Taxes et circulation routière

Ecrit par Luc Sénécal le 30 mars 2013. dans La une, Société

Taxes et circulation routière

Toujours en panne d’imagination, de solution cohérente, de compétence, nos autorités, quelles qu’elles soient, s’emploient à tirer tout le profit possible d’une carence notoire. Poser une problématique à plat. En examiner tous les contours, tous les détails, les tenants et les aboutissants. Faire le point sur l’inadéquation des décisions prises jusqu’alors et admettre le marasme dans lequel on se retrouve dans les grandes villes en termes de stationnement, est-ce à ce point si difficile ?

Oui, quand la situation budgétaire est à ce point critique. Oui, quand on ne sait plus ni où, ni comment trouver de quoi financer des projets pourtant essentiels. Oui, quand il s’agit de faire payer par tous les moyens possibles les usagers. Quand il s’agit de les culpabiliser, les infantiliser, les montrer du doigt. En conséquence le débat n’est plus de trouver des solutions cohérentes au problème du stationnement en ville (lequel tourne au cauchemar), mais de créer un climat de défiance qui n’a rien à voir avec la solidarité que l’on devrait retrouver entre nous, face à ce problème.

Les chauffeurs livreurs se garent en pleine rue. Vous réclamez ? Ils disent qu’ils travaillent eux ! Les taxis débarquent leurs passagers où ils peuvent, même en pleine voie parce qu’ils n’ont pas d’autre choix. Les deux roues se faufilent au péril de leur vie ou à tout le moins avec des risques pour leur santé physique, en dépit du bon sens commun. Les embouteillages augmentent du fait des contraintes de plus en plus évidentes, suite à des mesures autophobes qui ne règlent rien si ce n’est d’empirer la situation. Les chauffeurs de bus s’énervent de voir combien certains automobilistes excédés font fi de la réglementation qui les concerne en matière de voies réservées. Et ce n’est pas exhaustif.

Alors qu’obtient-on ? Des chauffeurs qui vivent sous stress. Des conducteurs qui n’en peuvent plus et qui s’eng…lent entre eux, voire en viennent aux mains ou passent un couteau sur la carrosserie du voisin. Des usagers de plus en plus agressifs. Des piétons qui ne peuvent plus traverser. Des automobilistes qui en ont marre de voir les piétons se croire tout permis. Des cyclistes qui passent au rouge, des scooters qui montent sur les trottoirs, des camionnettes conduites par des pseudo-schumacher, attitude favorisée par les entreprises qui les emploient, jusqu’aux vélomoteurs livreurs de pizza, artistes funambules au mépris de leur propre sauvegarde. Mais pas seulement. Des autos garées n’importe où, à force d’avoir cherché en vain une vraie place. Alors des rendez-vous manqués. Des responsabilités qui ne peuvent être tenues. Un énervement général qui déborde sur la vie privée après avoir été une galère quotidienne dans la vie professionnelle. Bref, un ras-le-bol général.

La solution ? Augmenter les taxes que vous soyez en déplacement ou à l’arrêt ? C’est aussi admettre par ce moyen l’incapacité de l’état ou les communes de faire face à leurs responsabilités en termes de mise en place d’infrastructures et de structures idoines. Pour faire passer la pilule, accuser, trouver la faille mais surtout ne pas chercher à remettre tout le dossier à plat. Et changer carrément d’attitude. Surtout pas. Tant que ça rapporte et que cela peut couvrir le gouffre des budgets que l’on ne peut plus couvrir.

Mais non. Je ne suis pas en colère. Je constate c’est tout. Mais dites-moi si j’ai tort ?

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Luc Sénécal

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