Sports

Raymond Kopa : l’homme et le joueur

Ecrit par Jean-Luc Lamouché le 11 mars 2017. dans La une, Sports

Raymond Kopa : l’homme et le joueur

Pour ceux qui lisent mes chroniques, il faut que je les prévienne du fait que celle-ci ne sera pas tout à fait comme les autres. On a en effet appris récemment le décès de Raymond Kopa (le 3 mars, à l’âge de 85 ans), qui fut l’un des plus grands joueurs de football de tous les temps ; et je suis triste, pour plusieurs raisons. Dans cette chronique, il me faudra évoquer des souvenirs personnels liés à ma préadolescence, en rapport avec cette disparition, qui mêle en moi de la joie et – forcément – une forme de nostalgie et de rapport au temps qui passe… J’avais 9 ans en 1958 – et les « footeux » comprendront à quoi je veux faire allusion ici en marquant cette année-là d’une pierre blanche, faite de gloire, mais aussi d’un certain regret. Il va de soi que je n’oublierai pas d’évoquer qui était l’homme Kopa, et notamment d’où il venait sur le plan familial, ainsi que l’immense footballeur qu’il fut, l’un des plus importants de son époque, dans son grand club (le Stade de Reims, souvent champion de France), en équipe de nationale, mais également en Espagne au sein du grand Real de Madrid.

L’année 1958 fut celle de l’arrivée de la TV dans la pension de famille de mes grands-parents maternels, où j’habitais avec mes parents et ma sœur (l’autre n’étant pas encore née). Il s’agissait d’un poste destiné avant tout aux clients de la pension, qui, pour certains d’entre eux, étaient logés (avec une dizaine de chambres) et pouvaient également prendre leurs repas pour une somme très modique. Ce poste était bien frustre : assez petite, cette « lucarne » (dans la salle de restaurant), pas belle du tout à regarder en tant que telle et n’ayant qu’une seule chaîne, était de plus en noir et blanc… Or, il se trouve que mon père, ainsi que bon nombre de mes camarades de classe et des clients de la pension aimaient beaucoup le football – dont on pouvait regarder (sans avoir à payer de « péages ») de très nombreux matchs à la TV (aussi bien pour le Championnat de France qu’en ce qui concernait les grandes compétitions internationales comme le Championnat d’Europe ou la Coupe du monde). Ce fut justement entre le 8 et le 29 juin 1958 qu’eut lieu, en Suède, la sixième Coupe du monde de football, pendant laquelle l’équipe de France, après avoir failli se qualifier pour la finale, finit 3ème, remportant ainsi l’équivalent d’une médaille de bronze aux Jeux Olympiques. C’était l’époque du futur prodige brésilien Pelé ! Ce fut d’ailleurs contre l’équipe brésilienne que Raymond Kopa et ses compagnons de match(s), Just Fontaine, Roger Piantoni, Jean Vincent, etc., durent s’incliner par 2 buts marqués contre 5.

Pendant cette Coupe du monde, Kopa et ses coéquipiers obtinrent donc bien plus que les honneurs, Fontaine (avant-centre) marquant 13 buts pendant l’ensemble des compétitions – un record inégalé à ce jour et probablement définitivement indépassable ! J’ajoute que, pour la « petite finale » (la 3ème place), cette superbe équipe de France, à ossature rémoise, triompha de la RFA (l’Allemagne de l’Ouest) par le score de 6 buts à 3 ! Le jeu de Raymond Kopa et des grands attaquants français m’amena d’ailleurs à jouer au football en scolaire, puis surtout au niveau du club de ma ville, dans le cadre des « benjamins » (de 9 à 11 ans), soit les plus jeunes, avant les « cadets », les « juniors », ces derniers précédant une qualification pour les équipes d’adultes.

09 juillet 2016 - L’œil de Claude : L’Euro 2016

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 09 juillet 2016. dans La une, Actualité, Sports

Des surprises et des Bleus comme s'il en pleuvait...

