Le Tout bon des Reflets: Les aubergines grillées de l’ami de la canicule

Ecrit par Martine L. Petauton le 05 septembre 2015. dans La une, Gastronomie

Le Tout bon des Reflets: Les aubergines grillées de l’ami de la canicule

Canicule… mais quand même, un souffle – à peine – de vent, venu d’on ne sait où, longeant le Pic Saint Loup veillant sur ses vignes, inondant d’une lumière mi-Provence, mi-Languedoc (on ne saurait confondre) Saint Hyppolyte du Fort, où – Pagnolesque – le Pastis causait en bordure du marché…

L’ami habite un village qu’on aimerait tous, une maison qu’on voudrait tous. Du haut d’une terrasse, les toits aux tuiles romaines – peut-être même carrément antiques, et les ruelles médiévales ou pas loin, accrochées – comme on lit dans les textes sages – à la petite église aux santons, ou bien à celui de Cucugnan ; pardi… Vous avez dit, vacances ?

L’ami cuisine ; une de ses nombreuses qualités.

Ce midi, à l’ombre fraîche de vieilles poutres, et de murs chaulés, des aubergines grillées nous servirent d’entrée. Difficile d’imaginer autre chose, en ce lieu, dans ce village-là. Comme une évidence gustative.

Il vous faudra : des aubergines dont le violet un peu agressif, ricoche sur les étals de votre marché ; laissez, pour une fois, les indéfectibles copines courgettes de côté. Comptez – ce n’est que l’entrée – une belle bête pour deux gourmands. L’huile d’olive, le sel gros et assaisonné à la farigoulette (thym, laurier), ou bien, les herbes de la garrigue, ramassées, puis séchées – elles sont de ce pays.

Du temps – c’est long ! Et un poêlon vaste comme le nombre de vos convives. Très facile, à part ça.

Chaque tranche fine d’aubergine (peau comprise) est priée de frire – doucement – dans l’huile. La chose est cuite quand une certaine transparence le signale. Tout ça devra, égoutté, refroidir.

Pour napper les belles, on proposera aux convives, un coulis – froid – de tomates du pays, aux herbes, relevé, si l’on veut, d’un petit oignon violet de l’Aveyron. Essayée, dès mon retour chez moi, la recette s’est avérée fort bonne, également chaude, en accompagnement d’une épaule d’agneau odorante.

L’ami avait choisi un Rosé – son village s’en honore, comme à peine cueilli des vignes qui entourent sa maison, taiseuses à n’y pas croire, sous cette forte chaleur.

Les heures de l’après-midi s’égrenèrent – si particulières dans ces climats ; quelques enfants montaient et descendaient l’escalier de pierre. Sans doute ce qu’on appelle des moments de partage et de bonheur…

Bon appétit, messieurs, et mesdames aussi.

A propos de l'auteur

Martine L. Petauton

Martine L. Petauton

Rédactrice en chef

 

Professeur d'Histoire-Géographie

Auteure de publications régionales (Corrèze/Limousin)

 

Commentaires (1)

  • Bernard Péchon-Pignero

    Bernard Péchon-Pignero

    06 septembre 2015 à 16:21 |
    Je ne sais pas si votre ami les fait dégorger une heure ou deux dans le gros sel, une fois coupées en tanches, Moi, c'est ma recette. Et ne pas oublier l'ail dans le coulis de tomate bien froid. Bon appétit, Martine et bons souvenirs de la canicule. ici, en Picardie, on commence à alumer les poêles. Le temps passe...

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