souverainisme obsidional » est le sujet décliné par Paul Gradvohl, élargissant son propos à la Pologne et la Tchéquie. Obsidional se disant d’une ville assiégée, on a là une composante d’impression de menaces extérieures, se « consolant » par le recours à un passé mythique et s’articulant à des pratiques des temps communistes, sans négliger des résurgences religieuses chrétiennes. « Exceptions propres à l’Europe centrale, ou éléments précurseurs qui se diffusent ailleurs ? », voilà la problématique de l’article, examinant le retour au passé et l’identitarisme forcené (« l’humain n’est plus le nord magnétique, il est remplacé par le national ») qui renforce la politique férocement anti-réfugiés. Est observée l’importance de la paranoïa face aux média ; est souligné dans les heures récentes le rapprochement économique avec la Russie. Autre façon de narguer et de s’éloigner de l’UE, à laquelle on est pourtant rattaché ! L’auteur, dans une longue conclusion, appelle à soutenir les résistants d’Europe centrale (« le contrat Hongrois nucléaire avec la Russie pourrait être bloqué »), et demande à l’UE une vigilance particulière face à ces territoires du souverainisme obsidional.

Et pour en finir, tentons donc ce bon vieux complot…

Ecrit par Martine L. Petauton le 01 avril 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

Et pour en finir, tentons donc ce bon vieux complot…

Parce quand même, « le chemin de croix » de la Droite (ça va comme un costume au cher Fillon, cette formule) est tellement dur… Ces affaires qui tombent comme à Gravelotte ; de riche objet offert comme au temps des Rois – et alors ! – en mises en examen en cascade ; ces concerts de casseroles amusants, mais dont la pertinence est peu citoyenne au bout : qu’on laisse donc faire la justice ; qu’on laisse s’empêtrer à moins que le contraire, nos « camarades » LR dans leur conscience, morale et autres instruments poussant d’usage en cœur et cervelle chrétiennes. Bref, basta. Tournons le regard en attendant – en espérant, que l’électeur saura tourner la page…

Mais on comprend bien cette colère inextinguible des troupes, des concitoyens ; on leur a volé la fin du film, le happy end de l’alternance assurée, et c’est intolérable. On les voit – on en connaît tous, quelques-uns de ces gens de Droite – leur mine défaite avant l’heure, leur aigreur de futur mauvais perdant, leur air ahuri de lendemain de fête qu’aurait mal tourné. Chaque soir, quand l’heure, un quasi rituel, de « C dans l’air » sonne celle des dernières news – une sorte de moisson, vous voyez – on les attend avec gourmandise, ceux des experts (faut-il vraiment les citer) qui penchent nettement à droite, et s’étaient faits raseurs de murs tout leur chemin de croix à eux. Alors…

Eh bien, si l’on pouvait – n’importe où – trouver, dégoter, 3 pincées d’infos de nature à détourner les feux… ce serait assistance à personne en danger, faire souffler un peu le bœuf, ce serait humain finalement. On se dit – magnanime – oui, soyons sportif ; pouce !

Or, les voilà, utilisant leurs minutes de perm, nos LR fillonistes, tout « rebéqués » (« pas contents » en langage Ancien régime), galopant jusqu’à la librairie du coin de la rue, pour acheter un bouquin spécialisé dans le thriller politico-judiciaire, un brin fouillis renseignements généraux, une miette tout ce qu’il faut savoir sur les systèmes divers et variés de surveillance par le pouvoir en place, avant, et après, même. « Bienvenue Place Beauvau », voilà la pépite et pourquoi pas la goupille.

Qu’en disent les auteurs ?

1) Que tout pouvoir en place, notamment l’Intérieur, certainement l’Exécutif dans son entier, savent plein de choses ; infos de première importance, nécessaires ou moins, infos sans beaucoup d’importance ni d’urgence, à garder sous le coude, s’il s’agit de gens à surveiller ou d’opposants politiques. Qui en douterait ? De là à exploiter tout de façon perverse, malveillante (voyez « Clearstream », un must), à déguiser en bombes assurément mortelles des bribes pour en faire des affaires capables de gagner une présidentielle, il y a ce qui sépare un Richelieu, un Mazarin, un Talleyrand – autre must – d’un Hollande. Peut-être – à peine – un Absolutisme d’un État démocratique, car cet homme à qui on peut reprocher tant de choses, est plus que d’autres dans la constance du respect de l’État de Droit.

2) Le livre précise que l’Affaire Fillon n’est pas à son menu, que de « Cabinet noir » tirant ficelles en chambre, aucune preuve tangible ne court la rue dans l’état actuel des connaissances, mais, peu chaut à l’heure où nous sommes et dans le trip Filloniste, tel qu’il fonctionne : le « post verity » servira de viatique ; peu importe les faits, le raisonnement, les analyses ; ce que vous devez croire est ce qu’on vous raconte… récit, roman, même mot, pas loin.

