Education

Un enseignement alternatif : les écoles Steiner Waldorf

Ecrit par Jean-François Vincent le 27 octobre 2012. dans La une, Education, Culture, Société

Un enseignement alternatif : les écoles Steiner Waldorf

Mon fils est scolarisé dans une école Steiner. Ce fut le choix de ma femme, et je ne m’y suis pas opposé, malgré certaines réticences initiales.

Rudolf Steiner était, en effet, un mystique, membre de la société théosophique – fondée par Blavatsky, la célèbre ésotériste – qu’il quitta pour créer son propre mouvement, plus « chrétien » que celui de Blavatsky : l’anthroposophie. Steiner prétendait avoir accès à des mondes supérieurs, accessibles, disait-il, à tous par la méditation. C’est ainsi qu’il découvrit la lutte entre des êtres de lumières (les anges) avec les forces des ténèbres – les « lucifériens » et les « ahrimaniens » – joyeux mélange de judéo-christianisme et de mazdéisme (Ahriman, en effet, dans la religion mazdéenne, est l’éternel opposant au dieu lumineux, Ahura Mazda). Bref, un syncrétisme qui donna naissance à une « Eglise », nommée la Communauté des Chrétiens.

C’est ce bric à brac spirituel qui fit, un temps, classer l’anthroposophie parmi les sectes. En fait, les doctrines ésotériques de Steiner ne sont pas enseignées aux enfants ; même les enseignants ne les connaissent pas toutes. Aucun endoctrinement ni aucun embrigadement ne retiennent parents ou élèves captifs : chacun est libre de venir et de s’en aller.

"Sciences de l'Educ", on continue ?

Ecrit par Martine L. Petauton le 13 octobre 2012. dans France, La une, Education, Politique, Actualité, Culture

Ainsi, les classes sont en ordre de marche ; on doit commencer à bien connaître les petits, leurs travers, leurs fragilités. Les premiers devoirs sur table sont tombés, et – entre 1 et 2 – les conseils de mi trimestre pointent le bout du nez. « Machin, en français, ça donne quoi ? »… D’habitude, c’est le plein moment, où – télé, journaux – déboule le fameux et toujours jeune débat ; celui qui agace les dents, fait rire ou pleurer, c’est selon : Que nous mitonnent cette année, les Sciences de l’Education ? Serpent de mer de toutes discussions – vives – autour des cafetières des salles des profs. Et, généralement – est-ce aussi le froid automnal ? sont dressés, dans le même temps, les premiers bûchers, avec, en guise de Jeanne D’Arc, le plus souvent, un certain Philippe Meirieu ; le tenant du rôle !

Il faut dire que la personnalité ombrageuse du monsieur, ses postures d’électron libre, une tendance – dont la réserve peut passer pour hautaine – à se replier dans le pré carré de l’expert, ne sont pas de nature à construire l’animal complaisamment médiatique, si recherché de nos jours. Chercheur-enseignant (et, oui, il fréquenta les élèves de près, allant jusqu’à se risquer à tâter du public d’un lycée professionnel ! Chapeau, définitivement, P Meirieu ! Tant de donneurs de leçons ne peuvent en dire autant).

Agressions sur les profs

Ecrit par Thierry Ledru le 13 octobre 2012. dans France, La une, Education, Politique, Actualité, Culture

02 octobre 2012

Agressions sur les profs

On ne les compte plus depuis le début de l’année, mais qu’en est-il envers les élèves ?…

Hier, un ancien élève vient me voir en classe. Il est dégoûté, désespéré, déprimé, au fond du trou. Un petit gars, dans une situation familiale très difficile, aucun soutien, non pas parce que les parents ne le souhaitent pas mais parce qu’ils ne peuvent pas, en survie constante, une maladie lourde pour le père, une maman qui gère comme elle peut. Et bien, ce petit gars a reçu cette appréciation sur un devoir d’Anglais : « Qu’est-ce que tu fais au collège, tu viens te chauffer près du radiateur ? »

Au CM2, il a bossé comme un mort de faim, il a progressé toute l’année, il était fier de lui, il avait retrouvé une estime, une envie d’apprendre, ses faiblesses n’étaient plus une condamnation mais une opportunité de se battre, de devenir meilleur. Et là, en un mois de classe, l’image qu’il a de lui, c’est celle d’un « nul ».

Tous les jours, en France, des enfants sont « poignardés » par des professeurs qui n’ont aucune conscience du mal qu’ils font, qui sont incapables de comprendre, de ressentir, de partager, d’avoir la moindre compassion, d’éprouver le moindre amour.

Et les médias vont hurler quand ils seront poignardés.

Qui se pose la question de ce que vivent les enfants ?