09 juillet 2016 - L’œil de Claude : L’Euro 2016

L’Euro 2016 se termine le 10 juillet prochain… Pendant la compétition, des équipes qu’on n’attendait pas – ou plus – ont émergé soudain et (dé)montré qu’on devait et pouvait compter avec elles, alors que d’autres, et non des moindres, ont été éliminées prématurément !

Ainsi va l’Euro, avec ses pesanteurs et ses fulgurances… Au cours des premiers matches, la plupart des joueurs semblaient avoir troqué leurs crampons contre des « semelles de plomb »… En effet, maladresses et fautes se succédèrent à un rythme effréné, et un grand nombre d’équipes avaient souvent préféré l’inertie au beau jeu !

Il aura fallu attendre les huitièmes de finale, autrement dit le début des « choses sérieuses » pour que le foot retrouve ses « semelles de vent »… Le « couple franco-allemand » était opposé à deux adversaires coriaces, l’Irlande et la Slovaquie, 2-1 pour la France avec un doublé de Griezmann « de la tête au pied », et un joli 3-0 pour la Mannschaft !

Puis ce fut au tour des Italiens de « faire le spectacle » face à l’Espagne qui, finalement, « botta » en touche sur le score de 2-0. Exit également l’Angleterre, 2-1, qui rencontrait l’Islande, une autre île, soufflant en permanence le chaud et le froid !

Les quarts de finale, ensuite, avec de belles affiches. Pologne-Portugal, pour commencer. C’est finalement l’équipe portugaise emmenée par Ronaldo qui l’a emporté, sans avoir brillé pour autant. Quant aux « petits-enfants de Kopa », ils n’ont pas eu à rougir de leur défaite !

Un peu plus tard, le Pays de Galles rencontrait la Belgique. Le « dragon rouge » a littéralement foudroyé les « diables rouges », 3-1. Le match, riche en rebondissements, a sacré une équipe galloise ô combien talentueuse, surprenante à bien des égards. Lorsqu’on sait que Wales a deux amours, le rugby et le foot, on se dit que ce petit pays du Royaume-Uni n’a pas fini de nous surprendre !

Puis ce fut l’Italie, qui tomba au « champ d’honneur », ou presque, face à la Mannschaft, pas au mieux de sa forme. Tirs au but fatals pour les Italiens, dont la « botte », toujours aussi puissante, aura fait son effet !

Enfin, les Bleus étaient opposés aux Islandais, ces joueurs venus du froid… Ce qui les a surtout douchés, c’est le 4-0 à la mi-temps. Superbe match de la part de l’équipe de France, qui s’est terminé sur le « score fleuve » de 5-2 !

 

le 4 Juillet 2016

De la tristesse du supporter suédois arpentant le Capitole après une défaite contre l’Italie

Ecrit par Sabine Aussenac le 02 juillet 2016. dans Ecrits, La une, Sports

De la tristesse du supporter suédois arpentant le Capitole après une défaite contre l’Italie

Je ne suis pas « foot ». Je ne l’ai jamais été.

Ni dans l’enfance où, en cette époque étrange où nous n’avions qu’une seule chaîne de télévision, je me vis privée maintes fois de quelque comédie musicale pour que mon père puisse regarder de petits hommes noirs et blancs courir sur une pelouse grise ; ni en ma cinquantaine glorieuse qui avoue nourrir plutôt une tendresse nostalgique pour les belles cuisses des rugbymen : je regarde donc d’ordinaire d’un air hautain les tribulations de ces pseudo Dieux du stade que je conspue pour leurs milliards éhontément gagnés, ainsi que les délires des supporters que je méprise souvent pour leur hystérie collective…

Avant-hier, cependant, j’aurais presque changé d’avis. Au fil de cette journée, mon beau Capitole perdit peu à peu ses roses empourprés pour se parer d’ors et d’azurs qui soudain amenaient des douceurs pastellières en cœur de ville… Mais n’allez pas croire que ces jaunes et bleus nous arrivaient du Lauragais, non, ils nous venaient de bien plus loin, chaloupant en drakkars depuis la Baltique jusqu’en Garonne… Les Suédois étaient arrivés !

