De l’extrémisme et de ses limites

Ecrit par Luc Sénécal le 17 août 2013. dans Monde, La une, Religions, Politique

De l’extrémisme et de ses limites

Il y a, je crois, une mauvaise interprétation de ce qu’est la religion musulmane pour certains citoyens, agacés à juste titre par des provocations évidentes et par l’impuissance des autorités qui ne se contentent que d’effet d’annonce, sans avoir, ne serait-ce que la volonté, de traiter le problème par le fond.

Mais mieux encore, il y a aussi une interprétation erronée concernant une population qui sous le joug d’une dictature souhaite retrouver sa liberté.

La religion musulmane est digne de respect et même d’admiration, tant qu’elle-même respecte toutes les autres religions tout aussi dignes de respect et même d’admiration. En premier lieu, savoir respecter les convictions de chacun, selon ses propres valeurs issues de ses origines, son éducation, ses us et coutumes, est une nécessité absolue qu’il convient non seulement d’admettre mais aussi de savoir appréhender correctement, comprendre et intégrer. En second lieu, selon l’origine géographique, nombre d’interdits et de contraintes imposées par une religion étaient ou sont encore nécessaires, afin de réunir dans une même foi, une même participation, une même appartenance, des êtres qui ont besoin de se retrouver en elle.

Les extrémismes sont limités dans leurs revendications, car ils ne prennent qu’une partie des textes ou des critères induits par leur religion, pour s’imposer sur les esprits souvent affaiblis par un manque de structure éducative, ou par une vie sans espoir et sans avenir, sans perspective autre que celle de se projeter vers un spirituel qui leur est suggéré. S’ensuit une dérive vers l’intransigeance, la violence, à commencer par celle de la parole avant celle des actes, et le déni.

Mais ces extrémismes aujourd’hui considérés comme étant de religion musulmane ont bien connu leurs parallèles dans la religion catholique ou même protestante ou encore dans d’autres cadres. Il convient d’en tenir compte, et je crois que c’est important, pour avoir la capacité de traiter ce genre de problématique et dépasser le ras-le-bol ou l’agacement, que certains connaissent de nos jours.

Toujours est-il qu’il y a un critère dont il faut absolument tenir compte. A savoir que cet extrémisme que nous vivons aujourd’hui sur notre territoire, comme il se déclare ouvertement ailleurs, et notamment au Moyen-Orient, dans des pays qui se sont libérés avec l’aide de l’occident, ne tient absolument pas compte du principe démocratique.

C’est une erreur profonde et grave d’avoir cru qu’en se libérant, ces populations se libéreraient du même coup de la pression des extrémismes musulmans. Bien au contraire, cela leur laisse le champ libre pour s’imposer par la violence, la coercition et la contrainte.

C’est une erreur profonde et grave de faire l’amalgame entre les musulmans de bonne foi, respectueux comme ils le sont des valeurs qui ne sont pas les leurs et cette partie des leurs qui ne comprennent rien aux principes de démocratie. Cet amalgame peut au contraire inclure faussement des gens qui ne sont a priori pas opposés à ces principes.

Cette démocratie qui permet à chacun et chacune de s’exprimer selon ses idées, ses convictions, ses coutumes tout en respectant parfaitement d’autres idées, d’autres convictions ou d’autres coutumes.

Cette démocratie qui dans notre pays, la France, qui est l’apanage de notre communauté, capable de rassembler toutes les différences qui la composent, qu’elles soient géographiques ou politiques, religieuses ou professionnelles.

Cette démocratie absolument inapplicable au Moyen-Orient où l’occident se perd dans de fausses interprétations, faisant le lit de l’intolérance et de la violence. Ainsi pour prendre l’exemple évident de l’Égypte, on y voit l’incapacité de s’affronter autrement que par la force, la révolte et l’obscurantisme, alors que tout cela devrait être une confrontation d’élus du peuple dans l’enceinte d’une chambre dite de députés, sans cette dérive barbare et indigne que l’on connaît.

Amalgame, intolérance, incompréhension, déni, le fossé se creuse avec en toile de fond la possibilité pour imposer son régime politique ou ses idéaux de se détruire les uns et les autres avec des armes qui dépassent l’entendement quand on connaît leur pouvoir destructeur.

Serait-ce à terme une menace pour l’humanité sur cette planète ? Je ne fais que le supposer sans y croire vraiment, espérant toujours qu’il y a parmi nous, tout autour de ce globe, des personnalités aptes à analyser, anticiper, agir pour donner à l’évolution de cette forme de vie une capacité d’avenir et d’espoir beaucoup plus cohérente que celle d’aujourd’hui.

Pourquoi désespérer sinon du genre humain ?

A propos de l'auteur

Luc Sénécal

Rédacteur

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