Recension : Atelier d'écriture ? Le tour de la question en 90 points, de Françoise Neveu

Ecrit par Cikuru Batumike le 22 septembre 2012. dans La une, Education, Culture

Lire pour comprendre

Recension : Atelier d'écriture ? Le tour de la question en 90 points, de Françoise Neveu

Depuis 1996, l’ébéniste, poète et ethnologue française, Françoise Neveu enseigne son savoir-faire en matière d’écriture. Elle mène, pour des groupes restreints, des workshops d’écriture créative à Paris. L’essai Atelier d’écriture ? Le tour de la question en 90 points, publié aux éditions l’Harmattan, Paris, est le fruit de son expérience de travail et de ses recherches.

L’expression atelier d’écriture fait généralementait penser à des techniques qui permettent aux amoureux des lettres de mieux s’entraîner à l’écriture pour en maîtriser les rouages, et finalement produire un texte. D’aucuns, auteurs de romans, récits, nouvelles, théâtres, contes et autres poésies, ont recouru et recourent à un atelier d’écriture pour acquérir des éléments théoriques propres à renforcer la naissance d’une œuvre.

Fais pas ci ! Fais pas ça !

Ecrit par Martine L. Petauton le 07 septembre 2012. dans La une, Education, Actualité, Culture, Société

Fais pas ci ! Fais pas ça !

 

Fin d’été oscillant entre duveteux du ciel du soir et piquant de l’air du matin ; vacuité si particulière à ces journées précédant la rentrée… Bruits, tout soudain !! on va – figurez-vous – (mon voisin, bien à droite, n’en finit pas de rouler de rire avec les reines-claudes, sous son prunier surchargé) « réintroduire la morale à l’école »… et feu Luc Chatel, l’oint de L’Oréal, de se voiler la face : Peillon, ce serait pas un peu Pétain, des fois ? Quant aux dames de la PEEP (association de parents d’élèves, cuisinant plutôt à droite), coiffées comme des patronnesses du 16ème, de mugir, quant à elles : la morale ! C’est du ressort de la famille ! pas d’endoctrinement socialiste à la soviétique pour nos têtes-blondes tellement plus influençables par leurs enseignants, comme chacun sait, que par les ragots galopant de page Orange en page Facebook…

La désillusion

Ecrit par Thierry Ledru le 02 juin 2012. dans La une, Education, Société

La désillusion

 

Avec le temps, les années à travailler avec les enfants, j’ai fini par comprendre que je n’avais aucun espoir à avoir au regard de l’énergie que je dépense avec eux. C’est totalement inutile. Ça ne m’appartient pas. Il y a beaucoup trop de paramètres qui entrent en compte et qui m’échappent totalement, et même si je maîtrisais 99 % de la situation, il y aurait une pression ingérable qui s’installerait si je désirais obtenir des résultats conséquents. Ce qui importe et qui m’appartient totalement, c’est que je m’applique à faire ce qui me semble juste. L’intention ne doit pas faire partie de ce travail au risque de tomber dans la désillusion. Mais ce n’est pas la réalité qui crée cette désillusion. C’est moi parce que la réalité ne correspondra pas à ce que j’espérais atteindre. Dès lors, je vais renforcer ma pression sur les élèves étant donné que cette désillusion me renvoie une image négative de moi-même. Le piège est redoutable. Cette pression, je vais la transmettre et les enfants la recevront et la transformeront inconsciemment en peur. Leurs résultats en seront impactés parce qu’ils seront figés par mes attentes.

Dans ce métier, il ne faut avoir aucune attente, aucun espoir, aucune intention. Il faut juste se contenter de faire ce qui semble juste, utile, efficace, judicieux.

L'échec scolaire ou l'école en question

Ecrit par Jean Gabard le 26 mai 2012. dans La une, Education, Actualité

L'échec scolaire ou l'école en question

 

En réponse au texte de Thierry Ledru sur l’Ecole

 

Alors que la question de l’échec scolaire occupe le devant de la scène et que de multiples solutions sont proposées ou ont déjà été adoptées sans beaucoup de résultats, ne serait-il pas nécessaire de se demander si les « nouvelles » méthodes pédagogiques sont vraiment adaptées à la situation et si le véritable problème ne se trouve pas ailleurs ?

Les propositions actuelles sur l’école découlent d’une vision du monde progressiste qui peut être appelée « féministe » dans la mesure où elle s’oppose radicalement à l’idéologie de la société patriarcale traditionnelle, autoritaire et machiste. Celle-ci s’est développée avec l’Humanisme et les Lumières. Elle a été à l’origine des mouvements d’abord libéraux, puis démocratiques, puis féministes. Aujourd’hui, alors que ses défenseurs se battent à juste titre contre des mouvements réactionnaires, elle dérive cependant, au point de devenir parfois, chez certains hommes et certaines femmes, une idéologie qui n’accepte aucune remise en cause.

