L’égalité ce n’est pas la similitude

Ecrit par Luc Sénécal le 18 octobre 2014. dans La une, Société

L’égalité ce n’est pas la similitude

En ce qui concerne la tendance moderne qu’une certaine gauche promeut, ici, en France, on peut constater qu’il y a un amalgame fâcheux qui pourrait être risible. Car, attention, « Égalité » n’est pas similitude. Cet amalgame très actuel est une erreur fondamentale dont nous percevons actuellement les effets.

Peut-on constater que la société change, sans pour autant en tirer des conclusions trop hâtives mais en prenant un peu plus de recul, pour mettre à mal cet amalgame ?

D’abord, sur le plan historique, la femme il n’y a pas si longtemps, ne devait pas fumer, n’avait pas le droit de porter des pantalons (la loi a été abrogée très récemment), ne participait pas aux conversations des homme sur des sujets de fond, n’avait pas droit de vote et devait s’occuper de la maisonnée pour le bénéfice de son mari.

C’était un système, faut-il le préciser, apprécié par bon nombre de femmes qui y trouvaient quand même leur compte. D’abord le mari représentait la maison à l’extérieur mais n’avait pas son mot à dire à l’intérieur. Ce, tant qu’elle restait la maîtresse de maison en faisant preuve de ces capacités.

Pourtant un mouvement féministe s’est fait jour très marginal tout d’abord, puis conduit par des femmes de caractère, a réussi à renverser complètement ce système.

Mais est-ce un bien ou est-ce un mal, c’est très discutable. A savoir que désormais la femme travaille et ne s’occupe plus des enfants comme auparavant. Il faut trouver une garderie ou quelqu’un pour les garder, les chercher à l’école, les occuper, les surveiller. Où est l’éducation que doivent donner les parents dans tout ça ? Pourquoi veut-on que ce soient les enseignants qui aient en charge l’éducation lorsque les parents sont incapables de la fournir à leurs rejetons ?

Car la femme, malgré tout, a en charge ses activités professionnelles mais également à la maison, faire les courses, faire la popote, torcher les « gosses » et faire la lessive, le ménage et j’en passe. Peut-on parler d’égalité dans ce cas ?

Il y a maintenant dans les jeunes générations, des hommes qui participent aux activités de la maison et c’est bien. Malheureusement, il y a encore des mâles qui n’ont aucune intention de participer aux tâches ménagères qu’ils considèrent comme ne relevant pas de leur sexe.

Il y a aussi des femmes qui « singent » l’homme donnant ainsi sans le vouloir à celui-ci une importance qu’il n’a peut-être pas, du moins pas autant.

Ceci dit et de façon plus générale, nous débouchons désormais sur autre chose encore. Sous prétexte d’égalité des sexes, on en vient à nier la réalité des différenciations sexuelles, qu’elles soient physiques ou mentales.

On confond égalité des droits avec une égalité qui n’en est pas une, par essence naturelle. Cela tourne au ridicule. Bien au contraire, ces différences qui ne sont pas que physiques je le précise mais qui touchent à l’appréciation des choses, à d’autres façons d’analyser, de comprendre un contexte, un évènement, un sentiment, tout cela est indispensable et donne à la vie tout son sens.

Alors oui, les femmes ont des droits à commencer par toucher le même salaire que les hommes et avoir des postes à responsabilité. Mais non, une femme n’est pas un homme (sauf exception si elle se prend pour tel) et un homme ne peut se mettre à la place d’une femme.

Alors oui, l’image de la femme est utilisée pour exciter le mâle et le manipuler dans un système qui n’est que de jouir de la consommation sous toutes ses formes. Néanmoins quand l’image se met à parler, à vivre devant l’homme, c’est une toute autre affaire !

Alors oui, la femme profite de son image qu’elle perfectionne devant sa glace jour après jour, pour « manipuler » le mâle avec parfois des techniques très sophistiquées mais pour autant, elle, avec cette puissance d’attrait, elle n’en reste pas moins fragile. Parfois elle se retrouve prise à son propre piège.

Alors je vous propose de ne pas en rester à des idées toutes faites et des a priori mais de bien apprécier ce qui dans un couple peut permettre toute la beauté d’une union et non point vous fixer sur ce qui peut le séparer.

Car dans les jeunes couples et c’est très actuel, car nous le vivons nous-mêmes, il y a l’apport de deux personnalités avec ce qu’elles ont de bien ou de moins bien et quand le quotidien dans la vie de couple permet de les rapprocher, la découverte de certaines réalités peut faire très mal.

Deux personnes se rencontrent, se sentent attirées l’une vers l’autre, se plaisent, passent à l’acte sexuel, décident de s’unir c’est la phase ascendante.

Une fois unies elles vivent ensemble, se découvrent des goûts, des habitudes de vie, un caractère et alors, avec la vie trépidante qui est celle du monde moderne, ne prennent plus le temps de s’investir dans le couple, de prendre patience, de chercher des solutions. Elles se sentent trahies quelque part, finissent par ne plus « sentir » l’autre et c’est ainsi que dans une phase descendante, le couple se sépare.