Il y en avait partout. La grande croix occitane de la place baissait pavillon devant la croix jaune du drapeau nordique ; les rues du centre-ville bruissaient comme si tout le petit peuple toulousain avait croqué dans un Wasa ; même les mouettes tournoyaient, comme folles, s’attendant à quelque lâcher de hareng…

Peu à peu, je m’attendrissais ; certes, quelque part au fond de moi, je savais bien que ces Suédois-là n’étaient que des bourrins fous de foot, et les trouver formidables eût été aussi idiot que si une Chinoise rêvant de se marier aux Champs Élysées avait craqué pour un marché du Berry, ou si un frenchy adulant Paul Auster avait soudain aimé les poussières bouseuses d’un saloon du Wyoming. « Ma » Suède est celle des polars troubles de Camilla ou Viveca, ou encore celle des téléfilms frissonnants d’eau de rose qui passent le dimanche soir sur ZDF : ma Suède vibre d’îles aux saules, de pontons brûlants et de grands blonds à casquette blanche, ou au contraire de givre figeant Stockholm dans cet éternel hiver propice aux crimes inexpliqués…

Et puis ils étaient loin d’être tous grands et blonds, ces supporters envahissant ma ville rose ! Non, ils ressemblaient à nos propres Lensois ou Marseillais des stades, bedonnants et rubiconds, un verre de bière à la main, chantant à tue-tête… Je suis à peu près certaine d’avoir reconnu la version suédoise de « Pose ta b… sur mon épaule », époumonée par des centaines de gorges suédoises assoiffées, depuis les cafés des Arcades…

« Fiersdetrebleus » en 2016 : une soudaine gravité.

Ecrit par Martine L. Petauton le 11 juin 2016. dans La une, Société, Sports

« Fiersdetrebleus » en 2016 : une soudaine gravité.

Pétante, l’affiche officielle, avec ses airs de 98-revenez-y. Bleue, forcément. Les gars sont sérieux, font presque plus que leur âge ; on est loin – en foot, aussi – du côté fête à tous les étages du Mundial 98, même de la coupe ratée de si peu la fois d’après. Le rire n’habite plus « Les  yeux des bleus », comme disait à son heure devenue  sépia, un bien beau documentaire. Le rire, non, le sens de ce qu’on fait, à son niveau, chapeauté par un Didier Deschamps, qui a tout, et de plus en plus, du grand entraîneur. « Responsabilités, gravité » – mots incongrus dans le monde ballon – voilà ce qui m’amène…

Le foot, j’aime, mais plus affectivement, que techniquement. Dans ce « Ma vie foot », si loin derrière, qui fut, je crois, ma première chronique posée dans RDT, j’avouais quelques faiblesses côté lecture des hors-jeu. Mes progrès, de fait, demeurent plus qu’aléatoires ; la classe-foot, côté rédaction, c’est encore loin. Et, puis, j’aime surtout voir jouer l’équipe de France, plus que les – parfois, excellents – matchs des équipes des coupes et autres ligues. Par moments, je vis ça d’ailleurs avec interrogation surprenante : possible fond souverainiste coloré Chevènement ?? Inquiétude !

Toujours est-il que demeure intacte, alors que s'ouvre l’Euro 2016, l’émotion de la pelouse, des péquins en tous sens et deux couleurs, du ballon, de la cage, surtout, et de son gardien – une préférence avec les attaquants, comme il se doit pour le genre ravie des tribunes, auquel je consens à me rattacher. Ces respirations collectives – ce souffle court, qui s’élance en nous avec le ballon en partance ; ce silence (mais que sauront jamais du silence ceux qui n’aiment pas le foot !) des tire-au-but… ces satisfactions quasi personnelles quand ils gagnent, ces souffrances, autant que frustrations insupportables quand ils auraient dû gagner, cette terrible impression de tête basse, de mauvaise note quand ils perdent. Que saurons-nous de nous, quand il n’y aura plus « le match, ce soir » ?