L'anti-didactique à l'oeuvre ?

Ecrit par Pierre Windecker le 19 mai 2012. dans La une, Education, Actualité, Société

L'anti-didactique à l'oeuvre ?

Que ceci soit dit d’abord : j’adore le Jardin des Plantes du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris. L’enfance – la mienne, celle des mes enfants et celle de mes petits-enfants – m’y ramène sans cesse, guidant les jambes et réveillant les émotions. J’aime cette longue esplanade qui s’ouvre comme les fleurs dont elle est constellée, ces allées d’arbres rêveuses et à demi cachées, ces serres où la végétation explose, ces bâtiments recelant un passé parfois en coma dépassé, si bien ramené à la vie par l’imagination de Tardi. J’ai aimé toutes les affiches créées par le Muséum. Je n’aborde jamais une exposition abritée dans ses locaux – qu’il s’agisse de la vie dans les abysses ou des fresques de la route de la soie - sans éprouver d’avance la douceur d’une jouissance assurée. L’humeur étant celle-là, les préjugés sont, forcément, toujours favorables.

C’est au point qu’il m’a fallu visiter avec mes petits-enfants deux expositions destinées principalement aux enfants pour comprendre. Après l’exposition A l’Ombre des dinosaures, peut-être avais-je éprouvé une petite déception, mais sans chercher à m’interroger davantage sur ses motifs. Mais en sortant d’Au Fil des araignées, c’est tombé comme une évidence, simple, carrée, indiscutable, excessive aussi sans doute, mais seulement dans sa formulation littérale : si on faisait comme ça à l’école, il n’y a pas photo, les enfants n’apprendraient rien. Ce serait presque comme si l’on fermait boutique.

L'école

Ecrit par Thierry Ledru le 19 mai 2012. dans La une, Education, Société

L'école

Je récupère mon garçon, lycéen et j’écoute sa semaine pendant la route.

Et je m’entends parler à mes parents, il y a trente ans.

Comment est-ce possible ? Comment expliquer que ces rapports conflictuels, que cette incommunicabilité, que cette distance effroyable entre de jeunes individus et des personnes matures puissent encore exister ? Comment justifier que les programmes soient toujours entachés de connaissances inutiles, totalement abstraites pour des esprits qui sont à des années lumières de ce qui leur est imposé, comme si en trente ans les adolescents n’avaient pas changé, que ce monde technologique n’existait pas, que cette effervescence de communication n’était pas entrée dans les têtes des technocrates qui maintiennent sclérosés un monde scolaire terriblement isolé.

Des notes, des contrôles, des sanctions, des rapports de force, des humiliations, des menaces, des insultes parfois… Des examens, des concours, une course au métier, une compétition acharnée, exacerbée par ces professeurs qui usent de leur bulletin scolaire comme d’une guillotine. « Marche ou crève ». « Il faut maintenir les statistiques pour le BAC et puis je vais bientôt être inspecté ».

Quelles sont leurs motivations, quelles sont leurs raisons d’être là ?

Pas de pot les larrons

Ecrit par Christelle Angano le 12 mai 2012. dans Ecrits, La une, Education

Pas de pot les larrons

 

Oyez oyez braves gens la malencontreuse histoire de Jacquemin, le paysan qui s’était fait rapiner tous ses biens ! Ce dernier décida donc de s’adresser aux paysans sur la Grand-Place du marché. C’est parmi les aboiements, les caquètements, les cancanements et les meuglements qu’il prit la parole : – Oyez amis paysans écoutez-moi. J’ai une inquiétante nouvelle à vous annoncer. Cette nuitée des larrons ont rapiné tous mes biens. C’est pour cette raison que je ne tournerai pas autour du pot. Prenez garde amis paysans ! Quant à moi, je vais devoir faire face à cette saison calamiteuse. C’est alors qu’intervint Livia, une jeune femme brune au teint de porcelaine et fille de son voisin comme lui paysan. – Ce n’est vraiment pas de chance ce pillage, j’en suis attristée pour vous… Mais dîtes-moi mon cher Jacquemin, autour de quel pot vouliez-vous tourner ? Je croyais que les larrons vous avaient tout rapiné ! Cependant je propose que nous leurs tendions un attrapoire. – Vous êtes bien sotte espèce de bécasse ! Mais, je suis d’accord. ils vont sûrement revenir. Soudain Josette, une vieille femme aux cheveux enneigés et au regard de turquoise se leva. Elle avait une idée : prendre des pots comme celui de Jacquemin et les emplir de bouse de vache et de lisier. Tous les paysans en installeraient chacun un en équilibre au-dessus de leurs portes laissées entrouvertes. Ainsi quand les larrons les ouvriraient, toute la merdaille leur tomberait dessus !

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