Une maladie incomprise et mal perçue par ignorance

Ecrit par Luc Sénécal le 30 novembre 2013. dans La une, Société

Une maladie incomprise et mal perçue par ignorance

Un homme a pénétré chez un particulier âgé, et après l’avoir estourbi, l’a découpé pour manger sa langue et son cœur.

Comment peut-on, quand on a froid dans le dos à l’évocation de ce drame, admettre, comprendre, accepter qu’il s’agit d’une maladie ?

En fait peu de gens savent de quoi il retourne en réalité. Pourquoi ne leur explique-t-on pas que ce comportement temporaire, complètement irrationnel n’a rien à voir avec l’individu, la personne, mais tout à voir avec son cerveau.

En fait, selon les colloques et les conférences récentes, des recherches sur le cerveau ont amené à mieux comprendre ce qu’est la schizophrénie. A savoir, une circulation défaillante des neurones entre les synapses. La qualité du liquide chimique dans lequel ils baignent y est pour quelque chose. On sait donc que l’individu qui se met à piquer des colères terribles, casse tout chez lui, autour de lui, effraie ses proches, et peut dans un cas extrême comme celui-là entendre des voix et commettre un acte terrible par un assassinat, n’est en rien responsable. Aussi difficile que cela soit de l’admettre.

La recherche sur le cerveau a obtenu des résultats pour mieux comprendre ce type de comportement. Des manifestations publiques, des informations permettent d’en savoir plus à ce propos. Des associations concernées qui sont mieux à même d’écouter des proches concernés par un malade, d’aider, de conseiller des familles en plein désarroi, sont présentes sur tout le territoire.

Il convient d’admettre qu’un schizophrène ne guérit JAMAIS. Par contre on peut stabiliser la maladie et le malade peut vivre normalement, s’il n’arrête pas son traitement. Le problème c’est qu’au bout d’un certain temps, celui-ci s’apercevant qu’il va bien, interrompt son traitement. Et tout repart. Les crises, la terreur des proches à leur grand désespoir, les dérapages etc…

Alors pourquoi me direz-vous, un malade peut arrêter son traitement. C’est qu’en droit et au titre de la liberté individuelle, un adulte peut accepter, refuser, surseoir à un traitement, comme il l’entend. C’est là que se situe l’anomalie et cela est d’autant plus grave qu’en dehors des crises, une fois qu’elles ont eu lieu et peuvent amener une hospitalisation d’office, rien n’est prévu dans les textes et les lois pour contraindre un malade à continuer ou reprendre son traitement. Rien n’est fait à ce propos et des milliers de malades ont ainsi la possibilité de l’arrêter et de s’engager à nouveau dans la voie des violences et des fantasmes ou autres dérives qui en sont la conséquence.

D’après ce que l’on sait, ce qu’il y a de pire dans la schizophrénie, c’est qu’elle n’apparaît qu’après l’adolescence, au début de la vie d’adulte. Les parents, les collatéraux qui connaissaient la personne comme quelqu’un qui avait un beau potentiel d’activité dans la vie professionnelle et citoyenne, découvrent brusquement que tout cela est anéanti. De plus, pour le corps médical, il faut beaucoup de temps pour poser un diagnostic fiable. Ce qui fait que ces proches ne savent pas ce qui arrive à leur fils, leur frère ou leur sœur, leur ami et sont complétement déroutés.

Rien n’est fait apparemment au niveau législatif à ce propos bien qu’on prenne maintenant juste conscience de cette réalité dramatique là. Il y a trop peu de lits en psychiatrie, parent pauvre du corps médical, et encore bien peu d’établissements qui font le lien entre la sortie de l’hôpital et le retour au domicile. C’est une problématique importante mais l’ignorance, voire l’indifférence sont des montagnes qu’il faut bousculer pour une prise de conscience globale et publique. A commencer par mieux communiquer. Et surtout mieux s’informer.

Des ouvrages nombreux à ce propos sont à la disposition du public. Internet est aussi une mine de renseignements.

Mais surtout, c’est le corps médical et les psychiatres qui sont mieux à même professionnellement de parler de quoi il retourne, quand c’est possible.

Une journée concernant la maladie psychique va être dévolue à Paris à ce propos, le 29 novembre à la Bastille, de 17H à 19H, avec des lampes, des torches, tout moyen d’éclairage. N’oubliez pas ces familles qui sont en plein désarroi et s’isolent, parce que socialement, c’est très mal vu d’avoir un proche schizophrène (comme est mal comprise aussi la maladie bi-polaire pour ne citer qu’elle).

Il y a environ un malade pour cent habitants. Faites le calcul. C’est assez sidérant non ?

A propos de l'auteur

Luc Sénécal

Rédacteur

Commentaires (1)

  • Maurice Lévy

    Maurice Lévy

    07 décembre 2013 à 11:29 |
    Merci pour l'alerte concernant cette maladie ... Mais hélas, plus la recherche progresse, moins les moyens hospitaliers peuvent s'y adapter !

    Mais que faire en période de crise ???

    Répondre

Poster un commentaire

Vous êtes identifié en tant qu'invité.