Vous allez rencontrer un beau et sombre film...

Ecrit par Isabelle Champion le 18 octobre 2010. dans La une, Cinéma

Vous allez rencontrer un beau et sombre film...

Le Woody Allen 2010 déroute ; les critiques sont déçus et le public fait la fine bouche. Comme si le maître ne pouvait être infidèle à lui-même au sein d’un genre rôdé dont les codes seraient immuables. Car la comédie, à l’allure jazzy primesautière des grands jours, n’est ici qu’apparente, et le drame intime de chacun est ouvertement dévoilé, décrit et installé. La dureté des sentiments, les émotions contrariées, la lâcheté, l’amertume et les désillusions transpirent de chaque plan, de chaque visage, de chaque réplique. Moins brillant que Match Point ou Crimes et Délits et moins tragique que Le Rêve de Cassandre, ce dernier film reste une redoutable mécanique qui, subrepticement, nous laisse imprégnés du goût et de l’odeur du réel. Le fil ténu, invisible de la vie qui va, s’est déroulé et a fait son œuvre. Silencieusement, sans jugement et en toute impunité.

You will meet a tall dark stranger (Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu)

Woody Allen

Naomi Watts, Antonio Banderas, Josh Brolin... (2010)

A propos de l'auteur

Isabelle Champion

Rédactrice

Commentaires (3)

  • Jean Le Mosellan

    Jean Le Mosellan

    21 octobre 2010 à 23:38 |
    J’ai toujours tendance à croire que le dernier Woody Allen est le meilleur. A tort peut-être mais pas cette fois-ci. C’est un conte malgré les apparences,sur le choix difficile sinon impossible entre un bonheur situé dans un futur hypothétique paré de tous les attraits,et le bonheur d’un présent dévalué par les aléas et les échecs de la vie .On dira que c’est une fuite en avant à propos du bonheur.

    Répondre

  • Matthieu Delorme

    Matthieu Delorme

    20 octobre 2010 à 12:34 |
    J'aime bien votre mise au point ! Dès que Woody sort un peu de ses arcanes habituels, la critique est perdue et dit n'importe quoi. Oui, c'est encore Woody qu'on retrouve dans ce film, avec sa touche légère et fine et son monde entre ombre et lumière.

    Répondre

  • Ariana

    Ariana

    20 octobre 2010 à 10:29 |
    Il ne faut jamais écouter les critiques artistiques : la preuve! :-)
    Ce film est réellement sensible, joli et regorge de petites finesses du choix évidemment sans faute de l'accompagnement musical, à celui des acteurs, de la lumière et surtout à la subtilité de l'enchevêtrement de répliques et situations qui ne se posent pas "donneuses de réponses".
    Personnellement, j'y retrouve au final, une touche de l'humeur de La Vie est Belle de Capra...
    J'adore cette idée que rien n'est donné mais que tout se joue et qu'après la façon dont nous est donné de jouer la partie se lie étroitement au rapport à la fantasmatique nécessaire pour se vivre..
    La vie est sans doute un songe en effet et le Monde entier un théâtre dont nous sommes les acteurs.
    Woody Allen a réalisé là un joli plaidoyer pour la vie.

    Répondre

Poster un commentaire

Vous êtes identifié en tant qu'invité.