Mine de mine, sans tapages excessifs, les « petits » Bleus de cet Euro – qui vont devenir grands – n’ont cette année, perdu qu’un match, loin en ce sinistre novembre 15 ; la canonnade infernale continuait de battre en eux, j’allais écrire « heureusement » ça les honore… Et puis ils ont gagné – pas toujours formidablement, mais gagné, ce qui vaut loi en sport. Gagné bellement comme l'autre soir face à l’Écosse. Sans forfanterie, avec l’esprit d’équipe, qu’on croyait ne plus faire partie du bagage, sérieusement, et arborant dans l’œil ce sens voulu des responsabilités ; pas plus, pas moins.

« Débordements, sombres histoires de football 1938-2016 »

Ecrit par Léon-Marc Levy le 28 mai 2016. dans La une, Société, Sports

Avec l’autorisation de la Cause Littéraire

« Débordements, sombres histoires de football 1938-2016 »

13 histoires. Au football on aurait pu penser 11 mais les auteurs de ce livre ont dû y ajouter l’arbitre et le public, qui jouent un rôle souvent capital et dans le jeu et dans les « sombres » histoires qui constituent ce recueil. Sombres est le moins qui se puisse dire de la plupart des récits rapportés ici. Certains très connus de tous (au moins par ouï-dire, comme le « Calciopoli » (1) de 2006 qui vaudra à La Juventus de Turin – et à d’autres clubs italiens – des sanctions graves et le purgatoire de la relégation). D’autres bien connues des footeux seuls, comme les magouilles autour de la coupe du monde 1978 en Argentine, où le gouvernement putschiste de Videla n’entendait pas que « sa » coupe échappe aux Albicélestes (2). Et d’autres enfin, méconnues de tous (ou presque) comme la trajectoire brillante et funeste du joueur soviétique Eduard Streltsov, ou la sinistre histoire d’Alexandre Villaplana, premier capitaine d’une équipe de France sélectionnée en coupe du monde (en Uruguay 1930), et qui finira fusillé pour collaboration avec l’ennemi :

« L’air est glacé, ce matin du 26 décembre 1944, lorsque les condamnés sont acheminés au fort de Montrouge. Le peloton d’exécution patiente. Douze fusils prêts à donner le coup de grâce. Pas un mot ou presque. Les infâmes réprouvés sont sévèrement ligotés aux poteaux. Les balles sifflent de concert. Alexandre Villaplana, 40 ans tout juste, dit Alex Villaplane, s’affaisse pour la dernière fois. L’ancien premier capitaine de l’équipe de France de la première coupe du monde n’est plus ».

Totalitarismes (URSS, Corée du Nord, Argentine des généraux, Serbie), attrait du gain (Affaire OM-Valenciennes, Calciopoli), destins héroïco-tragiques de joueurs fabuleux, Matthias Sindelar (Autriche), Eduard Streltsov (URSS), Tony Adams (Angleterre), Rachid Mekhloufi (St Etienne puis « équipe FLN »), les ombres et les lumières ne manquent pas dans ce sport qui attire sur lui toutes les paillettes des médias. Ou plutôt, et c’est ce qu’illustrent superbement les auteurs de ce livre, parce qu’il attire les lumières des médias et le regard de millions (milliards) de spectateurs. Le foot est trop juteux, en termes d’argent et de pouvoir sur les foules, pour ne pas être l’objet de l’intérêt d’une troupe de brigands politiques ou financiers.

Et les joueurs en sont les exécutants, parfois honteux, parfois magnifiques, comme ce joueur autrichien, Matthias Sindelar qui, sous les yeux d’Adolf Hitler et des dignitaires nazis, ose l’impensable : faire gagner son équipe d’Autriche, lors du match de gala destiné à fêter l’Anschluss (AnschlussSpiel, 3 avril 1938), et où le Führer a ordonné en coulisses aux joueurs de faire match nul.

