Célébration de l’Indépendance d’Haïti

Ecrit par Luc Sénécal le 07 décembre 2013. dans La une, Histoire

Célébration de l’Indépendance d’Haïti

Un texte remarquable écrit par Dr. Rosalvo Bobo (1903), mérite un commentaire pour remettre à jour les liens et les relations que nous, ici en France, nous pouvons avoir avec ce pays. Notamment par le regard que nous pouvons jeter en arrière, aujourd’hui et celui plein d’espoir que nous avons pour demain.

Vu de France, outre la beauté du texte, le style, le fond et la forme, pourrait-on célébrer enfin aussi, que les critères et les valeurs d’une époque révolue désormais, d’autres critères et valeurs permettent sans prétention aucune, de reconnaître, d’apprécier la réalité concrète d’un pays, d’une nation, d’une population.

Nous savons tous que l’esclavage a été une ignominie. A l’époque c’était dans les usages. La honte que l’on pourrait ressentir face à de telles pratiques, est bue désormais. Tout d’abord parce que partout dans ce pays qu’est la France, la conscience de ce qu’elles ont été est très réelle. Ensuite parce qu’il reste de cette époque de troubles une très encourageante résultante. A savoir l’amitié profonde qui unit nos deux peuples, nos deux nations.

C’est donc le côté positif le plus noble qui en est le résultat. Ne serait-ce que par la révolte, la résistance victorieuse de l’une de nos colonies qui a été à l’origine de la prise de conscience de ce qu’est la dignité de l’homme. On s’instruit de ses erreurs et de ses fautes. Ont suivi les changements radicaux avec la fin de l’esclavage menés courageusement par Victor Schœlcher, malgré une opposition féroce. Ont suivi encore des troubles, des injustices, des souffrances par la reprise en main des colons, ne serait-ce qu’en Martinique ou en Guadeloupe. Ne serait-ce que par mon propre ancêtre qui, après avoir supporté les bagnes de Cayenne à la suite de cette reprise en main, a choisi librement de s’installer en Haïti. Ne serait-ce que par la part prépondérante de la France pour apposer sa signature au bas d’un document essentiel, celui des droits de l’homme.

Haïti ne peut être autrement considérée que comme une nation, un pays, un peuple à part entière. Mais ce qui nous fait réagir ici, en métropole, à propos du Haïti d’aujourd’hui, c’est de constater à quel point le marasme politique entraîne de souffrances dans la population et surtout vis à vis de l’enfance.

Nous savons que le destin de ce pays lui appartient. Il appartient à toutes celles, tous ceux qui ont conscience de l’esprit que la Nation devrait lui inspirer. Il n’appartient pas à celles et ceux qui veulent en tirer parti pour leur propre intérêt, pour leur propre ambition, pour leur propre réputation médiatique. Surtout quand en suggestion subliminale, des intérêts étrangers semblent en manipuler l’égo ou la prétention. La charge de travail et de responsabilités de celles et ceux qui dans un avenir proche en auront réellement conscience et sauront réunir autour d’eux les compétences et la volonté nécessaires, indispensables pour reconstruire complètement le pays, est admirable. Et redoutable !

Sachez que nous les y encourageons comme je le sais par les personnes que je rencontre ici ou là et qui se montrent sensibles et sincèrement à l’écoute de votre pays. Dire que vous le méritez est un doux euphémisme. Mais dire que vous en avez la volonté, cela sera prouvé dans les prochaines années. Courage.

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Luc Sénécal

Rédacteur

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