La nouvelle tour de BABEL

Ecrit par Luc Sénécal le 23 novembre 2013. dans France, La une, Politique, Société

La nouvelle tour de BABEL

Nous avons élu monsieur Sarkozy président de la République. Il nous a déçus par ses réformes faites au pas de charge, là où il aurait fallu un peu plus de considération vis-à-vis des personnels et des cadres, voire des structures. Ce, sans parler du contexte général dans lesquelles elles ont été introduites. Nous pouvons considérer qu’il y avait urgence en effet, mais un élu ayant pour charge un Etat se doit de prendre la distance suffisante pour considérer une réforme dans toute l’étendue de ses causes et de ses conséquences, alors que celle-ci est mise en œuvre par son premier ministre. On ne peut prétendre être l’un et l’autre à la fois. C’est probablement cette erreur qui lui a coûté les élections présidentielles. De peu, il est vrai.

Nous avons élu monsieur Hollande président de la République à son tour. Par opposition au précédent ? Peut-être. Quoiqu’il en soit, il y a de prime abord de quoi être déçu par l’ensemble des décisions qui plombent l’économie, les petites et moyennes entreprises (ce qui était la force de notre pays), et surtout les budgets des familles, par la création d’une multitude de taxes et le renforcement de la fiscalité. Pourtant, nous connaissons le challenge qui est celui de notre pays pour rembourser une dette abyssale. Comment l’Etat peut-il faire sans contraindre tout l’ensemble de celles et ceux soumis à l’impôt, citoyens et entreprises compris ?

L’endettement de l’Etat qu’il nous faut, nous, prendre en charge, alors qu’il n’est pas de notre fait mais de celui des élus depuis plus de trente ans, nécessite désormais un effort de tous. De tous ? Pas tout à fait. Hors secteur bancaire ou celui de la grande finance. Apparemment, jusqu’à présent, l’ensemble des couches sociales acceptent plus ou moins cette situation, sauf si l’une ou l’autre se trouve touchée plus ou moins directement. Mais la prise de conscience globale n’est pas encore de mise. Est-ce que tout cela nous semble normal ?

Normal vraiment la désindustrialisation et les pertes d’emploi en masse que cela représente ?

Normal vraiment les coupes sombres dans les services publics destinés à diminuer la masse des fonctionnaires ?

Normal de créer les conditions qui vont amplifier le chômage, tout en cherchant par ailleurs à en diminuer en vain les conséquences ?

Normal les campagnes qui se vident, les agriculteurs ou éleveurs étranglés par les crédits, les commerces qui mettent la clef sous la porte, les villages qui se vident de leurs commerces, se meurent ou s’endorment lentement ?

Normal ces centres médicaux, hôpitaux, maternités, ou autres, qui se ferment aux dépends d’une population laissée pour compte ?

Normal ces rachats par des investisseurs industriels étrangers de notre patrimoine dont les secteurs-clé ne sont plus ou ne seront plus sous le contrôle des autorités françaises ?

Normal cette soumission de la France à des impératifs économiques ou des stratégies politiques à l’échelle internationale, sans être capable de défendre ses propres intérêts efficacement ?

Normal aussi cette jeunesse qui est obligée de quitter les villes de province pour les grandes métropoles ?

Est-ce normal tout cela alors que la liste n’est pas exhaustive, comme vous le savez.

Nous nous trouvons désormais en France non pas devant un choix à faire mais un choix qui a été fait.

Celui de la mondialisation. Or la mondialisation, il faut le comprendre, il faut l’admettre, n’a que faire des idées ou des principes propres à une nation. Elle agit sur l’ensemble de l’échiquier international par l’ouverture des marchés, ce qui a ouvert là des perspectives gigantesques à l’échelle des ambitions de groupes financiers extrêmement puissants. Et ces ambitions ne tiennent aucun compte des populations à l’échelle nationale et encore moins régionale, tant que celles-ci ne sont pas à la source de réduction de coûts de production et au bénéfice de l’ensemble du système financier lié à la production et à la consommation.