« Lorsque à la 70ème minute, « Mozart » (3) en personne siffle la fin du simulacre. Il s’élance, s’appuie sur un partenaire et conclut d’un but, après un une-deux espiègle dans un silence de cimetière. L’historien autrichien Wolfgang Maderthaner résume l’aplomb de l’attaquant vedette dans cette atmosphère hostile : « Les autorités nazies n’ont rien laissé au hasard : les Autrichiens n’ont pas le droit de marquer… Brusquement, Sindelar brave l’interdit. But !… Alors il lève les bras, poings serrés, en signe de victoire ». Quelques acclamations ponctuent son geste, aussi timides qu’anonymes » (4).

«  sports d'été » : Ronds l’été, rectangles l’hiver

Ecrit par Lilou le 12 juillet 2014. dans Souvenirs, La une, Sports

«  sports d'été » : Ronds l’été, rectangles l’hiver

A moi, mes terrains de jeu sont rectangles l’hiver, et ronds l’été… Rugby, foot et corridas en d’autres termes. Pantouflard, populeux, nationaliste, barbare, blaireau, oui, on peut être toutes ces choses à la fois à conjuguer avec abnégation les défauts « visibles » d’aimer le foot, le rugby et les toros. Et tout ce qui va avec dont ceux qui n’y connaissent rien se délectent par quelques abus de langage au mieux, enfoncements de portes ouvertes au pire.
Dans quelques jours aura lieu à Nogaro, village planté là depuis 1000 ans en plein milieu de la route de Toulouse à Bayonne, la 55ème corne d’or… Une semaine pile avant que la vie s’y arrête, il est annoncé partout, et par vol spécial de palombes que tous les chemins du bonheur mènent dans la Rome gersoise, et que Ibaneza, vache brave parmi les braves, coiffera Fédérale dans le panthéon de la course landaise. Il paraît même que des alevins de truites sauvages s’entraînent à sauter très haut dans le ciel, depuis leur Adour natale, à 18 kilomètres de là, afin de pouvoir lundi 14 juillet voir ces vaches concourir pour le titre très envié de championne de France.
Ainsi est posé le décor d’un été aux terrains de jeu ronds comme les ruedos de sable jaune ou ocre qui l’hiver venu deviennent aussi beaux que le regret d’un souvenir qui ne s’éteint jamais.
Avant ce 14 juillet que tout un peuple attend, il faudra partir fêter Firmin du côté de Pampelune… 24 heures de cette vie-là, arrimée à la Navarre depuis la nuit des temps entre le 7 et le 14 juillet de chaque année, suffisent à traverser le monde pour le simple bonheur d’en être. Pampelune est une ville extraordinaire loin des logiques géographiques ou géométriques, il y a là-bas plusieurs centres, plusieurs cœurs, et de très nombreuses hypoténuses, ça dépend juste de là où l’on se trouve et surtout à quelle heure du jour ou de la nuit. C’est comme une expression concrète et sans cesse renouvelée du principe de la relativité.
Les journées de la San Firmin commencent quelques minutes avant 8h du matin. Un long couloir de 845 mètres de long joint deux des centres de la vieille ville. Et c’est par ce cordon ombilical de l’aube que les premières lueurs de la vie retrouvée sortiront. Des Barcial, des Sepulveda, des Miuras, des Balthazar Iban, des Victorinos… Des toros de 600 kilos par paquets de 6 et qui traînent avec eux des cohortes de drames et de légendes, des pages entières d’Hemingway, des courses longues tout à côté d’eux, des souvenirs immortels et des nuits sans sommeil… Ahhhh, je vous assure que savoir que l’on sera dans le couloir à 8h du matin procure une peur qui fait sauter le train de la nuit aussi sûrement qu’un rendez-vous matinal chez un croque-mort.

Le ballon rond de Reflets (4)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 12 juillet 2014. dans La une, Actualité, Sports

sports d'été

Le ballon rond de Reflets (4)

8 juillet 1982, à Séville… La demi-finale opposant la France à la RFA tourne au pugilat… L’agresseur s’appelle Schumacher, la victime, Ba(tti)ston… Le score est de 3 partout à l’issue du temps réglementaire et des prolongations. Après la séance de tirs au but, l’Allemagne de l’Ouest finit par l’emporter, 5 à 4 !

