Vous ne faites que répéter ce qu’on vous a appris

Ecrit par Luc Sénécal le 14 décembre 2013. dans France, La une, Politique

Vous ne faites que répéter ce qu’on vous a appris

Un jeune internaute prétend que je ne suis bon qu’à répéter ce que l’on m’a appris. Toute aussi amusante que peut être cette idée, cela mérite réflexion après tout.

Nous sommes tellement imbriqués dans ce que nous apprenons depuis que nous sommes nés, qu’en effet, il est possible de se demander si nous sommes limités à ce point. Alors je lui ai délivré une réponse qui vaut ce qu’elle vaut mais peut-être avez-vous, vous-même, mieux à dire que cela :

« Répéter » ce qu’on vous a appris. C’est là où même un simple perroquet ne saurait pas installer, dans le temps et l’espace qui est le sien, la répétition de ce qu’il ne comprend pas. Et pourtant, tout oiseau qu’il est, tout animal qu’il est, il va vous répéter ce qu’il a appris, au bon moment, dans le bon espace. Par ailleurs, certain s’oblige à penser qu’on apprend à l’école. Et pourtant ce n’est pas tout à fait exact. Car on apprend à apprendre aussi. Et on apprend toute sa vie. Ce qui d’ailleurs peut-être un véritable plaisir.

Avec les années, on apprend encore plus. On apprend à savoir lire au-delà des lignes, au-delà des mots, au-delà des textes. On en apprend aussi beaucoup sur leurs auteurs qui se dévoilent. Ainsi pendant toutes ces années qui ont été les miennes, j’ai suivi le conseil de mon grand-père. « Tais-toi et surtout écoute ». J’ai donc écouté, observé, retenu. Ce faisant, comme il me fallait bien vivre et être acteur de ma vie, je me suis égaré, trompé et parfois j’ai réussi quelques petites choses. Bien vaines dans leur ensemble c’est vrai. Et en fait, c’est par l’observation et l’écoute que j’ai probablement le mieux réussi. Et maintenant alors que mon soleil se couche dans ses ors et son sang, je me permets de « dire ». D’« écrire » aussi, car c’est la meilleure façon pour moi de m’exprimer.

Ainsi de ces religions qui promeuvent l’homme sans tenir compte de la nature elle-même et de toute la force et la magie qu’elle représente, j’ai constaté l’anthropomorphisme qui est le leur. Mais je me garde d’en être juge. Un tel besoin de réconfort, de certitudes, de foi dans la misère de la vie humaine le justifient largement. Sauf que parfois une religion peut amener l’horreur, la terreur, la souffrance, la misère, l’ignominie quand elle s’oppose à une autre religion. Et cela m’est intolérable. Pour ce qui me concerne, à lire les textes sacrés d’où qu’ils viennent, je ne rechercherai jamais ce qui peut entraîner la haine surtout sous le prétexte de détenir une Vérité par opposition à une autre. L’être humain a une valeur égale à lui-même, partout où il se trouve sur cette petite planète, quelle que soit la couleur de sa peau, quelles que soient ses coutumes, sa foi, sa religion, ses croyances même dans le quotidien.

Maintenant, dans ma propre conception de la vie, je considère que si nous n’avons pas nous-mêmes créé ce qui nous entoure, c’est qu’il y a quelque chose que l’on ne peut comprendre parce que nous n’en avons pas les moyens. Et ce quelque chose ne peut se symboliser par une image humaine comme on le voit un peu partout, mais bien plus encore par l’image de la création elle-même. L’humain en fait intrinsèquement partie, comme tout le reste. Et cela est admirable. L’homme est une projection de la planète comme toutes les autres. Et cela est terriblement provisoire, si nous savons nous projeter dans le temps, bien au-delà de celui qui est nôtre, bien au-delà de ces arbres millénaires que l’on détruit pour notre confort, bien au-delà de la durée de vie de notre soleil. Ce n’est qu’une étincelle insignifiante dans des milliards d’étoiles. Et pourtant c’est essentiel. Absolument essentiel. Cela devrait inspirer de la joie, de l’amour, de la solidarité.

Malheureusement, il y a en nous quelque chose qui nous ramène à leurs contraires. Et ce quelque chose-là vient de notre capacité d’intelligence. Etre capable en amont d’agir en anticipant en aval les conséquences de nos actes. (Relativement s’entend). Et là, on peut se demander si c’est une bénédiction ou une malédiction. Tout dépend de ce que l’on en fait en réalité. Chacun d’entre nous. Mais tout cela c’est aussi apprendre à écouter, observer, lire, toucher, sentir. C’est ce que nous offrent nos sens et notre capacité à prendre du recul pour mieux réfléchir et analyser. La première de toutes les leçons alors, c’est celle de comprendre à quel point nous pouvons, nous nous devons de rester humbles et modestes dans nos propos.

Et d’admettre que fatalement si nous ne le sommes pas parfois, parce que nous maîtrisons mal l’expression, ce n’est pas dans le sens du message, dans la profondeur de la pensée, mais uniquement dans la forme pour s’adresser à l’autre.

Si vous voulez rester imperméable à tout cela, mon jeune ami contestataire,  « A Dieu »  donc comme vous le prétendez. Votre jeunesse d’esprit vous apportera beaucoup car le chemin sera long et parfois difficile. Vous avez tant à découvrir…

A propos de l'auteur

Luc Sénécal

Rédacteur

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