Egalité femmes-hommes ?

Ecrit par Jean Gabard le 06 janvier 2018. dans La une, Société

Egalité femmes-hommes ?

Le gouvernement a fait de l’égalité femmes-hommes la grande cause du quinquennat alors que dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (article 1, Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits) et la Constitution de la Vème République (La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion), il n’est jamais question d’« égalité » mais d’« égalité en droits » ou d’« égalité devant la loi » !

Ce raccourci (d’égalité en droits à égalité) pourrait être acceptable si, aujourd’hui, de nombreuses personnes ne réclamaient pas, et avec insistance, « l’égalité réelle » entre les hommes et les femmes, en s’inspirant des dérives des Etudes de genre.

Cette égalité souhaitée ne pourrait pourtant être envisagée que si le postulat soutenu par des partisans des Etudes de genre était une théorie reconnue par les autorités scientifiques, c’est-à-dire que si les différences de comportements et de résultats entre les femmes et les hommes ne provenaient que des discriminations et de la construction sociale sexistes, or il n’en est rien !* On sait aujourd’hui que si les hommes et les femmes sont influencés par la construction sociale, ils sont aussi influencés par leurs différences génétiques, biologiques, hormonales. Ils le sont aussi par la structuration du psychisme, différente suivant le sexe et indépendante de la culture (celle-ci étant inconsciente, comme la construction sociale, elle ne peut être prouvée mais on peut quand même se demander si le fait de naître dans un corps de femme ou d’homme, d’une personne du même sexe ou du sexe opposé n’a pas au moins autant d’importance que le fait de se voir offrir une poupée ou un camion !).

Cette demande d’égalité est une demande qui ne peut que favoriser le sexisme en étant dans la négation de la différence des sexes. En effet, quand la différence des sexes n’est pas reconnue, la différence, toujours plus ou moins gênante, quand elle apparaît, devient anormale. Elle est alors très vite dénigrée. Pendant des millénaires, la différence des sexes n’a pas été assumée par la société patriarcale et la différence de la femme était considérée comme un handicap qui faisait d’elle un être inférieur à mettre à l’écart. Faut-il, aujourd’hui, parce que la différence des sexes n’est toujours pas assumée, que la différence de l’homme devienne une maladie ou le signe de sa mauvaise éducation dont il serait responsable (un moyen pervers qui permet de ne pas être accusé de sexisme) ?

Il y a encore beaucoup de progrès à faire pour obtenir le respect de l’égalité en droits. Faut-il alors s’égarer dans des luttes inutiles qui, avec ce nouveau sexisme, ne peuvent que dresser les femmes contre les hommes et empêcher d’étudier, de connaître et de gérer intelligemment la différence des sexes ?

Après que la société patriarcale dans l’enfance ait été contestée à juste titre par une vision du monde féministe faut-il, au XXIème siècle, rester dans cette crise d’adolescence et ne rien faire pour devenir enfin adulte ?

 

* Le paradoxe norvégien

https://www.youtube.com/watch?v=hQYiub1hkSw

 

« Mieux vaut reconnaître nos différences que prétendre qu’elles n’existent pas et ne pas survivre aux tensions qu’elles engendrent ! »,Jacques Arènes.

« Je pense que le “genre” est une idéologie. Cette haine de la différence est celle des pervers, qui ne la supportent pas », Boris Cyrulnik.

« Alors, tant sur le plan psychique, anatomique, cérébral, légal, social, on peut chercher longtemps l’égalité, on ne la trouvera jamais ailleurs que dans le fantasme », Michel S. Levy.

« Enfin, répétons qu’un lien existe entre certaines dérives des mouvements de libération de la femme, “l’égalitarisme” sexuel qui suivit, et la difficulté de beaucoup d’adolescents à se repérer dans le familial, puis le social », Michel S. Levy

A propos de l'auteur

Jean Gabard

Jean Gabard

Auteur de « Le féminisme et ses dérives – Rendre un père à l’enfant-roi »,

Les Editions de Paris, nov 2011.

Commentaires (1)

  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    06 janvier 2018 à 13:02 |
    Ce distingo entre égalité formelle et égalité réelle – ou entre droits formels et droits « réels » - constitue un des pilliers de la théorie marxiste : la démocratie libérale/capitaliste, par contraste avec la démocratie socialiste/« populaire », ne garantit qu’une égalité toute virtuelle laissant subsister des inégalités sociales parfaitement tangibles…car « différences » signifient en réalité inégalités. Donc, en suivant votre raisonnement, il existe des « inégalités » entre hommes et femmes : les uns sont plus ceci et moins cela et les autres de même mais à l’opposé. Vous rendez-vous compte que, ce faisant, vous apportez – bien involontairement ! – de l’eau au moulin du féminisme dit « différentialiste », lequel exalte les vertus « féminines » au détriment des vertus « viriles », disqualifiées comme étant fondamentalement machistes ?
    Il faut être cohérent ; on ne peut à la fois précher l’égalité entre les sexes et glorifier des inégalités/différences aboutissant ainsi soit au sexisme phallocratique, soit – ce qui n’est guère mieux – au sexisme inversé, version féministe.

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