C’est cela la plus importante et profonde modification dans la France d’aujourd’hui.

Cette mutation profonde touche tous les français dans tous les secteurs d’activité.

Quelles en sont les conséquences ?

Tout d’abord c’est dans ces grandes métropoles que se condensent donc des populations qui vont pouvoir trouver du travail grâce à elles. Ce, aux dépends de la province et des campagnes. Car qu’est-ce la mondialisation sinon de grandes entreprises internationales dont les capitaux viennent d’investisseurs étrangers et qui ont pignon sur rue dans des ensembles prestigieux ? Et où peuvent-elles se retrouver si ce n’est dans des villes de grande importance avec une infrastructure au niveau de leurs besoins et de leurs ambitions.

Ensuite, comme nous pouvons le constater quotidiennement, le secteur industriel est récupéré petit à petit par ces investisseurs étrangers. Ceux-ci n’ont rien à faire des structures en place ou des législations qui prévalent à une nation comme la nôtre. Ils trouvent des biais pour les contourner. Leur puissance financière est telle, qu’elle s’impose naturellement à toute politique d’intérêt strictement national dès qu’elle rentre en contradiction avec la leur. Nul gouvernement de quelque bord que ce soit n’a les moyens de lutter contre cela. C’est désormais un constat patent au vu des événements de ces dix ou quinze dernières années.

Aussi peut-on affirmer que la mondialisation c’est la mort d’un état d’esprit et de valeurs qui ont prévalu sur des siècles au travers de l’histoire de notre pays. Quels qu’ils soient, les conflits, les luttes, les combats, tout aussi bien que les réussites industrielles ou les acquis sociaux, ne sont plus reconnus comme tels et n’ont donc plus lieu d’être. Peut-on parvenir à comprendre que c’est de leur disparition, quasiment complète à terme, dont il est question ?

Mieux encore, c’est mettre en valeur nos capacités et autres savoir-faire tout en étant contraints de les céder en même temps que nos produits pour obtenir un marché de conquête (comme cela a été et est le cas en Chine). Croire que l’on sera toujours en avance en terme d’ingénierie est un véritable fantasme ne tenant aucun compte des capacités des pays en voie de développement, tout à fait aptes à nous dépasser rapidement dans ce domaine. On s’en aperçoit aujourd’hui mais certains le savaient déjà.

En outre, ces systèmes contribuent à l’enrichissement des spéculateurs par le biais des valeurs boursières dont ils dépendent en grande partie, comme on a pu le constater. Les banques en vivent et n’ont aucun cadre limitant leurs activités pour éviter les excès auxquels elles peuvent se livrer, comme on l’a vu. La réaction des autorités reste lettre morte. Or, à terme, il se trouve que cela menace aussi l’indépendance d’un pays comme le nôtre et la liberté de ses habitants puisque d’autres, à l’étranger, pourront reprendre les rênes et imposer à moyen terme leur dictat.

Mais, sachez-le, cela est tout aussi valable pour d’autres pays que le nôtre et cela n’est en rien une consolation. Nous l’avons vu. Nous l’avons constaté. Et surtout cela concerne ceux qui n’ont pas anticipé ou joué le jeu de la mondialisation en temps utile, lorsqu’ils n’ont pas pu ou pas su en apprécier toute l’importance.

De nombreuses entreprises commerciales, même dans le secteur de la distribution et notamment les petits commerces, ferment leurs portes. Il convient de s’en rendre compte car c’est ce qui explique la perte et la ruine des liens, des relations, d’un état d’esprit établi, certes, dans le secteur de l’emploi et dans le monde du travail, mais également dans les communes et les régions. Ce changement radical est issu de la confrontation des mentalités sur un tout autre échiquier. La délocalisation s’opère sans vergogne car seules les nécessités économiques prévalent. Le personnel, les cadres restent sur le carreau. La perte d’emploi, et non seulement la ruine économique d’une entreprise fermant ses portes, touche également tout l’environnement de la zone géographique concernée plus ou moins directement. Les résultats constatés sont la plus visible, la plus flagrante, la plus injuste des conséquences.