La peau de chagrin de la gauche radicale

Ecrit par Jean-François Vincent le 01 avril 2017. dans La une, France, Politique, Actualité

La peau de chagrin de la gauche radicale

J’aurais pu d’ailleurs dire « la peau de chagrin de la gauche tout court ». Jamais depuis 1958, celle-ci ne s’est trouvée à un étiage aussi bas dans l’opinion, moins de 25% au total (si l’on en exclut, bien sûr, Emmanuel Macron qui se déclare, tel feu Michel Jobert, « ailleurs » et refuse la latéralisation bipartisane du paysage politique) ; même en 1969, l’année terrible pour la SFIO agonisante (5,01% au premier tour pour Gaston Deferre), le PCF affichait un 21,27% qui ferait rêver Jean-Luc Mélenchon…

Le soutien officiel de Manuel Valls – faisant suite à celui, officieux, de Ségolène Royal – à l’ancien ministre des finances de François Hollande, souligne le hiatus dont le résultat de la primaire dite de la « belle alliance » était déjà le symptôme : le fossé infrangible qui désormais sépare un appareil et des élus centristes (hollandais) d’une base radicalisée mais sociologiquement rétrécie. Cette base file le – mauvais – coton de celle des travaillistes britanniques, qui ont réélu l’archaïque Jeremy Corbyn, revenant naphtaliné du paléo-étatisme des années 70 et meilleur gage de pérennité gouvernementale pour le parti conservateur. L’actuel naufrage de Benoît Hamon dans les sondages – il a dégringolé de 6 points depuis sa « victoire » – démontre que l’électorat dans sa globalité diverge dramatiquement de celui du PS.

Alors pourquoi ? Pourquoi cette purge, ce purgatoire de la radicalité progressiste, quand l’autre, la radicalité réactionnaire (MLP + Fillon = 45%) a, elle, le vent en poupe ?

Certes, on incriminera le quinquennat de Hollande, dont la volte face sur la déchéance de la nationalité, aggravée par le lever de bouclier que provoqua la loi travail, a transformé le parti d’Epinay en champ de bataille, voire en champ de ruines. Mais le mal vient de beaucoup plus loin. D’un point de vue gramscien, la bataille des idées a été définitivement perdue avec l’effondrement de l’URSS et la chute du bloc de l’est ; car ce n’est pas seulement le marxisme sous sa forme léniniste qui fut dès lors mis à bas, mais toute la matrice de la pensée de gauche, à commencer par ses valeurs premières, l’égalité et l’émancipation.

Le peuple – le démos populaire et populiste – n’a cure de l’égalité : pire il revendique l’inégalité des étrangers par rapport au Français (refus du droit de vote des premiers aux élections locales, repoussé sine die depuis 1981, tentation de la préférence nationale à l’embauche). Quant à l’émancipation, les Français lui préfèrent la protection : les droits des minorités de tous ordres passent après, bien après la sécurité – économique (protectionnisme), culturelle (identitarisme) – et naturellement la sécurité tout court, peur du terrorisme.

Les mouvements comme Nuit Debout ne doivent pas faire illusion : impressionnant médiatiquement parlant, leur socle n’en demeure pas moins minime numériquement : celui des « inclus », selon la classification de Patrick Buisson, « métropolitains » selon celle de Christophe Guilluy ; des diplômés, mais qui craignent un déclassement du fait de leur précarisation croissante. Suffisamment nombreux pour faire pencher la balance du côté d’un Hamon, dans le cadre – limité – de la primaire, ils ne sauraient constituer une lame de fond susceptible d’influencer une présidentielle.

La France n’ira jamais plus loin que le centre gauche, et encore, à condition que celui-ci – Macron – se présente comme « franchisé » de toute appartenance à la gauche de gouvernement antérieure.

La peau de chagrin, en réalité, se réduit à ce rôle de cordon sanitaire face aux droites extrêmes ou extrémisantes, auquel se voient réduits les progressistes qui entendent malgré tout résister.

La résistance donc, un combat d’arrière garde, mais qui a sa noblesse.

La balance d’Emmanuel (Kant)

Ecrit par Bernard Pechon-Pignero le 01 avril 2017. dans Philosophie, La une, Politique, Société

La balance d’Emmanuel (Kant)

A : « Agis toujours de façon à ce que la maxime de ton action puisse être érigée en loi universelle ». Tu sais qui a dit ça, bien sûr.

B : Oui Emmanuel Kant. J’ai appris ça.

A : Je me demande si ce n’était pas une recommandation empoisonnée.