4 juillet 2014, à Rio… Le « mur allemand » a été fatal aux Bleus. Immense déception, bien sûr, mais les joueurs français ont su se créer de belles occasions. La « Mannschaft », qui n’en a fait qu’à sa tête (1-0), a une nouvelle fois misé sur son professionnalisme, sans trop forcer, toutefois… Merci à Didier Deschamps, dont le charisme a souvent crevé l’écran, et un grand bravo à l’équipe de France, qui, tout au long de la compétition, a su renaître de ses cendres et « jouer le jeu » !

Le même jour, le Brésil battait la Colombie, sur un air de samba endiablée… Avec la sortie – sur une civière – de Neymar, l’équipe a semblé orpheline.

Le lendemain, l’Argentine et les Pays-Bas se qualifiaient à leur tour pour les demi-finales, dont l’affiche – Brésil-Allemagne et Argentine-Pays-Bas – a une nouvelle fois donné lieu à un face-à-face « Nouveau Monde-Ancien Monde », alliant football et géopolitique !

Mardi soir, 8 juillet, la sélection allemande a littéralement « avalé » l’équipe brésilienne (7-1), « hors jeu » pendant 90 minutes, ou quand la « montagne Pelé » accouche de petites souris « auriverdes », quasi inoffensives… Le pays organisateur, dont le Mondial fut globalement une réussite, aura sans doute beaucoup de mal à s’en remettre… Mercredi soir, 9 juillet, l’Argentine se qualifiait sans brio face aux Pays-Bas !

Le 13 juillet prochain, la finale se déroulera à Rio, Estadio do Maracana, sous le regard bienveillant du Christ Rédempteur… Boa sorte aos finalistas !

Le foot ? Bien plus que du foot, assurément… Entre défense et attaque, ferveur et communion, c’est bel et bien le vocabulaire militaro-religieux – mélange ô combien détonant – qui l’emporte, et de loin !

Le ballon rond de Reflets (3)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 05 juillet 2014. dans La une, Actualité, Sports

Le ballon rond de Reflets (3)

Parmi les nombreux mordus de football, il en est un qui surpasse tous les autres ! Lors du match Uruguay-Italie, en effet, l’attaquant Luis Suarez s’en est pris au défenseur Giorgio Chiellini, en le mordant sauvagement à l’épaule… Quand le stade se transforme en aire d’anthropophagie ou en cour de récré, où tous les coups sont permis, il y a forcément « péril en la demeure » !

 

Après la qualification de l’Algérie face à la Russie, scènes de liesse en deçà de la Méditerranée, de violence, au-delà… Deux manières différentes d’exprimer sa joie, surtout de la part d’une jeunesse souvent déboussolée, pour laquelle le foot représente une ultime « valeur refuge » !

 

Huitièmes de finale… Le Chili, plein d’allant, s’est incliné devant le Brésil, mais avec les honneurs… Quoi de plus terrible qu’une séance de tirs au but, où chance et malchance font jeu égal ?

 

L’équipe de France, efficace, mais souvent à la peine, a finalement eu raison du Nigeria, qui s’est âprement battu jusqu’au coup de sifflet final… Au pays, les nombreux supporteurs, pour qui le foot est loin d’être une « perversion occidentale », ont certainement accusé le coup, mais leurs joueurs, tout au long de la partie, se seront battus comme des lions !

 

Face à l’Algérie, en pleine ascension, l’Allemagne a plutôt eu du mal à tirer son épingle du jeu… Quant aux Etats-Unis, dont les deux sports nationaux sont le baseball et le football américain, et qui se passionnent de plus en plus pour le « soccer », l’équivalent de notre football, il n’ont finalement pas réussi à s’imposer face à la Belgique… Mais, de l’autre côté de l’Atlantique, le ballon rond semble avoir réussi son entrée et intégré le « rêve américain » !

 

En route, donc, vers les quarts de finale, avec Brésil-Colombie, Pays-Bas-Costa Rica, Argentine-Belgique, et France-Allemagne. Symboliques retrouvailles pour la « Mannschaft » et les Bleus, qui s’affronteront au stade Maracana de Rio… Que le meilleur gagne !