Par contre, il est vrai que de nouveaux emplois sont à pourvoir parce qu’ils sont issus justement de cette mutation. A condition d’accepter de se déplacer géographiquement, avec toutes les complications que cela engendre. A condition d’accepter d’autres formations dans des secteurs professionnels tout à fait différents. A condition même d’accepter la précarité de l’emploi. A condition surtout de changer radicalement les mentalités pour les adapter à une nouvelle conception de vie. Ce sont beaucoup de conditions parfaitement inacceptables dans un pays qui est viscéralement ancré dans ses habitudes. D’autant que l’employeur sera de nationalité étrangère et qu’il n’aura cure des mentalités françaises, de leurs us et coutumes, de leur façon de considérer leur travail, ne comprenant rien ou ne voulant rien comprendre face à leurs exigences.

Reconnaissons-le, le tissu qui recouvrait l’ensemble de notre pays part en haillons. Il commence à être recouvert d’un gigantesque manteau international qui va l’étouffer définitivement. Peu importe l’aspect humain, les désastres et les souffrances que cela peut créer ici ou là, la déstructuration générale que l’on constate, du moment que cela apporte un profit aux grands groupes internationaux qui en sont les auteurs et les manipulateurs. Peu importe, car il ne peut plus être question de s’en désengager. Maintenant. C’est trop tard. Le choix, si choix il y a eu vraiment, a été fait depuis trop longtemps. Notre pays perd donc son identité et désormais, il convient de jouer le jeu avec de nouvelles règles. Faute de quoi il est condamné. Nous serions condamnés.

Les anciennes générations s’en désespèrent sans avoir la capacité d’y résister. Pas plus que nos élus qui y auront trouvé quand même pas mal de satisfactions à titre personnel. D’autant qu’il y a quelque chose qui serait assez comique si cela n’était pas au niveau lamentable de l’usage qui est fait de nos institutions. Car si monsieur SARKOZY avait gagné les élections contre monsieur HOLLANDE, il aurait eu à mettre en place une politique de contraintes économiques toute aussi dure et inacceptable pour les citoyens soumis à l’impôt. Et nous aurions vu la gauche donc, monter au créneau, s’indigner, crier au scandale pour des décisions… qui sont finalement les leurs. Qui ne sont aussi et en définitive que celles de gestionnaires et non pas de décideurs. Puisque la décision ne leur appartient pas comme elle n’appartient plus à la France.

Comment le gouvernement, quel qu’il soit, peut prétendre alors, avec bon sens, que l’Etat œuvre à améliorer le sort des français ? Il n’en a plus les moyens. Il est le vassal de la mondialisation.

Prenons acte du constat suivant :

– La désindustrialisation de notre pays.

– La disparition des PME/PMI face à la concurrence étrangère.

– La disparition des commerces de proximité écrasés par les charges et la concurrence des grandes surfaces (mouvement d’ailleurs appuyé par les banques.).

– La disparition des entreprises du monde agricole ou de celui de l’élevage contraintes de se moderniser, d’investir, de charger leur budget de crédits beaucoup trop importants pour prétendre pouvoir en assurer le coût. Tout cela conduisant l’entreprise à sa perte et trop souvent l’agriculteur ou l’éleveur au suicide.

– La mutation des fonctionnaires touchés par la disparition des services publics, le mélange des genres, l’amalgame des charges, la surcharge des missions et donc du travail.

Et tout cela en ajoutant l’appauvrissement des communes dont les charges et les missions elles aussi augmentent sans en avoir les moyens ou les budgets, outre le fait que l’Etat, qui se désengage et s’en décharge sur elles, n’y pourvoit certainement pas. Il en est incapable.