B : Probable !

A : Tu comprends, s’il avait dit « Agis autant que tu peux de façon à ce que la maxime de ton action puisse être érigée en loi universelle »…

B : C’est le « toujours » qui te gêne ?

A : Oui. Le « toujours » pose un impératif absolu. Si une seule fois, tu fais un faux pas, tu es mauvais, tu es nul. Enfin, c’est comme ça que je le sens…

B : C’est toi qui te l’imposes. Tout dépend comment on le prononce : Agis toujours peut très bien être seulement un conseil, une incitation à la vertu qui sous-entend une certaine indulgence. On sait bien qu’on ne peut pas être toujours vertueux. L’homme doit se fixer le but de se dépasser, d’être le plus souvent possible au mieux de ses possibilités, sachant que nous ne sommes que des hommes pétris de passions, donc de vices et de vertus.

A : Tu as peut-être raison. Mais tu vois, la religion chrétienne est moins catégorique en ce sens qu’elle prévoit la contrition, la confession et le pardon.

B : Oui mais elle interdit tout. Elle considère les erreurs des hommes comme des péchés et non comme des faiblesses inhérentes à leur condition.

 

Je transcris de mémoire, et probablement en y mettant mes mots plus que les tournures employées par les adolescents, cette conversation entendue récemment entre deux très jeunes gens. Admettons que le garçon s’appelle Arthur (A) et la jeune fille Béatrice (B). Respectons leur anonymat sinon leur intimité.

Il me semble qu’il y a cinquante ans, je me posais aussi ce genre de questions. Je me suis demandé comment j’y avais répondu au cours de ma vie. Je crois m’être efforcé en principe d’être kantien chaque fois que j’avais le sentiment de devoir être exemplaire. Pour mes enfants, pour mes collaborateurs, pour mes amis, pour moi-même. Mais je sais bien que j’ai eu souvent recours à l’indulgence d’un dieu dont je pouvais penser que s’il existait, il me pardonnerait mes faiblesses. Peu importait qu’il n’existât pas. Son indulgence, elle, était acquise. Kant pour exalter mes vertus et Dieu pour pardonner mes vices.

Place de la laïcité dans la République et la position des partis à l’égard des tentations communautaristes

Ecrit par JCall le 01 avril 2017. dans Monde, La une, Politique

Rencontre avec Laurent Bouvet, cofondateur et animateur du Printemps Républicain, mardi 28 mars à 20h30 au Cercle Bernard Lazare

Place de la laïcité dans la République et la position des partis à l’égard des tentations communautaristes

La question de la place de la laïcité dans la République et la position des partis à l’égard des tentations communautaristes font partie des sujets qui sont au cœur de la campagne présidentielle.

Pour nous éclairer sur ces questions, JCall organise mardi 28 mars à 20h30 au Cercle Bernard Lazare, 10 rue St Claude dans le 3ème, une rencontre avec Laurent Bouvet, cofondateur et animateur du « Printemps Républicain », mouvement de citoyens « déterminés à défendre et promouvoir, dans le débat public, la République et ses principes : l’égalité, la laïcité, la solidarité et la souveraineté ».

Laurent Bouvet est Professeur de Science politique (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines) et codirecteur du master « Métiers du politique et gouvernance territoriale ».

Observateur actif de la scène politique, Laurent Bouvet intervient souvent dans les médias et les réseaux sociaux, pour analyser et commenter les mutations douloureuses des différentes composantes de la Gauche française, et en particulier ses compromissions communautaristes.

Il publiera son dernier livre La Gauche zombie (Lemieux Editeur) le 21 mars.

Parmi ses ouvrages précédents : L’Insécurité culturelle (Fayard, 2015), Le Sens du peuple (Gallimard, 2012), Le Communautarisme. Mythes et réalités (Lignes de Repères, 2007).

Vous pouvez le retrouver sur son blog https://laurentbouvet.net/

 

CBL, 10 rue Saint Claude, Paris 75003 (M° St Sébastien-Froissart).

PAF 5 €. Entrée gratuite pour nos adhérents à jour de leur cotisation.

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JCall, le réseau juif européen pour Israël et pour la paix, est une initiative de citoyens juifs européens favorables à la solution « 2 Etats pour 2 Peuples ».

Profondément attachés à l’existence et à la sécurité d’Israël, ils voient dans la poursuite de l’occupation en Cisjordanie et dans les quartiers arabes de Jérusalem-Est une menace pour l’identité de cet Etat.

Ils sont à l’origine de l’Appel à la Raison lancé au Parlement Européen le 3 mai 2010 et signé depuis par près de 8000 personnes dont Daniel Cohn-Bendit, Alain Finkielkraut, Bernard Henri Lévy, (…).

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