Jour de l’Europe

Ecrit par Bernard Pechon-Pignero le 13 mai 2017. dans La une, Histoire

Jour de l’Europe

Les tambours du défilé du 8 mai me rappellent que l’on commémore cette date soixante-douze ans après l’évènement. Mes chiennes aboient dans la cour, elles ont horreur des tambours comme des pétards du 14 juillet d’ailleurs. Pendant combien de décennies fêtera-t-on encore la victoire des alliés sur le nazisme ? Remarquez, je ne suis pas contre. Il y a des choses qu’on ne doit pas oublier mais je me demande s’il n’y aurait pas un autre moyen que ce jour de congé que contournent les grandes surfaces, ces cortèges d’élus et d’anciens combattants de plus en plus clairsemés, ces tambours, ces clairons et ces gerbes qui fanent lentement. Je n’ai pas d’idée à proposer mais il y a des experts en communication qui devraient pouvoir plancher sur la question.

Pour ce qui est d’un jour férié, je suis toujours pour, mais on pourrait l’affecter à une cause plus positive, plus conviviale, plus tournée vers l’avenir. Je ne sais pas, moi, par exemple la commémoration d’une date fondatrice de l’Europe, si on peut se mettre d’accord avec tous les autres. Les instances européennes doivent bien avoir une idée là-dessus. Un jour férié dans toute l’Europe, ça permettrait de faire la fête, de faire de la musique, de faire des barbecues géants entre villes jumelées (choisir de préférence l’été), de rivaliser d’imagination entre pays membres… Chaque année, un des vingt-sept devrait organiser quelque chose chez lui, genre une grande foire exposition de produits européens, de réalisations communautaires, ou bien des jeux sportifs (sans esprit de compétition si possible), des concerts retransmis par la télé dans toute l’Europe, du rock et du classique, enfin pour tous les goûts, des rassemblements de la jeunesse…

Le devoir de mémoire, je veux bien. L’ennui c’est que ça parle de la guerre, donc ce n’est pas très festif. On se sent un peu coupable d’être en congé parce que des millions de gens sont morts. Mais le devoir d’espoir, ça devrait compter aussi, non ?

Il va falloir que j’en parle au nouveau président si je le rencontre au Touquet (notez, moi je vais plutôt à Fort-Mahon ou à Quend, c’est plus populaire, mais je peux pousser jusqu’au Touquet, c’est tout près). Ça devrait pouvoir le brancher un truc comme ça, ce jeune ! Pas vous ?

A propos de l'auteur

Bernard Pechon-Pignero

Bernard Pechon-Pignero

Après une carrière professionnelle de cadre dans le négoce sidérurgique puis l’industrie chimique, ancien magistrat consulaire, je consacre ma retraite à mes trois enfants adoptés au Mali et à divers bénévolats associatifs autour du livre, de la lecture et de l’édition.

Sous le nom de Bernard Pignero, j’ai publié un roman chez Gallimard « Les mêmes étoiles» (1998), des nouvelles chez HB, un roman aux éditions des Vanneaux « Mélomane » (2011) un récit aux éditions de la Vague Verte « Mémoires d’Airaines » (2011) un roman aux éditions Encretoiles « Traduit du français » (2015) des recueils poétiques et des articles critiques sur la peinture.

REFLETS DU TEMPS  publie mes articles, chroniques et nouvelles depuis 2010

Je vis en Picardie depuis 2008 après quarante ans dans le Gard. 

Commentaires (1)

  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    13 mai 2017 à 14:04 |
    La commémoration des armistices (celui de 1918 comme celui de 1945) perd sa raison d’être à mesure que disparaissent les anciens combattants : c’est chose faite pour la première guerre mondiale et en bonne voie pour la seconde (les plus jeunes sont désormais octogénaires). Pourquoi ne pas concentrer les célébrations en un seul jour, un Memorial Day, à l’anglo-saxonne ? Problème, ça ferait un jour chômé en moins !...

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