Alors non seulement, vous vous en doutez, le chômage ne pourra être réduit mais en plus, puisque la dette devra être remboursée et à tout le moins surtout maîtrisée, l’impact sur toute la population et les contraintes qui y sont liées seront considérables. Il est donc inutile de s’en prendre à nos élus, maintenant. Ils n’y peuvent rien. C’est à une tout autre échelle qu’il convient de porter notre réflexion. La mondialisation a déjà opéré des ravages considérables, et l’attente est de voir s’effondrer complètement le système économique du pays, pour réactiver le secteur de l’emploi à un coût et des conditions tout à fait supportables pour des investisseurs étrangers.

Aujourd’hui la charge fiscale est appelée à grever non seulement le pouvoir d’achat des consommateurs, mais aussi les capacités en investissement des entreprises de petite ou moyenne importance. Ce, quel que soit le secteur, industriel, agricole ou commercial. Entendons-nous bien, pas celles qui sont ouvertes d’ores et déjà aux investisseurs internationaux dans leur capital. Jusqu’où cela ira-t-il ? Jusqu’au moment où notre patrimoine industriel et agricole sera passé quasi complètement à quelques exceptions près entre des mains étrangères. Aussi faudra-t-il l’admettre.

Ainsi faudra-t-il s’y soumettre pour pouvoir conserver ou retrouver un emploi. Alors que certains puissants, comme en Chine, n’ont que peu de considération pour les salariés, estimant que le français est paresseux et qu’il n’est pas pragmatique. Tout cela ne peut qu’amplifier la détresse des familles déjà en danger de forte précarité, et le désarroi de communautés qui ne comprennent pas ce qui leur arrive. Ils ne comprennent pas surtout que c’est à elles qu’il revient de payer la dette abyssale de la France.

Qui va payer cette dette nationale ? Les banques ? La finance ? Ces mêmes élus qui se sont laissé séduire ? Comment vont-ils pouvoir résister, avec quels moyens ? Où est la porte de sortie ? Que peuvent-ils faire si ce n’est celle de se soumettre à cette nouvelle donne qu’ils ne maîtrisent plus ? Comment pouvons-nous concevoir que les gouvernements qui se sont succédés, qu’ils soient de droite ou de gauche, aient ainsi oblitéré l’avenir de notre pays ? Le surendettement, car c’est bien de lui dont il s’agit, est interdit pour les particuliers. Notons-le. Alors pourquoi les élus de ces dernières années l’ont-il favorisé au niveau de l’Etat ?

Il convient de savoir que s’ils se sont soumis à cela sans sourciller, ne l’oublions pas, c’est pour faire face à la concurrence étrangère, face à la capacité de pays voisins d’exporter leurs produits avec plus de facilité. Ils l’ont fait dans la nécessité de se tenir à égalité avec des puissances économiques au sein desquelles nous avons tenu un grand rôle. Ils l’ont fait également pour favoriser une machinerie infernale qui a pour nom la consommation et tout le système qui va avec. Nous en avons profité et largement, sauf exceptions. Nous ne pouvons le nier.

Le fait de voir notre pouvoir d’achat maintenant écorné va-t-il créer un besoin tel que, dans l’espoir de le préserver, les français ne tiendront pas compte du fait qu’ils travailleront pour des intérêts étrangers ? Car si l’emploi repartira, et il repartira, ce ne sera plus du tout dans le même contexte ni dans les mêmes conditions. Si nous parvenons à comprendre cela, pouvons-nous pour autant l’admettre ? Citoyens français nous devenons citoyens européens pour ne pas dire citoyens du monde. Certainement pas comme le conçoit Nicolas Hulot. Loin de là. Cette citoyenneté n’est pas celle que nous aurions pu concevoir mais celle qui nous est imposée. Il convient de faire attention aux amalgames et à la confusion des genres.