Le ballon rond de Reflets (2)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 28 juin 2014. dans La une, Actualité, Sports

Le ballon rond de Reflets (2)

Mardi 17 juin : le stade de Fortaleza portait bien son nom. En effet, lors du match opposant le Brésil au Mexique, la « Forteresse » qu’il fallait vaincre à tout prix s’appelait Ochoa, le portier mexicain, porteur du maillot numéro 13 ! Celui-ci bluffa littéralement joueurs et supporteurs par son savoir-faire vertigineux… Le contraire d’un « sombre héros », qui donna bien du fil à retordre à la Seleçao !

 

Mercredi 18 juin : L’Espagne, tenante du titre, rencontrait le Chili. Match plaisant à suivre, du début à la fin, mais les deux camps qui s’affrontaient ce soir-là au stade Maracana avaient adopté des stratégies totalement différentes… Au final, deux jolis buts de l’équipe chilienne, qui avait la fougue de la jeunesse au bout des crampons, et le purgatoire pour les « conquistadores » sur le retour !

 

Vendredi 20 juin : Autre élimination surprise, celle de l’Angleterre, en seulement deux matchs… Du jamais vu ! De son côté, l’équipe de France, gloutonne, a avalé son « p’tit-suisse » en « cinq-deux » ! Tout de blanc vêtus, les Bleus mirent en avant l’attaque, privilégièrent le jeu collectif et se montrèrent convaincants de bout en bout… Assurément, du neuf, rien que du neuf, sous le soleil du Brésil !

 

Mercredi soir : changement de décor et de rythme, les joueurs français ayant quelque peu « traîné les pieds » face à l’Equateur… Match nul, donc, mais les voilà qualifiés pour les huitièmes de finale, qui, s’agissant des pays du Nouveau Monde, se présentent sous les meilleurs auspices : Brésil-Chili, Pays-Bas-Mexique, Colombie-Uruguay, Costa Rica-Grèce… Sur le plan footballistique, l’Ancien Monde – Europe, Afrique, etc. – serait-il à la dérive ? Exit l’Espagne, l’Angleterre, l’Italie, le Cameroun, la Côte d’Ivoire… Au final, il y a comme un parfum de revanche dans l’air !

Le ballon rond de Reflets

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 21 juin 2014. dans La une, Actualité, Sports

Le ballon rond de Reflets

Et voilà ! en partance pour un superbe et haletant Mundial ! Un jeu de seigneurs – pas toujours ceux qu'on prévoyait – un formidable enthousiasme à heures fixes que seul, ce foot planétaire peut allumer ; du liant entre les gens... une pause d'humanité.

Notre ami Claude Gisselbrecht,  son regard compétent, son écriture juste et fine, a accepté de nous «  causer football » jusqu'à la Finale. Merci à lui, et : «  Allez ! Allez ! Allez ! », que le foot gagne !

La rédaction de reflets du Temps  

 

A ce stade de la compétition, quelques surprises… Vendredi 13, l’Espagne superstitieuse a vu rouge contre les « guerriers orange », sur le score de 5 à 1… Samedi 14, les Italiens, loin de botter en touche, ont battu les Anglais, 2 à 1… Dimanche 15, la France, bien inspirée, a écrasé le Honduras, 3 à 0… Lundi 16, l’Allemagne, plus conquérante que jamais, n’a fait qu’une bouchée du Portugal, sur le score sans appel de 4 à 0.

 

Au royaume de Pelé, de Ronaldo, de Rivelino et de Romario, pour n’en citer que quelques-uns, il y eut certes des réticences et des protestations de toutes sortes, mais, au moment où les joueurs brésiliens foulèrent la pelouse d’un des nombreux stades construits pour l’occasion, elles disparurent en partie, cédant la place à la liesse. Car, au Brésil, on le sait, le foot, même si on l’assimile parfois à un « cache-misère », est capable de faire des miracles !

 

Le 20 juin, l’équipe de France rencontrera la Suisse, et, le 25, l’Equateur… « Belo Horizonte » pour les Bleus ?

[12 3  >>