« lire en été » : Douce promenade au pays de la grande Colette

Ecrit par Stéphanie Michineau le 12 juillet 2014. dans La une, Littérature

« lire en été » : Douce promenade au pays de la grande Colette

S’il y en a une qui a su parler de l’été, c’est bien elle !!

« Il n’y a de réel que la danse,
la lumière, la liberté, la musique…
Il n’y a de réel que rythmer sa pensée,
La traduire en beaux gestes »

COlette&Epigraphe COsi, « Pensées en désuétude » (Edilivre, maison d’éditions pour tous&Paris)
C’est bon, c’est tout. C’est tout bon mais pas du tout cuit.

Une piqûre de rappel qui opérera dans les cœurs comme tartines de miel butinées, çà et là, par les lectrices, les lecteurs de Reflets du Temps.
Pendant l’été, ON a bien le temps !
Juste… avant, quelques mots de présentation de mon cru sur ses maux tus :
A SAVOIR que cet extrait est tiré de La Pléiade et que les relents Proustiens de la mémoire involontaire du « temps re.couvré » par le souvenir et les saveurs, ne lui font pas défaut.
La grande COlette a rendu l’âme à Paris tandis qu’elle est percluse par l’arthrite et résorbe sa douleur afin de ne pas « ennuyer » les autres et être un fardeau à leurs yeux.
Le cadre du Palais-Royal sera sa dernière demeure.
Elle se souvient des temps trépassés et heureux avec sa mère…

« En remontant plus loin – beaucoup plus loin – je me souviens que ma mère préparait l’été et tenait en réserve, pour le cas où ses enfants auraient eu ces engelures ouvertes qu’on appelle chez nous “crevasses”, une bouteille de vinaigre de roses, pétales de roses rouges infusés un mois dans du vinaigre fort, le tout clarifié au papier-filtre. L’odeur mordante et fine d’un tel remède, je ne l’ai pas encore oubliée, quoique je n’aie jamais souffert d’engelures. Mais je savais mentir, tendre un index, offrir un orteil nu, mendier la compresse embaumée, et la sucer en cachette, pour son double goût de vinaigre et de rose…

Il fait froid. Un souvenir heureux est contre le froid une protection fragile. Quelque chose s’est ému dans les airs, cependant, au cours de la nuit dernière. L’aiguille bleue du baromètre a glissé de deux degrés vers la gauche, sollicitée par le mot prometteur : variable. Demain matin, nous soulèverons encore le rideau, nous regarderons encore la course du nuage et l’inclinaison des rares fumées qui empanachent les toits, et nous parlerons, entre nous, sur un ton d’espoir et d’anxiété, nous parlerons encore de la température :
Cela va changer. Demain, avec la lune, ou après la lune. Cela changera parce que fatalement, miséricordieusement, cela doit changer… ».

Morceau extrait de… « Paris de ma fenêtre » (La Pléiade, Ed. Gallimard 2011, section III, page 600)

A propos de l'auteur

Stéphanie Michineau

Stéphanie Michineau

Docteure en littérature française, spécialisée dans les œuvres auto/fiction, elle est spécialiste à deux têtes : C0LETTE & Serge Doubrovsky 

 

(France ~ Amérique ). Jouissant d'être membre scientifique de nombreux colloques en France & internationaux et afin de les promouvoir (avec autres),

 

elle est actuellement auteure C. G. : Classiques Garnier, rue de la Sorbonne, à PARIS.

Commentaires (2)

  • Fany

    Fany

    30 juillet 2014 à 10:22 |
    La première ligne ainsi que la photographie émanent de la rédaction :-). Merci à vous de ce complément de deux lignes qui laisse augurer sur Colette des chemins de traverse vers la complétude

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  • Danielle Alloix

    Danielle Alloix

    23 juillet 2014 à 12:18 |
    Mais d'où vient que l'été en littérature, est forcément associé à Colette ? son ciel, ses bourdonnements d'insectes, ses chats qui dorment à l'ombre ? et, dans la foulée, on lui octroie comme fond d'écran de nos mémoires, et de notre imaginaire estival, Renoir et ses toiles : à peu près la même chose !

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