Qu’allons-nous faire nous, les citoyens de ce pays et néanmoins contribuables ? Contribuables maintenant mais aussi électeurs. Croire prochainement en des promesses qui ne peuvent être tenues ? S’illusionner et se jeter dans les bras d’un parti réactionnaire ? Par réflexe ? En raison d’un sentiment de ras-le-bol ? Car d’autres problématiques corollaires viennent s’ajouter. Celles concernant la sécurité. Celles concernant l’immigration à laquelle des provocations de certains immigrés, et l’inefficacité pour ne pas dire l’incompétence des autorités en la matière, viennent s’ajouter. Mais surtout avec l’illusion très préoccupante que ce mouvement trouvera des solutions franco-françaises dans un monde où la mondialisation est la loi. Sauf à nier l’évidence de celle-ci.

Voulez-vous vous jeter dans les bras de l’extrême-gauche qui emploie la provocation et les grandes phrases pour nous séduire ? Sauf à ne pas savoir proposer mieux. Nous savons pourtant où mènent les extrêmes, surtout s’ils s’opposent directement sans aucun arbitrage, sans qu’une force médiane sache calmer leur aveuglement et la violence induite qui les conduisent. Et d’ailleurs, comme le problème de fond n’est pas là, ils auront garde de l’évoquer sauf à mettre en avant des facilités concernant la forme de politiques à mettre en place.

Reconnaissons-le enfin, la naïveté avec laquelle nous, les électeurs, pensons trouver des personnalités dans le monde politique pour pallier à l’impuissance de nos gouvernements, désespérément incapables de sortir notre pays de l’ornière dans laquelle il s’enfonce, va de pair avec un avenir fortement compromis. Car incontestablement et de façon incontournable, nous sommes désormais liés avec l’international. La mondialisation nous tient par là où nous sommes le plus sensible et le plus faible. Ce, quelles que soient les couches de notre société.

Alors ces réflexions auxquelles je vous ai soumis sont là pour démontrer à quel point ce problème de fond l’emporte largement sur d’autres. Certes, ceux-ci ne sont pas moins importants mais ils en dépendent entièrement. Aujourd’hui la disparition d’Heuliez, les difficultés de La Redoute, la révolte des bonnets rouges, l’écotaxe, la charge fiscale, même sur des retraités qui en étaient dispensés, tout cela ajouté à la fermeture de certaines maternités, l’inutilisation de certains blocs opératoires tout à fait opérationnels, le manque de médecins dans les campagnes ou dans un autre domaine, la violence dans les quartiers nord de Marseille, d’addiction au cannabis ou à celles de drogues plus puissantes, ou encore le marché de l’immobilier manipulé illégalement par des agences peu scrupuleuses… bref tout cela est lié plus ou moins directement à la destruction des infrastructures qui étaient dans notre pays les piliers de son intégrité et de son indépendance.

On pourrait, pour conclure, aussi bien se servir d’une métaphore en pensant à la fameuse tour de Babel. Une construction faite cette fois-ci sur la puissance de la finance qui, en promettant monts et merveilles par l’ouverture des marchés, n’induit pas moins des modifications structurelles fondamentales sur de nombreuses nations dont la nôtre. Ce qui à terme finira par se désagréger, car nous vivons une guerre économique sans faire de quartier. Mais c’est surtout ce qui touche autant les entreprises que les commerces, les régions que les communes. C’est ce qui met la désorganisation dans le monde du travail et par conséquent le désarroi parmi les familles, le citoyen, l’individu. Nul déni et autres indifférences apparentes ne sauraient en ignorer la criante vérité, sauf à continuer de s’enfoncer en s’en prenant aux gouvernements… Qui n’y peuvent plus rien, sauf erreur de ma part.

Et je ne demande qu’à être détrompé !

A propos de l'auteur

Luc Sénécal

Rédacteur

Poster un commentaire

Vous êtes identifié en tant qu'invité.