Seulement vu de l’extérieur, personne ne peut savoir exactement ce qu’il en est. Donc personne ne peut juger réellement ni de l’un, ni de l’autre, sauf à se désoler de s’apercevoir qu’on ne peut rien faire pour venir en aide.

Seulement les véritables victimes sont leurs propres enfants, parfois même des bébés de quelques mois seulement. Et la trace de cette blessure restera indélébile à vie !

Ce qui me fait dire et vous comprendrez où je veux en venir dans ce (encore) trop long post, que nous sommes ma femme et moi des jeunes mariés ayant dépassé la soixantaine. Nous avons compris, apprécié, approché beaucoup de choses concernant la vie commune. Nous avons compris, apprécié, approché ce qui peut différencier fondamentalement l’homme de la femme. Cela donne de la force à notre union et nous nous désolons de ne pouvoir la transmette à nos propres enfants, victimes en quelque sorte de leur jeunesse, de leur manque d’expérience, de leur intransigeance pour ne pas dire de leur aveuglement.

La vie est ainsi faite qu’elle est un long parcours fait d’embûches, d’expériences douloureuses, de réussites mais aussi d’échecs. Il faut que les jeunes parcourent ce chemin que nous avons parcouru et nous ne pouvons les empêcher de commettre les mêmes erreurs. Simplement on a essayé de leur donner des armes pour se forger eux-mêmes de quoi mieux comprendre ce qui les attend et ça ne marche pas toujours.

Quant à la femme, merci. Elle est et reste femme, sous toutes les formes différentes qu’elle se plaît à prendre. Si elle doit avoir les mêmes droits, elle n’est pas un homme et ne peut prétendre l’être. Ce qui est très bien ainsi. Car l’homme, le « mâle », lui, il est loin d’être parfait. Il est si fragile lui aussi, si facilement manipulable, si peu mature parfois, que pour prendre un seul exemple, l’instinct maternel inscrit fondamentalement dans la femme se plaît souvent à le materner et sait très bien par la suite le lui reprocher. C’est là toute l’ambigüité féminine.

Mais parfois l’homme est si sûr de lui, de son pouvoir, de son charisme, de ses « fichues » habitudes, qu’il n’en est encore que plus fragile, plus détestable peut-être ou manipulable… Il est même parfois des névroses chez l’un et chez l’autre, qui s’accordent parfaitement dans une union.

Bref, il y a tant à dire sur ce sujet et on en a tant dit dans la littérature que j’en reste là estimant que j’ai encore beaucoup à apprendre et que je n’aurai jamais fini d’apprendre…

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Luc Sénécal

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Commentaires (2)

  • Johann LEFEBVRE

    Johann LEFEBVRE

    19 octobre 2014 à 12:14 |
    Vous passez, et c'est très révélateur, d'un paragraphe à l'autre, de "différenciations" à "différences". Vous écrivez : "Bien au contraire, ces différences qui ne sont pas que physiques je le précise mais qui touchent à l’appréciation des choses, à d’autres façons d’analyser, de comprendre un contexte, un évènement, un sentiment, tout cela est indispensable et donne à la vie tout son sens." ---> certes pas physiques, mais pas pour autant naturelles, ces différences sont les fruits de constructions culturelles séculaires, et ces façonnements mentaux, par définition, ne sont pas figés, ils évoluent, plus ou moins vite selon les périodes historiques et sont variables selon les sociétés... Ces différences existeront toujours, non pas, là encore, pour des raisons naturelles, mais parce qu'elles participent des modes de production et de circulation qui, par ailleurs, s'appuient sur des représentations davantage que sur le réellement vécu. D'ailleurs la similitude ne serait pas non-identité, et la similitude ne peut se penser, après abstraction du support génétique, qu'au niveau de l'individu.
    "Si elle doit avoir les mêmes droits, elle n’est pas un homme et ne peut prétendre l’être." --> de la même façon, moi qui suis un homme tout comme vous, si je dois avoir les mêmes droits que vous, je ne peux pas être vous et ne peux pas prétendre l'être. Ce n'est absolument pas une affaire de sexe, ni même de "rôle social" ; c'est que la similitude que vous envisagez négativement n'est toujours que le semblable et ne touche en rien à l'identité. Raison pour laquelle, dans la langue, l'identité dispose de deux sens bien distincts : identité en tant que deux êtres sont semblables (similis), impossible chez l'être humain, y compris les jumeaux, à cause de la Conscience ; identité en tant que ce qui demeure identique ou égal à soi-même dans le temps (conscience de la persistance du moi).

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  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    18 octobre 2014 à 17:26 |
    Vous voulez sûrement dire : "identité" et non "similitude". La femme peut ressembler à l'homme (c'est votre propos), lui être "similaire" (lat. simile), sans pour autant être ce qu'il est, auquel cas il y aurait, en effet, non une simple similitude, mais bien une véritable identité.

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