GPS interdit

Ecrit par Luc Sénécal le 23 mai 2011. dans La une, Société

GPS interdit

 

Amalgames quand tu nous tiens.

Certes, on ne peut que louer le souci de nos autorités de « souhaiter » une conduite plus responsable des automobilistes et autres usagers de la route.

Mais cette réaction à chaud, tout à fait d’ailleurs dans la ligne d’une politique hâtive, faite d’effets d’annonce et d’incohérences quant aux applications concrètes, apparaît plutôt comme un aveu de faiblesse de certains décisionnaires.

Comment peut-on s’en prendre à des outils concernant l’aide à la conduite de toutes celles et de tous ceux qui sont sur la route tous les jours. Ce, jusques et y compris, les occasionnels pour des motifs de tourisme ou autres.

Car on s’en prenant aux « avertisseurs de radar » on s’en prend aussi aux appareils qui sont là pour prévenir d’une « zone accidentogène », de « travaux », « d’encombrements ou accidents » etc.

En faisant l’amalgame de tous les services rendus par ces appareils que l’on peut sans que cela soit raisonnablement contestable, considérer comme d’utilité publique, on privilégie une seule de ces fonctions aux dépends de toutes les autres.

Sans oublier qui plus est, que ces appareils signalent aussi toutes les zones de contrôle possibles, alors qu’elles ne sont pas utilisées à coup sûr, ce qui incite non pas le conducteur à accélérer entre elles mais bien plutôt à surveiller sa vitesse et à la contrôler périodiquement alors qu’il n’y a aucun radar dans ladite zone dénoncée.

Permettez, mais je défie quiconque, y compris celles et ceux qui mettent en place ces mesures, de prétendre qu’ils ou elles n’ont pas dépassées par mégarde de quelques kilomètre heures, la vitesse prescrite sur les panneaux croisés sur leur route.

Prenons aussi cette problématique autrement.

Faute de savoir comment s’y prendre pour diminuer les risques d’accident mortel sur la route, on pourrait suggérer de s’occuper plutôt du « pourquoi ». Ce qui revient à demander expressément une étude détaillée sur les circonstances de chaque accident mortel survenu depuis le 1ER JANVIER 2011 jusqu’au 30 AVRIL de la même année. Un rapport qui permettrait d’avoir une idée plus précise des causes réelles et concrètes et non pas faire des suppositions simplistes liées aux « excès de vitesse ». D’ailleurs dans l’absolu, qu’est-ce qu’un excès de vitesse ?

Car il y a, pour donner un exemple, un point sur lequel nous n’avons jamais vu ou lu quoique ce soit, alors que les professionnels de la route en ont parfaitement connaissance. A savoir l’obligation pour les poids lourds de se présenter au quai de débarquement à heure fixe, ce qui les oblige à s’accorder sur la route avec cette contrainte, parfois sinon souvent, difficile à respecter.

Sans quoi, il faudra attendre un autre créneau horaire et perdre beaucoup d’argent.

A savoir dans la même optique, la contrainte supportée par des chauffeurs livreurs lorsqu’ils se retrouvent dans l’obligation de respecter un timing horaire de livraison parfois quasiment démentiel, pour obtenir une prime sur leur salaire ou bien la prorogation de leur emploi.

Tant que l’on ne voudra pas se pencher sérieusement sur les circonstances réelles accidentogènes dont ces exemples dénoncent déjà une liste autrement plus exhaustive, on se contentera de faire payer à l’ensemble des usagers de la route, les excès de quelques-uns. Alors que ceux-ci subissent des pressions par ailleurs. Ceci me paraît inadmissible.

D’autant qu’il y a à l’évidence, un risque bien plus grand encore, si on supprime les GPS permettant entre autres, aux ambulances, aux services de secours, aux chauffeurs routiers, aux taxis, aux livreurs, aux touristes et tout autre usager même occasionnel, de circuler dans les meilleures conditions possibles. Ce, en les prévenant des dangers qui parsèment leur parcours.

Enfin, il reste à préciser que les compteurs de voiture ne sont pas précis au point d’assurer aux conducteurs la réalité de leur vitesse. J’en veux pour preuve que possédant moi-même un GPS, j’ai pu constater que pour 130 Km/h compteur, celui-ci m’indique lorsqu’il y a beaucoup de vent, entre 124 et 132 Km/h. Alors que l’aiguille du compteur ne bouge pas. Je viens d’en faire l’expérience.

Donc il me semble qu’il vaut mieux se fier à un instrument de contrôle beaucoup plus précis au lieu de le supprimer. D’autant qu’il a le mérite d’attirer notre attention en cas de dépassement par un signal sonore plutôt désagréable. C’est en faisant évoluer cet outil de façon plus efficace et responsable que l’on trouvera des solutions plus crédibles.

Pour conclure, n’oublions pas que trop de réglementation, tue la réglementation.


Luc Sénécal


A propos de l'auteur

Luc Sénécal

Rédacteur

Poster un commentaire

Vous êtes identifié en tant qu'invité.