C'est une erreur !

Ecrit par Luc Sénécal le 01 juillet 2011. dans France, La une, Politique

C'est une erreur !

En France, le cadre politique issu de la reconstruction après la seconde guerre mondiale, est en inadéquation par rapport à un contexte qui a radicalement changé. En l’intégrant, le mouvement écologiste fait une erreur fondamentale.

Le système capitaliste, synonyme de richesses et d’abondance, est géré par deux forces de pression politiques antinomiques en apparence mais qui se rejoignent sur de nombreux points.

Antinomiques puisque l’une privilégie l’outil pour lui-même afin d’en assurer la pérennité et fournir une source de profits, de biens et de pouvoir apparemment inépuisable. Mais on le sait, on le voit, le système s’essouffle et se met en danger par le refus d’anticiper les dangers qui le guettent et la fragilité qui est la sienne. L’autre privilégie le même outil mais pour qu’il soit autant que possible profitable pour l’homme.

Mais dans un cas comme dans l’autre, aucun ne sait prendre le recul nécessaire pour analyser les courants de l’histoire humaine, appréhender correctement les lignes d’un avenir pour le moins problématique, admettre un contexte décalé qui met l’humain en danger pour s’être éloigné des exigences que les limites de ressources naturelles de sa propre planète imposent. Ce qui est en définitive, on peut le concevoir, indigne de tout ce que l’homme a su faire jusqu’alors.

A force de se replier sur ses acquis, de réagir au coup par coup, de manquer de perspectives sur les grandes lignes d’un avenir qui reste indécis, de prétendre à des stratégies dont les moyens ne sont pas disponibles, de bouleverser dans le plus grand désordre un canevas social fortement perturbé, ces deux forces politiques ici, en France, s’annihilent l’une et l’autre. Elles se sclérosent sur des affrontements de personnalités au détriment d’une réflexion de fond en tenant, qui plus est, en otage un électorat qui n’a d’autres choix que ce qu’on lui propose. A savoir non pas au mieux mais au moins pire.

Il faudra, je le crains hélas, que surviennent des évènements mondiaux dramatiques qui bouleverseront toutes les infrastructures, qu’elles soient politiques, financières ou économiques, partant citoyennes tant cela touchera en profondeur toutes les couches des sociétés humaines où qu’elles soient. Même au-delà, car touchant aux conditions naturelles de la vie. Il faudra donc, faut-il l’admettre, que l’on fasse un pas de plus au bord du gouffre, riches et puissants pour certains, insouciants, suffisants et… Idiots.

Le mouvement écologiste trop faible, trop inconséquent, phagocyté, ficelé, lié par ses engagements dans un cadre qui ne devrait pas être le sien, est incapable à l’heure actuelle d’avoir la stature et l’indépendance dont il a besoin pour s’émanciper. Mieux, il sert des intérêts contradictoires et donne à ses adversaires déclarés ou non, les armes pour le discréditer et le contraindre à se soumettre.

Le mouvement « écologiste » en définitive, a de par son appellation, limité sa propre évolution dans un domaine ou le politique garde l’avantage. C’est une erreur. C’est une erreur que ne pas savoir dépasser son domaine d’action faute de comprendre toute l’importance de son implication non seulement sur le plan national mais aussi sur toute la planète. Ce face aux difficultés, semble-t-il, insurmontables auquel il doit faire face.

Qui de Nicolas Hulot ou d’Eva Joly l’emportera, a bien peu d’importance, sauf à comprendre que le premier nommé a trébuché sur les marches de l’histoire. Sans pour autant lui en faire reproche, tant il est vrai qu’il est difficile de discerner les grandes lignes de celle-ci, lorsque l’on a le nez dans le fouillis du présent, que l’on est trop proche des « grands » de ce monde. Alors que l’on souhaite, en toute sincérité, avoir un rôle utile dans la vie politique. D’autant que comme chacun le sait, nul n’est éternel.

Seuls les hommes capables de conviction et d’anticipations issues d’une réflexion d’ensemble, embrassant tout un contexte dans ses tenants et ses aboutissants, sont capables d’avenir. A condition de savoir quand et comment agir.


Luc Sénécal


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Commentaires (2)

  • Martine L

    Martine L

    02 juillet 2011 à 12:21 |
    je serais assez d'accord avec vous pour souligner - ce n'est pas nouveau, chez les écolo - cette incapacité à comprendre le monde, en dehors de leur grille technique de lecture ... Convenez, cependant, qu'"Europe Ecologie", avec l'intelligence d'un Dany C Bendit, a tenté de faire exception ; mais nous sommes bien d'accord, on revient vite à ses vieilles lunes ! Or, me semble-t-il, entre la tendance "WC SECS" et la logorhée politicienne, il doit y avoir une option médiane, incontournable dans le monde actuel

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  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    02 juillet 2011 à 09:14 |
    La mondialisation implique comme doctrine économique (qu’on a appelé « pensée unique ») un libre-échangisme strict, assorti de taux d’intérêt aussi bas que possible et d’une modération salariale (relance par l’offre). Sortir de cette "pensée unique" supposerait une – relative – fermeture des frontières avec contrôle des changes (élément qu’on ne souligne pas assez), le tout pour une « reconquête du marché intérieur » comme on disait en 81…Ce qui entrainerait une pénurie de biens d’équipement et un appauvrissement collectif. Le système fonctionnait assez bien dans les années 30, à une époque où TOUT le monde faisait à peu près la même chose : une économie plus ou moins autarcique est, en effet, le point de commun – le seul ! – entre l’Amérique de Roosevelt, l’Allemagne nazie et l’URSS de Staline.
    Les partis de gouvernement sont donc contraints de s’en tenir à l’orthodoxie dite néolibérale ; seuls les partis protestataires d’extrême droite ou d’extrême gauche, dont la convergence, en matière économique, devient de plus en plus patente, peuvent se permettre de tenir des discours populo (populaire ou populiste : c’est la même chose !) afin de faire rêver les foules : ça ne mange pas de pain puisqu’ils ne gouverneront jamais…

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